Une année écoulée depuis ma récidive

Une année écoulée depuis ma récidive.
Nouvelle d’un cancer dans mon autre sein en juin, presque 9 ans après mon premier, tumorectomie puis chimios tout l’été, nouvelle de ma mutation BRCA1 à l’automne, mastectomie avec reconstruction (ratée), annexectomie en début d’année (avec 2 arrêts cardiaques), seconde intervention de reconstruction en mars, accident de vélo en mai, et un mois d’arrêt supplémentaire…
Et là, reprise du travail à mi-temps thérapeutique pour 3 mois.éphéméride

Je viens de relire le billet sur ma mastectomie avec reconstruction immédiate, et son ratage (lire ici). Cette première intervention me laisse encore un goût amer, et c’est sans doute pourquoi je m’exprime peu sur le sujet. Et je ne la regarde pas quand je suis face à un miroir.

Malgré une deuxième intervention fin mars pour essayer de rattraper.
En fait, je suis à chaque nouvelle intervention (une 3e prévue cette été), très divisée. Je me refuse à trop espérer un beau résultat pour ne pas trop morfler si ce n’est pas terrible, et en même temps, forcément, je garde espoir. Mon coeur balance en permanence, traumatisé par cette MRI d’octobre.

Techniquement, en mars, mon chirurgien a réussi à baisser ce sein beaucoup trop haut. C’était un énorme challenge, car il y avait environ 5 cm de différence. Pas tout-à-fait au même niveau, mais je m’en contenterai. Il était à un moment question de baisser mon DIEP si ça ne suffisait pas (possibilité émise mais carrément redoutable pour moi).

Comment l’a-t-il ‘descendu’ ? En réouvrant, et en re-fabricant un sillon sous-mammaire à peu près au bon endroit, et en le remplissant de chair. En effet, il a découpé mes 2 poignées d’amour (derme et graisse), – en allongeant du coup, la cicatrice du DIEP -, et à bourré ces 2 parties prélevées dans mon sein, comme de la ouate dans un coussin ! Cette greffe ne marche pas à tous les coups… Ouf, ça a pris. En 2013, j’avais aussi eu ce type de technique, pour la phase 2 du DIEP. Mon chirurgien avait réouvert en rempli mon DIEP avec de la peau du ventre retiré pour peaufiner la cicatrice d’abdominoplastie. Sauf que ça n’avait pas pris, infection, ré-intervention un mois plus tard pour nettoyer, bref, j’étais assez fébrile sur ce coup-là…
Et d’ailleurs, je ne comprend toujours pas comment ça peut ‘prendre’, comment les tissus peuvent de nouveau s’irriguer, s’oxygéner et redevenir miens, comme ça…

Un lipomodelage (que j’ai aussi eu ce jour-là) n’aurait pas suffit à recréer le sillon mammaire disparu. Il fallait de la matière plus consistante !

Il a ensuite enlevé le bourrelet sous mon bras (quoique cela me gène un peu encore, surtout après un effort du bras), rajouté du coup, des cicatrices. J’ai maintenant la cicatrice du dos qui rejoint quasiment celle du sein. Alors que normalement, au niveau de l’aisselle, il y a un « tunnel » et la peau reste indemne.
Quant à la forme « ballon de rugby » de la future aréole, la partie ‘patch’, la peau de mon dos qui remplace mon aréole enlevée, elle a été réouverte afin de remplir le sein par les poignées d’amour, comme je l’ai dit.. Sa forme reste identique, quoique plus encore enfoncée dans le sein, en creux. Donc encore pire qu’avant.
J’ai toujours un sein trop plat, plissé par endroits, les soutiens-gorges tournent et ne se retrouvent pas bien positionnés, avec un côté à moitié vide. Mais maintenant, je peux mettre des soutiens-gorges, c’est déjà ça.

Cette deuxième intervention est tout-de-même un progrès énorme, je reconnais. Il n’empêche, cette reconstruction reste un fiasco pour moi.

Avoir décidé d’aller sur Lyon avec ce que ça comporte comme complications organisationnelles, pour être sûre d’avoir le meilleur résultat, pfff…
Quant à cette technique du petit dorsal (précisions ici), je ne pas encore dire qu’elle ne laisse aucune séquelle fonctionnelle. Il faut du temps pour juger.

Depuis octobre, mon obsession, c’est en finir le plus vite possible. Enquiller les interventions avec le moins de temps entre chaque, EN FINIR.

Ras-le-bol.

Il y a un mois, j’ai fait une très méchante chute à vélo, j’ai fini aux urgences, ils n’ont rien trouvé de cassé. Néammoins, je suis tombée à plat ventre sur mon sein opéré un mois et demi avant… Douleurs similaires aux suites post-op. Le cauchemar. Et la trouille que le muscle du grand dorsal soit lésé. Et que mon opération de cet été soit repoussée.

Ouf, je vais mieux.

Bon, j’ai fini par trouver un maillot de bain qui cache le plus de cicatrices fraîches possible. Non pas pour le regard, mais pour le soleil, l’ennemi pour cette année. Pas toutes malheureusement, ce serait mission impossible à moins d’un burkini !
Puisqu’il s’agit de garder à l’ombre mon ventre (annexectomie), mes hanches (cicatrices des poignées d’amour), mon dos (le plus gros challenge). La cicatrice du PAC retiré, tant pis, je la recouvre simplement d’un pansement pour le protéger du soleil.
Un maillot de bain avec des coques, pour un peu symétriser le truc.

Vivement l’année prochaine.

Clivage

J’ai retrouvé mon clivage, « cleavage«  pour les anglo-saxons, un petit trait entre les seins.

Un mot tellement usité outre-Atlantique qu’il possède une page wiki très fournie.DSCN5572
Pas de véritable traduction en français.
Dans le wiki de chez nous, il y a une maigrelette page pour entre-deux-seins, mais franchement, qui utilise cette expression ?
Autre wiki vraiment très riche : history of brassieres

J’aime l’idée du clivage, d’autant que je sens que j’ai passé la frontière et quitté mon état d’amazone. Franchi le Rubicon. Un « pas décisif et irréversible » en dit la définition.

Et j’ai réellement 2 seins.
Si fake signifie « faux », « contrefaçon », « imposture », « imitation », alors non, mon nouveau sein n’est pas fake.
Même s’il n’est encore qu’un demi-sein, une soucoupe. Je m’étais dit avant, que cela devait faire drôle de se dire qu’un peu de son ventre était dans son sein.
Je ne me le dis jamais. C’est mon sein, point.

Avoir retrouvé mon clivage m’enchante tellement que chaque jour, je le mire dans la glace, c’est fou, et m’habille avec des vêtements qui surtout, ne le cachent pas ! Après toutes ces années à camoufler. Je repense à mon billet « la jauge » écrit en 2010.

Je m’amuse moi-même de cette coquetterie. Et ne me lasse pas de le regarder, ce clivage. Même s’il n’est pas (encore) vraiment symétrique.

Et puis c’est l’été.
Alors je me venge avec des dos nus, des débardeurs, des décolletés,…
Je n’avais jamais porté de dos nus avant, tout simplement parce que j’avais toujours eu besoin de porter un soutien-gorge. Ce qui n’est plus le cas, avec mes p’tits lolos. Quel bonheur !
Sans parler de choisir sa lingerie ailleurs qu’en pharmacie !
Et la sensation délicieuse de ne plus avoir ou presque de poignées soit-disant d’amour, mais disons plutôt de malheur.

Avec le « cleavage », toujours glané dans des forums anglo-saxons,  les « noobs« , mot-valise pour new boobs (nouveaux tétés). Ou encore l’expression fort étrange de « Ken doll effect » : un effet secondaire inesthétique suite à une abdominoplastie ratée. Il a fallu qu’on m’explique d’ailleurs, car je n’avais jamais vu Ken nu !

Je suis actuellement à mi-parcours de mon DIEP mais déjà, je suis une autre. J’ai vraiment la sensation d’avoir quitté un lourd, lourd manteau d’hiver.
Je me déchaîne dans le sens littéral du mot.

Comme remettre pour la première fois des nu-pieds après des mois dans des chaussures fermées, mais multiplié par mille.

Les quelques billets précédents pouvaient faire penser que le bilan provisoire était négatif.

C’est tout le contraire. La balance penche largement du côté +++.

 

Fou-rire à la piscine

Attention, ces photos ne sont pas truquées, juste floutée pour la première…
A part le fait qu’on s’est piqué un terrible fou-rire avec mes gaminous à la piscine la semaine dernière, ce maillot de bain est une catastrophe, sauf peut-être pour celles qui ne savent pas nager, car il permet de flotter !

Il fait partie de la dernière collection de chez A… et présentait l’intérêt d’être un tankini. Mais il ne supporte pas les bains à remous, de plus en plus fréquents dans les centres aquatiques.

Espace dédié à la relaxation et la détente, il devient là le moyen de bien rigoler avec ses voisins de baignade.
Je regrette un peu cet achat, mais je n’avais à l’époque pas encore eu vent de la marque Garance, qui propose des maillots magnifiques. La collection date de cette fin de printemps. Pour celles qui veulent la découvrir, c’est ici. Et derrière cette collection, une femme formidable : Cécile Pasquinelli Vu-Hong.

 
Petite annonce : revends maillot de bain taille 42 presque jamais servi, à moitié prix, pour personne ne fréquentant que les bords de mer !