Yoga oui !

Je vous avais déjà dis que j’étais gaga de yoga.

La semaine dernière, on nous a prêté une Wii fit.

L’option marketing de la Wii, c’est de réconcilier parents et enfants autour d’un jeu vidéo. Avec moi, il y allait y avoir du boulot !

Etant très réticente, j’étais un brin moqueuse, mais curieuse sur le concept de yoga sur Wii.

Et bien c’est vraiment du Canada dry.

Pff, évaporé l’esprit trois fois millénaire du yoga.

Vous vous inscrivez, on vous demande votre poids, votre taille, on vous calcule votre IMC. (Au passage, on vous passe de la pommade, car par exemple, je suis dans un poids idéal ! Cette machine ne sait pas faire la différence entre poignée d’amour et muscles !)

Ensuite, vous devez choisir combien de kilos vous voulez perdre et en combien de temps.

Chaque exercice est chronométré, vous pouvez donc savoir combien de minutes vous avez travaillé chaque, jour, c’est tout noté,  il y a des tableaux, des diagrammes, et cerise sur le gâteau, vous êtes en compétition avec les autres utilisateurs de la Wii, et il y a un classement ! Si vous faites mieux (?) que la dernière fois, vous battez votre record personnel et vous êtes félicités.

Mais ce qu’on aime dans le yoga, c’est justement tout le contraire !

Pouvoir s’extraire du monde et se retrouver seule avec soi-même, prendre conscience de son corps, ressentir des postures, calmer son mental, …

Ne pas se comparer à quiconque même si on n’arrive pas nickel.

Et puis ce moment de relaxation, initiation à la méditation en fin de séance, …

On est vraiment dans un monde de compétition permanente. Nos mômes baignent dans cette ambiance en permanence.

En fait, ils trouvent ça barbant le yoga, ils préfèrent les autres jeux proposés.

Et ne croyez pas que je sois mauvaise parce que cette satanée machine m’a dit après des tests de condition physique, que j’avais 51 ans, l’enfoirée ! (+8 !)

Non mais, pour qui elle se prend ! Heu, je crois qu’elle ne se gourre pas tant que ça…

Non, à vrai dire, j’adore la complicité retrouvée de mes enfants à jouer ensemble, je crois bien qu’ils ont réussi chez moi aussi à me reconcilier, mince alors !

Ah s’il n’y avait pas cette satanée compét’…

Gaga de yoga

J’avais toujours pensé que ce n’était pas pour moi.

Un peu comme les mini-jupes ou les cheveux courts !

Et puis ma gentille voisine a tellement insisté, que je l’ai accompagnée. Pour voir.

Ah que c’était bien.

Tellement bien que j’en ai pleuré. Si, si.

En douce, sous un petit coussin qu’on pose sur les yeux vers la fin de la séance pour se relaxer totalement.

Totalement.

Alors la fois d’après, je me suis demandée pendant toute la séance si cette fois aussi, j’allais encore verser ma petite larme de bonheur. De quoi faire rater l’évènement ! Et bien non, rebelote.

Bon, pas la troisième fois !

Quel bonheur d’avoir un moment rien qu’à soi, en soi.

J’ai l’impression de laisser au vestiaire un manteau très très lourd, et je ressors allégée. Bon, en plus, c’est l’heure normalement du coup de feu à la maison, repas, douches, … Là, décharge totale.

Je craignais le lieu un peu trop ésotérique (arc-en-ciel et mandalas sur la devanture ne m’inspiraient que sourire narquois…!) Et finalement, non. J’ai même adoré le son des bols tibétains qui clôturent la séance, c’est dire.

Je peux faire quasi toutes les postures du cours, malgré mes genoux et mon bras opéré. Enfin, ils me rappellent à leur bon souvenir quand-même, surtout le bras. Je n’ai décidément pas retrouvé mon amplitude. Mais il n’est pas ici question de performance, alors ça me va.

Ca m’a ramené deux ans et demi en arrière, quand j’avais été à ma première séance de drainage lymphatique.

Là aussi, j’avais pleuré. On me faisait tellement de bien après m’avoir tant fait de mal.

Ouais, je suis une vraie chouineuse !

Je pédale, je pédale…

Moment privilégié que celui que je m’octroie chaque jour ou presque. Ma demi-heure de vélo.
Un des ‘quatre piliers anticancer’ pour éviter la rechute (chutes, par contre…) alors je fonce !
Pas terrible le changement d’heure d’ailleurs, parce que faire du vélo la nuit, bof, bof…

C’est fou ce que ça me fait du bien, mais attention, pas qu’au sens physique. Non, je dirais même que ça me fais plus de bien au mental. C’est un moment juste pour moi, où je me retrouve. Bon, pour rien vous cacher, je ne pense presque qu’à ma maladie pendant cette demi-heure-là. Oui, c’est bête. Quoique.  J’avance.
Je songe à l’effort que cela me demande, moi qui avais toujours détesté le sport. Je sens que mes muscles ne demandent pas mieux que de se sentir utiles ! J’ai l’impression de contenter ce corps qui m’a trahi il y a peu. Je lui signifie que je tiens compte de lui maintenant. En gros, je me réconcilie.

En fait, je réfléchis à mort quand je pédale. Je ne me lave pas la tête, mais je dirai plutôt que je fais la lessive.
Et c’est fou comme les idées s’éclaircissent, les réponses arrivent, j’ai vraiment la sensation de nourrir mon cerveau.
Si, si. Et même que c’est prouvé scientifiquement ! En pédalant (ou en faisant du sport), on fabrique de la matière blanche qui nourrit la matière grise, c’est pas la classe, ça ?!

Lien à l’émission de radio-canada : Change ou meurs

Souvent, les gens trouvent plein de raisons pour ne pas faire de vélo. Je ne réplique plus, je veux pas me fâcher avec tout le monde. « Ah j’aimerai faire comme toi mais… » Les raisons invoquées sont toujours les mêmes : « c’est trop dangereux », « je n’ai pas de bon vélo », « je n’ai pas le temps », « je suis trop fatiguée ».
No comment !