Dernières traces de la radiothérapie

Autre séquelle, de la radiothérapie : les télangiectasies.
Un effet secondaire tardif qui était apparu peut-être un an après. Pas grand chose, bien sûr, grade 2 selon l’échelle internationale codant la gravité des effets secondaires de la radiothérapie. (Echelle qu’on peut trouver ici page 77 de ce document pour les étudiants en médecine de Rennes). Surtout si on lit la liste des effets secondaires possibles (rarissimes heureusement) ici.
L’apparition de télangiectasies est un phénomène assez après une radiothérapie du sein, j’en parlais ici lorsque j’ai essayé pour la première fois de les faire disparaître. C’était en 2011. Déconvenue malgré un traitement au laser, j’en parle .
Le chirurgien qui a procédé à ma reconstruction m’avait assuré qu’elles pouvaient partir, et facilement, et m’avait donné une adresse, huppée dans une clinique d’esthétique. Qui soigne habituellement les petites imperfections de l’âge. Ce médecin est diplômé en MMAA…  Vous ne connaissiez pas ? Moi non plus. Médecine morphologique anti-âge ! Un peu une autre planète par rapport au quotidien de l’hôpital. Et aucun temps d’attente avant le rendez-vous ! Et pourtant, un médecin loin des clichés qui vont avec ce type d’établissement. Bonne pioche.
D’autant que ce monsieur est arrivé à bout de mes télangiectasies, alors respect à la mmaa si elle peut s’appliquer aux anciens malades, pas forcément âgés !
Il aura cependant fallu 2 séances, espacées de 3 mois. (infos sur une séance ici)
Ainsi, il y aurait des bons et des mauvais dermatos ? Disons plutôt des machines ultra-perfectionnées dernier cri, ou pas, j’imagine.
A la première séance, c’est très bien parti. Mais réapparu puissance 10 le lendemain. Et estompé dans jours qui ont suivi, pour disparaître totalement au bout de 20 jours. C’est réapparu un peu (j’étais prévenue), au bout de 2 mois. Une seconde séance a permis une disparition définitive (j’espère !). J’ai essayé aussi pour les 2 points de tatouage visibles dans le décolleté. Ce médecin de plus de cinquante ans n’avait jamais eu à effectuer un détatouage médical. J’étais sa première patiente ! Serais-je plus perfectionniste que la moyenne ?! Il n’empêche, c’est un échec, cela n’a pas marché. Pas grave, c’est juste que j’étais au bon endroit, alors j’en ai profité. c’est vrai que ça aurait totalement effacé l’ardoise, ça aurait été pas mal.
Aucun remboursement par la sécurité sociale, puisque c’est de l’esthétique pure et simple. Même si c’est une des séquelles du cancer.

Petite anecdote qui en dit long sur le parcours d’une reconstruite : lorsque je me suis installée sur la table d’examen, au lieu de rester en soutien-gorge, je l’ai enlevé. Alors que ce n’était pas nécessaire ! Puisque les lésions vasculaires se trouve dans mon décolleté assez haut. Et pourtant, il avait convoqué un second médecin, plus jeune, pour montrer comment on procédait pour traiter les télangiectasies. Ni une, ni deux, buste nu. Pfff. Aucune gène. Ca m’a fait rire lorsque je m’en suis aperçue.

Télangiectasie post-radiothérapie

Télangiectasie post-radiothérapie

 

 

 

 

4 jours après le laser

4 jours après le laser

1 mois après laser

1 mois après laser

 

 

 

 

Je sais que pas mal de recherches sur le sujet aboutissent sur mon blog. Contente de montrer un résultat vraiment satisfaisant. Je donne les coordonnées de ce monsieur en mp sans problème. Le coût ? 70€ x2.

15 ans d’études et peau de chagrin

Et bien voilà. Il aura fallu ce rendez-vous avec ce docteur Ultra-Brite pour que commence enfin le deuil de mon sein perdu.
C’est vraiment ce que j’ai ressenti en sortant de mon rendez-vous chez ce chirurgien-plastique. Rendez-vous qui est venu quasiment 5 ans après l’intervention…

Lors de ma mastectomie en 2007, j’avais dis ‘jamais’. Pas question de repasser sur le billard sauf absolue nécessité, de toutes façons, le résultat sera médiocre. Trop chochotte pour envisager des opérations, des douleurs, des cicatrices… Je voulais assumer ce nouveau corps d’amazone.

Mais avec le temps, je voyais bien que mon obsession de faire comme si c’était pas grave et que le plus important c’est que je sois vivante commençait à battre de l’aile… C’est surtout cette technique du BRAVA qui m’avait séduite : combler ainsi mon ground zero… Si au départ ça me paraissait absolument inimaginable, j’avais récemment fini par l’envisager.
Même plus, j’en étais venu à me dire que peut-être, tant qu’à faire de passer sur le billard, alors – je dis bien peut-être -, une prothèse…

Beaucoup de chemin parcouru dans les jours qui précédaient ce rendez-vous avec ce docteur, malgré mes réticences (lire mon billet ici).

J’ai d’ailleurs un peu traîné avant d’écrire sur ce rendez-vous car je sentais que tout cela devait décanté. Je suis ressortie tellement dépitée et en colère, que je ne voyais pas l’intérêt de le partager ici !

En fait, non seulement ce qu’il m’a dit n’était pas ce que je voulais entendre, mais en plus il l’a dit d’une telle façon, que c’était trop :

Dès nos tous premiers échanges, il me lance : « Oh mais ce que je vous dis, c’est 15 ans d’études. »

Ainsi c’était sa façon à lui de poser la discussion.
Hou là, ça partait très mal ! Je dois dire que cette mise à distance immédiate m’a totalement glacé. (d’autant plus que je lui donnais 30 ans tout mouillé de chaud !)
Ensuite, il a évoqué avec condescendance la méthode BRAVA, selon lui inutile pour un lipomodelage, et m’a expliqué les autres techniques : prothèse, grand dorsal.
Ensuite, il m’a fait déshabiller,  et là, les possibilités sont devenues peau de chagrin. Il me dit que contrairement à ce que je pensais, ma radiothérapie avait laissé de gros dommages. La preuve, les télangectasies, la peau tendue… Bêtement (pas fait 15 ans d’études, moi), je pensais que c’était moche, oui, mais dans la norme… La prothèse interne, c’était tout simplement impossible, car je n’avais plus de muscle pectoral sous-jacent, nécrosé : mon fameux trou très prononcé, c’était donc cela. Indispensable pour ‘glisser’ la prothèse.

Pour le lipomachin, mes seins étaient trop conséquents, on ne fait ça que pour de petites poitrines. Ah bon.
J’avais beau avoir évolué mentalement vers une possible reconstruction chirurgicale, le grand dorsal, c’était non pour moi. Trop.

Donc il m’a proposé un « truc » que je ne saurai même pas redire ici. Plus capable d’entendre. Trop complexe pour ma pomme et mon état psychique. Ce dont je me souviens, c’est qu’il faudrait 4 opérations sous anesthésie générale, que ça s’étalerait sur plus d’un an, et bon, « faudra pas vous attendre à un résultat extraordinaire, c’est de la reconstruction« . Heu, c’est un gros mot ?
Et cerise sur le gâteau, il faudrait retoucher l’autre sein, celui qui ne demandait rien.
Lorsque je lui ai dit que je m’y refusais, il m’a regardé du haut de ces 15 années d’études. Lui qui voit dans son cabinet privé, à longueur de journée des femmes qui viennent pour des pattes d’oie, des culottes de cheval, des seins trop ceci ou trop cela,… Agacement ou pitié, va savoir…

Si j’ai montré les dents assez vite, je n’ai pas vu le sourire Ultra Brite qu’il arbore sur son site, publicité mensongère !
Curieusement, je ne remets pas en cause ce qu’il m’a dit.
Je suis juste triste. Un deuil, en effet.

Je vais donc restée avec mon « corps amazone »… Superbe film. J’en avais parlé ici. Il fait partie de la sélection de l’eBib, la bibliothèque différente de l’association Au Sein de sa Différence. si vous ne l’avez jamais vu, une simple demande et hop, je vous l’envoie par la poste. (descriptif ici)
Les modalités se trouvent .

Et encore mieux, si vous êtes en Rhône-Alpes, vous pourrez vous rendre à Crest dans la Drôme, le samedi 6 octobre. La médiathèque départementale organise dans le cadre d’Octobre Rose, une projection du film. Avec une rencontre avec la réalisatrice Anja Unger et avec ma potesse Cathie Malhouitre d’ASDSD…
J’y serai.
(+ d’infos ici)

Rappel : cancer du sein, 70% des patientes ne se font pas reconstruire (chiffres d’une étude de l’Institut Curie de 2011 ici).

Détatouage, déconvenue

Ce désir de faire disparaitre les signes de ma radiothérapie (télangiectasies et 7 points de tatouage à l’encre de Chine) s’est soldé par une totale déconvenue !

J’en parle ici, puis . Ca fera donc 4 billets pour un ‘détail’ dans mon histoire ! Aujourd’hui, l’affaire est close.

Résultat des courses : les télangiectasies sont réapparues, peut-être moins prononcées, et même pas sûr. La dermato, elle, a trouvé que c’était très bien comme résultat. Ah bon.

Par contre, lors de mon rendez-vous détatouage, elle a reconnu que son laser ne viendrait pas à bout de ces maudits petits points violets.

Bref, échec sur toute la ligne. Je ne vous joins même pas une photo, aucun intérêt, à peine peut-être un peu moins foncé. Et encore. 60 euros la séance de 5 minutes, et dans le baba.

Alors biensûr, mon échec ne peut être pris comme une généralité. Et je ne voudrais pas là, – c’est aussi pourquoi je ne voulais plus en parler -, décourager celles qui veulent tenter leur chance.

Mais j’ai rencontré récemment la femme qui m’avait tatoué au centre de radiothérapie. Alors on a papoté RT, et elle m’a sans le savoir, donné envie de finalement faire ce billet. Parce qu’il y a une bonne nouvelle du côté des tatouages de radiothérapie !

Plus d’encre de Chine depuis 2 ans, place à de l’encre sympathique, puisqu’elle est marron (couleur grain de beauté). Il n’y a plus que 2 points de marquage, très bas, en dessous des seins, et ça suffit aux manipulateurs. Et cerise sur le gâteau : ils disparaissent au bout de 2 ans environ.

Voilà, c’est tout bête mais madame la dermato va grincer des dents hé hé. Quoique vu le nombre croissant des tatoos, elle a encore de beaux jours devant elle. Ici un document qui me laisse pantoise face à mes petits points qu’elle n’a pas été fichue de faire disparaître…
Bah, allez, il m’aura fallu ça pour faire mon deuil.