Le Rose qu’on nous propose

Octobre toujours plus rose…

En 2009, je montrais mes seins ici, comme un clin d’oeil à ces pseudo-stars qui affichaient les leurs sur Marie-Claire l’année d’avant… (rebelote cette année d’ailleurs…)

Je disais mon malaise en 2010 ici face à ce rose Barbie clinquant qui ne me semblait tellement pas coller à la réalité du cancer.

En 2011, j’étais plus qu’agacée par cette montée en puissance de l’érotisation du cancer ici

Et en 2012 ? Et bien je vous propose à toutes, d’ « ensemble, partager, communiquer et vaincre » la connerie sur le cancer du sein.

Parce que ça va crescendo, et qu’il vaut mieux en rire (c’est bon pour ce qu’on a). Je vais donc commencer et après, par vos commentaires, vous enrichirez ce billet de vos trouvailles, d’accord ? N’hésitez pas, mettez-moi des liens dans vos commentaires, afin de faire qu’ici-même, nous créions toutes ensemble un Worst of* Octobre Rose. (*le pire de)

Jusque là, le pink marketing, c’était acheter tel produit et 1 ou 2 euros allaient à la lutte contre le cancer du sein (attention, les autres cancers, pour vous, c’est makache !). C’était pour les consommatrices qui ne voulaient pas débourser trop, et qui du coup, profitaient d’un magnifique vernis rose ou d’un bracelet rose, tout en se sentant généreuse à la cause. Pas de soucis, ça n’est pas prêt de s’arrêter, le marché est florissant. Encore faut-il aimer le rose…

Mais maintenant, on a mieux que les pubs papier : des spots de pink pub, comme ici en Italie :

Pas mal, hein ? Vous apprécierez ! Inutile de savoir parler italien, ce langage-là est universel ! (vu sur le blog d’Anne Maria et qui cite le coup de gueule de Graziella)

Et puis là, mon chouchou du moment :

Il y a TOUT dans celle-là : l’image ridicule des survivantes, l’acteur vieillissant en peignoir, puis en slip rose impitoyable, l’hystérique élue qui nous dit être guérie, chouette, on partage son bonheur, on apprécie son petit haut si fashion, et tout ça dans une telle bonne humeur, c’est vraiment glamour le cancer du sein.
Ce petit bijou, je l’ai trouvé sur facebook, et je peux vous dire que ce mois d’octobre, on ne s’y ennuie pas ! C’est à qui apportera sa plus belle perle. Volontairement ou pas d’ailleurs.

Et quand on gratte un peu sur la toile, on finit par tirer une sacrée pelote de mécontentes. La révolte gronde… Par exemple ce collectif « Occupy the cure » : Elles sont super fortiches pour dégotter de sacrées trouvailles roses : ici Marvel par exemple. En réalité, une belle quantité de bloggeuses sont entrain de nous dégotter des perles et/ou dénoncer ce ruban. The Accidental Amazon, l’Amazzone Furiosa, Chemobrain, … (Surtout des américaines, parce qu’elles subissent les affres marchands d’Octobre Rose depuis bien plus longtemps que nous.)
Gayle Sulik, avec son livre « Pink Ribbon blues » a fait des émules. Ce livre qui fait partie de la sélection de l’ebib, et pour les non-anglophones, il est accompagné d’une synthèse de 40 pages en français.

 

 

Quelle impressionnante distorsion entre la réalité de la maladie et l’image qui est donnée du cancer du sein dans les médias. Cette culture du ruban rose, nous sommes de plus en plus nombreuses à ne pas nous y reconnaître.

Ce serait un éclairage nécessaire, un mal nécessaire ?

Ici une interview de Léa Pool, une québécoise qui a réalisée le documentaire « L’industrie du ruban rose » (2012)…

Faut-il ne voir en Octobre rose qu’un phénomène marketing ? J’ai envie de croire que cet événement est aussi l’occasion, un mois durant, de multiplier l’information et les échanges autour de la maladie.
C’est aussi le souhait de l’association Au Sein de sa Différence.

Le docteur Dominique Gros, cancérologue-sénologue nous a rejoint dans cette réflexion. Lui, mais aussi la sociologue Gayle Sulik et 4 cancéreuses dont je fais partie, nous interrogeons sur cette culture du ruban rose dans un ouvrage qui parait aujourd’hui :

Questions Roses :
sous le ruban, la lutte contre le cancer du sein

Si vous êtes intéressée par ce petit ouvrage, voici le lien pour le commander ici.

 
Et maintenant, à vous de me faire parvenir vos trouvailles roses

 

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Peau sensible

Il m’arrive de succomber aux charmes d’une pub.

Elle me plait parce qu’elle dit le contraire de ce qui en général, est dit. L’homme n’est pas dans la virilité conquérante, la femme est douceur, pas de soumission, pas de domination . Un pied de nez aux habituels clichés.  Un pied d’égalité qui n’est pas coutume dans les médias…

Et pourtant ! Cette affiche fait couler pas mal d’encre. Ici et surtout .

Il y a donc plein de façons de voir.

Le regard qu’on porte aux gens et aux choses est biaisé par notre vécu. Qui a raison, qui a tort ?

Ensemble : partager, communiquer, vaincre

Ce mois d’Octobre Rose colle particulièrement bien à ce beau slogan que j’ai trouvé dans le métro de Paris :

ENSEMBLE

partager, communiquer, vaincre

Quel dommage une fois de plus, qu’on nous prenne pour des quiches ! Pour partager, communiquer et vaincre, faut-il être nues, d’une plastique parfaite, se tripoter et mettre du gloss rose ?

Pour que le monde s’ouvre aux publicitaires, il faudrait vraiment qu’ils changent de point de vue et qu’ils arrêtent de tout sexualiser, y compris le cancer !

Je vous avais parlé il y a quelques temps d’une formidable initiative de l’association grenobloise Agaro dans ce billet : un dvd offert aux nouvelles patientes  de la région afin de leur expliquer en images le déroulement des différentes étapes des traitements pour le cancer du sein, avec une deuxième partie intitulée ‘Cette vague qui nous roule sur le rivage’ : des témoignages d’anciennes patientes.

Le réseau des bibliothèques de la ville de Grenoble propose depuis quelques temps sur son site, un service de VOD (vidéo à la demande) à ses abonnés. Mais elle va plus loin, en mettant en ligne des films de création locale, en accès libre cette fois.

Et c’est ainsi que ‘Cette vague…’ est visible par tous, quelle belle nouvelle ! C’est actuellement le ‘film de la semaine’…

Merci à T. pour ce partage !