Allez hop, au régime !

Et oui, j’avoue m’être quelque peu éloignée ces derniers temps des conseils anticancer que je prône dans mon blog.

Fidèle des recommandations de DSS, je mange beaucoup, quotidiennement, à chaque repas des… (attention gros mot) des aliments anticancer !

L’Anses, pourtant organisme qui a fait ses preuves dernièrement (cf ses conclusions sur l’aspartame) ne me fera pas changer d’avis.

Mais… mais… je remange aussi des trucs sucrés depuis un an, et le résultat est là : j’ai pris du poids, au point même d’atteindre si je continue, sur la balance, un chiffre rond que je n’ai
jamais atteint sauf enceinte ! Arghl !

Quoiqu’on puisse dire sur les recommandations nutritionnelles de DSS, elles avaient au moins eu pour moi le mérite d’une part, de ne prendre aucun kilo pendant mes traitements (ce qui apparemment
est courant) mais en plus, d’en perdre et d’atteindre un poids de presque jeune fille (enfin de moi jeune fille !) au bout de quelques mois, alors que je sortais d’une grossesse…

Régime sans sucre et avec sport, c’est sûr qu’on perd, pas besoin de bouquins pour savoir ça.
Si après, ça me fais plaisir de bourrer mon alimentation d’ail et de brocolis, c’est autre chose.

Bref, depuis un an, je me suis laissée aller, le spectre du cancer commençant à s’estomper.

Un petit biscuit avec les enfants par ci, des patates nouvelles du jardin par là, du chocolat noir parce que c’est bon pour ce que j’ai, une glace parce qu’il fait si chaud, bon, je ne
vous apprends rien, et le sucre appelle le sucre…

Quant au vélo, je dois bien avouer que certains jours, je zappe… D’ailleurs aujourd’hui…

Là, ce n’est plus pour le cancer qu’il faut que je redevienne ‘sérieuse’, mais bien pour ma ligne !

Le diktat des magazines m’atteint comme tout-le-monde, personne ne peut y échapper.

Mince alors, c’était le seul point positif que m’avait apporté le cancer !

Bon, allez, 4 kilos, c’est pas le bout du monde, je vais y arriver…

L’illustration que je vous ai mis, j’adore ! Quelle classe ! (ici la même sans perruque)

Ce n’est évidemment pas cette taille de guêpe que je vise !

Il s’agit de la berlinoise Utta Melle, et je remercie Marielea de m’avoir fait découvrir cette sacrée bonne femme. Ici un lien vers un livre où l’on retrouve ses photos.

photo © http://www.jackiehardt.com

‘Le Vrai Régime anticancer’

Il fallait bien que j’en parle !

A vrai dire, je viens juste de le lire.

Je l’avais snobé parce que je n’en avais pas lu tellement du bien, et j’avoue que ce titre était tellement pathétique…

Mais à la bibliothèque, je suis tombée dessus. Alors je l’ai lu.

Au départ, j’ai pris des notes pour essayer de faire un comparatif avec le livre de DSS. J’étais plutôt dans de bonnes dispositions, je prévoyais déjà un billet sur mon blog.

Mais très vite, les bras m’en sont tombés. Qui est cet homme ? A qui s’adresse ce livre ? Pour qui nous prend-il ?

Je vous livre des extraits pour que vous jugez de vous-même :

p.12 (dans l’avant-propos) : « J’ai cherché depuis trente ans, par des recherches sans fin, par des échanges avec mes collègues,
les plus prestigieux scientifiques partout dans le monde, par des lectures souvent jusqu’à l’épuisement, dans la confrontation d’idées ou de théories avec les plus grands esprits du monde du
cancer, je n’ai jamais cessé d’essayer de mieux comprendre le cancer pour mieux le combattre et le plus souvent le vaincre. »

Je n’ai jamais rien lu d’aussi prétentieux de la part d’une blouse blanche. Et vous ?

Quelques lignes plus loin, p.12 toujours : « J’ai essayé, avec le Plan Cancer que j’avais suggéré au président Chirac… »

Ah bon, la Ligue a dû aprécier…

Plus loin, il a une manière tout-à-fait  spéciale de parler de la mortalité. Voyez plutôt p. 22 : « Le cancer du poumon, à lui tout seul, détruit chaque année dans notre pays, environ un demi-million d’années potentielles de vies chez les moins de 65 ans. »

Beaucoup de choses me gènent dans ce bouquin, et d’emblée sa façon de voir le cancer avec des chiffres tellement réducteurs qu’on n’a jamais lu ça ailleurs !

Par exemple, voici son calcul concernant les causes du cancer (tableau 4 p.33)…

Tabac : 30% 

Hormones : 30%

Agents infectieux : 5%

Facteurs physiques : 5%

Facteurs d’hérédité : 5%

Pollution : 5%

Alimentation : 20%

Il dit alors : « Et bien voilà ! Nous en sommes à 80% des causes de cancers : tabac, hormones, agents infectieux, pollution, facteurs physiques, hérédité.

Il nous reste 20% des causes de cancers à élucider. Et c’est là que l’alimentation intervient directement. »

Quelle simplicité ! non mais je rêve ! Causes multifactorielles, connaît pas, non ?! Raisonnement d’école primaire dépassé depuis si longtemps. Heureusement qu’il a lu jusqu’à l’épuisement le cher homme.

Et si une femme a fumé, pris des hormones, vit dans un milieu pollué, a des antécédents de K dans sa famille, elle se met où ?

Bon, et je vous passe le ton volontairement ‘peuple’, par exemple p.47 : « Il va d’abord falloir que je vous explique comment « ça marche », un cancer. »

Bon, en fait, je n’ai même pas envie de faire de comparatif avec le régime préconisé par Servan-Schreiber.

Parce que ces 2 livres ne sont pas comparables.

L’un (Khayat) fout les j’tons…p.150 : « Même si vous n’y connaissez rien, avouez que ces noms n’ont rien pour vous rassurer. Et vous avez raison ! Ce sont de terribles cancérigènes, capables, en quelques minutes, de transformer l’une de vos cellules normales en une cellule définitivement cancéreuse… » (Je vous épargne la suite du paragraphe !)

Alors que l’autre (Anticancer de DSS) donne des résultats de chercheurs qui donnent espoir. Ou horripile, c’est selon, mais jamais il ne joue la carte de la peur.

Khayat ne s’adresse pas à ceux qui ont eu un cancer, mais ceux qui veulent s’en parer. Ce qui est fondamentalement différent ! Un cancéreux sera peut-être prêt (et encore…) à véritablement modifier ses habitudes alimentaires pour essayer d’aller mieux, alors qu’un ‘bien-portant’ veut bien quelques conseils santé, mais faut pas trop pousser le bouchon.

La première mention aux personnes atteintes d’un cancer apparaît p.135. Puis quelques fois seulement ensuite.

Et j’irai même plus loin, Khayat s’adresse avant tout aux hommes, si si ! Le cancer du sein y est très peu abordé, genre 2 ou 3 fois ! Bon, je rigole, parce en fait, il cite le cancer du côlon toutes les pages par contre, alors ma théorie ne tient pas !

Parfois, il s’enmêle les pinceaux, volontairement ou pas, va savoir. Par exemple, il fait un raccourci sidérant sur le maté p.191 : « Ainsi, on le voit, le thé comme le café sont certainement des boissons bénéfiques pour la santé.

Tous les thés ? Non, en réalité, il existe un thé dont on a fait la preuve aujourd’hui irréfutable qu’il augmente au contraire le risque de cancer de l’oesophage et peut-être aussi de la bouche. c’est le maté. »

Prendre le maté pour du thé, quelle belle preuve de recherches sans fin jusqu’à l’épuisement !

C’est comme le soja, on aurait bien aimé son avis sur la controverse pour les femmes atteintes d’un cancer du sein. Rien. Il considère d’ailleurs le soja comme un légume. C’est dire !

Quand Khayat parle de viande, jamais il n’est question du problème écologique par exemple, ni ce qui est donné à mangé aux bestioles, ni des antibios, etc… Il nous dit par contre qu’il ne faut pas abuser des woks et des barbecues.
Il idéalise totalement la charcuterie qu’il ne faut, selon lui, pas diaboliser.

Il conseille aussi de laver les légumes au savon. C’est drôle, non ?

Aucun conseil sur une bonne huile, rien sur les céréales, sur plein d’aliments.

Puis à la fin, il nous fait en papier glacé, un récapitulatif des aliments anticancer, à la manière de DSS, mais sans donner jamais aucun ordre d’idée de quantité, sans aucun chiffre pour étayer, juste une liste avec plein d’aliments jamais sités avant. Et son classement, c’est : pas mal / bon / très bon / moyen / attention aux calories / pas de problème, etc…

Tiens, en parlant de pas de problème, il parle de l’aspartame

Au bout du compte, ce livre très brouillon, parfois faux, souvent manque de références, de précisions, se veut LA référence tout en dénigrant la possibilité que des aliments puissent vraiment être utiles, ne rassure pas c’est sûr, mais surtout ne donne aucun véritable conseil.

On peut (doit certainement) en ressortir totalement déboussolé si on est novice sur le sujet.

Je suis étonnée que les éditions Odile Jacob aient publié ce bouquin, vraiment. Ils sont d’habitude plus sérieux.

Mystère…

En fait, la grosse théorie de Khayat, c’est le bon sens, le terroir. Si des générations avant nous ont mangé un type d’aliment, alors c’est bon. Sinon, le peuple n’aurait pas résisté. (pp.258-259)

Et je vous passe le lyrisme grotesque qu’il emploie pour parler de l’homme qui a soif de progrès depuis les grottes !

Bref, j’arrête parce qu’il n’en vaut pas la peine, ce livre n’apporte que doutes, peurs, confusions.

Bon, alors biensûr, vous allais dire que je suis sous la coupe de mon gourou, mais c’est pas grave.