Tétons

Moi aussi, j’ai décidé de libérer mes tétons : « Free the nipples » !

free the nippleLes Femen m’agacent. Si la cause est juste, ces femmes correspondent tellement aux codes des magazines féminins :  corps parfaits, épilés, maquillés… Elles disent que justement, elle veulent se battre avec les mêmes codes.

« Etrangement conforme au diktat de l’époque pour un groupe se voulant anticonformiste » comme le dit Jean-Claude Kaufmann sur son site ici. Ce même sociologue qui avait publié il y a quelques années, la passionnante étude « Corps de femmes, regards d’hommes » (1995), dédiée aux seins montrés -ou pas- sur la plage.

A cette critique, les Femen ripostent avec des arguments assez faibles, à lire ici : il faut être svelte pour « pouvoir grimper sur les toits », mais aussi « pour assumer son image »… (?!)
Si la nudité peut être (est !) une arme de contestation, l’érotisme me parait plus limite.free-the-nipple

Question téton, je suis beaucoup plus emballée par le mouvement né il y a 4 ans aux Etats-Unis et  qui prend de l’ampleur ces derniers mois : « Free the nipple ». Ses partisans dénoncent l’excès de pudeur sur les réseaux sociaux, et plus largement la censure des poitrines féminines dans l’espace public. C’est aussi le titre d’un docu-fiction, la bande-annonce à voir ici.

Et des femmes de toutes tailles enlèvent le haut comme ici.

J’adore particulièrement le haut de maillot de bain TaTaTop qui en a découlé ! TaTaTop

Des stars se sont jointes à ce mouvement, et l’ont ainsi davantage médiatisé, mais je dois dire que je leur préfère cette jeune députée islandaise Heiður Anna Helgadóttir qui a posté sur twitter en mars dernier, une photo de son téton (voir ci-dessous) avec la légende :  Ceci sert à nourrir les enfants. Carrez-le vous dans votre patriarcat. #FreeTheNipple ». 

Heiður Anna HelgadóttirPas besoin d’être top model pour poser, et s’imposer, encore un lien ici.

Même des militaires se sont emparées de cette revendication, et n’hésitent pas à poser entrain d’allaiter : ici. A voir aussi cette vidéo humoristique sur les raisons pour lesquelles il ne faut pas allaiter en public ici.

Le puritanisme aux Etats-Unis (et ailleurs sans doute) poussent les femmes à cacher non pas seulement leurs seins, mais aussi leur forme. J’en parlais il y a quelques temps sur ce blog, beaucoup de femmes hésitent à se refaire faire les tétons à l’issu de leur reconstruction mammaire, par peur d’avoir en permanence sous le t-shirt, un mamelon tendu (ou érectile). Une jeune femme récemment, a publié sur facebook une photo montrant ce qui est apparu scandaleux dans son université, à voir ici : un gardien du campus lui a dit que sa tenue était inappropriée !

Encore des liens ici et .
Pour en savoir plus sur la politique de facebook, c’est ici.

Ce article initialement écrit en septembre, était tombé dans mes oubliettes.
J’avais été scandalisée à l’époque que la photo de Michael Stokes « Mary, the Venus » (voir ci-dessous) ait été censurée par Facebook. Il s’agit d’une ancienne soldat de l’armée américaine, amputée des deux membres supérieurs, et qui est reconstruite après un cancer du sein. J’ai partagé cette photo que je trouve éblouissante, mais elle a dû rester à peine une heure puis a disparue de mon faceb
Mary-The-Venus-Michael-Stokesook. Stokes a lui, été menacé de fermeture de compte (ce n’est pas la première fois qu’il a des photos censurées). Il a alors décidé de remettre sa photo, en couvrant le téton (car c’est lui qui posait problème) par le fameux « f ». La photo a alors pu de nouveau circuler sur le réseau. Plus d’offense…
J’avais été désappointée que le photographe accepte ça. Il s’avère qu’elle circule de nouveau, intégrale. Après un énorme buzz. Ouf.
L’autocensure est monnaie courante sur les réseaux sociaux (lire ici, c’est édifiant). Pas de petit carré blanc pour moi. On verra combien de temps durera mon post sur mon facebook…

 

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Le Rose qu’on nous propose

Octobre toujours plus rose…

En 2009, je montrais mes seins ici, comme un clin d’oeil à ces pseudo-stars qui affichaient les leurs sur Marie-Claire l’année d’avant… (rebelote cette année d’ailleurs…)

Je disais mon malaise en 2010 ici face à ce rose Barbie clinquant qui ne me semblait tellement pas coller à la réalité du cancer.

En 2011, j’étais plus qu’agacée par cette montée en puissance de l’érotisation du cancer ici

Et en 2012 ? Et bien je vous propose à toutes, d’ « ensemble, partager, communiquer et vaincre » la connerie sur le cancer du sein.

Parce que ça va crescendo, et qu’il vaut mieux en rire (c’est bon pour ce qu’on a). Je vais donc commencer et après, par vos commentaires, vous enrichirez ce billet de vos trouvailles, d’accord ? N’hésitez pas, mettez-moi des liens dans vos commentaires, afin de faire qu’ici-même, nous créions toutes ensemble un Worst of* Octobre Rose. (*le pire de)

Jusque là, le pink marketing, c’était acheter tel produit et 1 ou 2 euros allaient à la lutte contre le cancer du sein (attention, les autres cancers, pour vous, c’est makache !). C’était pour les consommatrices qui ne voulaient pas débourser trop, et qui du coup, profitaient d’un magnifique vernis rose ou d’un bracelet rose, tout en se sentant généreuse à la cause. Pas de soucis, ça n’est pas prêt de s’arrêter, le marché est florissant. Encore faut-il aimer le rose…

Mais maintenant, on a mieux que les pubs papier : des spots de pink pub, comme ici en Italie :

Pas mal, hein ? Vous apprécierez ! Inutile de savoir parler italien, ce langage-là est universel ! (vu sur le blog d’Anne Maria et qui cite le coup de gueule de Graziella)

Et puis là, mon chouchou du moment :

Il y a TOUT dans celle-là : l’image ridicule des survivantes, l’acteur vieillissant en peignoir, puis en slip rose impitoyable, l’hystérique élue qui nous dit être guérie, chouette, on partage son bonheur, on apprécie son petit haut si fashion, et tout ça dans une telle bonne humeur, c’est vraiment glamour le cancer du sein.
Ce petit bijou, je l’ai trouvé sur facebook, et je peux vous dire que ce mois d’octobre, on ne s’y ennuie pas ! C’est à qui apportera sa plus belle perle. Volontairement ou pas d’ailleurs.

Et quand on gratte un peu sur la toile, on finit par tirer une sacrée pelote de mécontentes. La révolte gronde… Par exemple ce collectif « Occupy the cure » : Elles sont super fortiches pour dégotter de sacrées trouvailles roses : ici Marvel par exemple. En réalité, une belle quantité de bloggeuses sont entrain de nous dégotter des perles et/ou dénoncer ce ruban. The Accidental Amazon, l’Amazzone Furiosa, Chemobrain, … (Surtout des américaines, parce qu’elles subissent les affres marchands d’Octobre Rose depuis bien plus longtemps que nous.)
Gayle Sulik, avec son livre « Pink Ribbon blues » a fait des émules. Ce livre qui fait partie de la sélection de l’ebib, et pour les non-anglophones, il est accompagné d’une synthèse de 40 pages en français.

 

 

Quelle impressionnante distorsion entre la réalité de la maladie et l’image qui est donnée du cancer du sein dans les médias. Cette culture du ruban rose, nous sommes de plus en plus nombreuses à ne pas nous y reconnaître.

Ce serait un éclairage nécessaire, un mal nécessaire ?

Ici une interview de Léa Pool, une québécoise qui a réalisée le documentaire « L’industrie du ruban rose » (2012)…

Faut-il ne voir en Octobre rose qu’un phénomène marketing ? J’ai envie de croire que cet événement est aussi l’occasion, un mois durant, de multiplier l’information et les échanges autour de la maladie.
C’est aussi le souhait de l’association Au Sein de sa Différence.

Le docteur Dominique Gros, cancérologue-sénologue nous a rejoint dans cette réflexion. Lui, mais aussi la sociologue Gayle Sulik et 4 cancéreuses dont je fais partie, nous interrogeons sur cette culture du ruban rose dans un ouvrage qui parait aujourd’hui :

Questions Roses :
sous le ruban, la lutte contre le cancer du sein

Si vous êtes intéressée par ce petit ouvrage, voici le lien pour le commander ici.

 
Et maintenant, à vous de me faire parvenir vos trouvailles roses

 

Allez hop, au régime !

Et oui, j’avoue m’être quelque peu éloignée ces derniers temps des conseils anticancer que je prône dans mon blog.

Fidèle des recommandations de DSS, je mange beaucoup, quotidiennement, à chaque repas des… (attention gros mot) des aliments anticancer !

L’Anses, pourtant organisme qui a fait ses preuves dernièrement (cf ses conclusions sur l’aspartame) ne me fera pas changer d’avis.

Mais… mais… je remange aussi des trucs sucrés depuis un an, et le résultat est là : j’ai pris du poids, au point même d’atteindre si je continue, sur la balance, un chiffre rond que je n’ai
jamais atteint sauf enceinte ! Arghl !

Quoiqu’on puisse dire sur les recommandations nutritionnelles de DSS, elles avaient au moins eu pour moi le mérite d’une part, de ne prendre aucun kilo pendant mes traitements (ce qui apparemment
est courant) mais en plus, d’en perdre et d’atteindre un poids de presque jeune fille (enfin de moi jeune fille !) au bout de quelques mois, alors que je sortais d’une grossesse…

Régime sans sucre et avec sport, c’est sûr qu’on perd, pas besoin de bouquins pour savoir ça.
Si après, ça me fais plaisir de bourrer mon alimentation d’ail et de brocolis, c’est autre chose.

Bref, depuis un an, je me suis laissée aller, le spectre du cancer commençant à s’estomper.

Un petit biscuit avec les enfants par ci, des patates nouvelles du jardin par là, du chocolat noir parce que c’est bon pour ce que j’ai, une glace parce qu’il fait si chaud, bon, je ne
vous apprends rien, et le sucre appelle le sucre…

Quant au vélo, je dois bien avouer que certains jours, je zappe… D’ailleurs aujourd’hui…

Là, ce n’est plus pour le cancer qu’il faut que je redevienne ‘sérieuse’, mais bien pour ma ligne !

Le diktat des magazines m’atteint comme tout-le-monde, personne ne peut y échapper.

Mince alors, c’était le seul point positif que m’avait apporté le cancer !

Bon, allez, 4 kilos, c’est pas le bout du monde, je vais y arriver…

L’illustration que je vous ai mis, j’adore ! Quelle classe ! (ici la même sans perruque)

Ce n’est évidemment pas cette taille de guêpe que je vise !

Il s’agit de la berlinoise Utta Melle, et je remercie Marielea de m’avoir fait découvrir cette sacrée bonne femme. Ici un lien vers un livre où l’on retrouve ses photos.

photo © http://www.jackiehardt.com