Dieporama

Ce diaporama n’est pas tout-à-fait terminé, je rajouterai quelques photos et dessins d’ici la fin de mon périple de reconstruction (en cours).
Je voulais d’une part synthétiser un certain nombre d’informations autour de mon DIEP, et d’autre part donner à voir ce qui s’expliquer parfois mal par les mots.
Cliquer sur une image pour faire apparaître le « diep-o-rama » et faire défiler en grand format.

Publicités

A bras le corps

Je parle somme toute, assez peu de mon état physique sur ce blog.

Sans doute parce que j’ai la sensation de pas mal m’en sortir physiquement. Je considère généralement comme broutilles les effets secondaires, d’autres vivent des handicaps tellement plus importants.

Au passage, voici un lien vers un ‘visuel interactif’ autour du handicap après un accident, qui vient en écho au webdocu du Monde
‘Comment le cancer du sein m’a changé’.

Minimiser ? Je ne sais pas.

J’ai toujours eu ce complexe de celle qui ne peut pas se plaindre parce qu’il y a pire à côté !

En même temps, il est vrai que mon opération n’a pas changé grand chose à mon quotidien. (Je parle ici biensûr de l’aspect motricité)

Je fais ‘moins’, mais pas ‘plus’.

 Je sais que certaines, encore dans les traitements, me lisent, et je veille toujours sur ce blog, à ne pas rendre la maladie plus anxiogène qu’elle ne l’est. Oui, c’est parfois raté, je sais !

C’est d’ailleurs seulement lorsque j’ai été en fin de traitement, que j’ai réellement commencé à fouiner sur la toile. (Avant, j’avais trop peur de ce que je pourrais lire.)

Mais beaucoup de témoignages me fichaient plus la trouille. C’est normal, finalement, puisqu’il s’agit de cancer.

Et souvent, les gens s’expriment pour dire ce qui ne va pas, en particulier sur les forums.

J’avais noté dans mon journal en octobre 2007, donc 1 mois après mon opération, et pendant mes premières chimios, mes petits progrès. Je vous les retranscris tel quel : (ils sont dans l’ordre
chronologique)

aller chercher C. à l’école

donner le bain au bébé

aller faire 2 ou 3 courses à pied

faire un peu à manger

dormir sur le côté non opéré et plus sur le dos

porter quelques heures mon soutien-gorge malgré la douleur

mettre de la crème sur ma cicatrice (c’est-à-dire la toucher)

faire l’amour

aller à la médiathèque

pouvoir porter bébé du côté opéré

regarder ma cicatrice (et ne pas être horrifiée)

accepter de me faire tondre

dormir un peu côté opéré

monter mon bras haut

porter un soutien-gorge tout-le-temps

J’ai repris la voiture au bout d’un mois et demi.

Ce qui finalement, a été le plus long, ce fût le vélo. J’avais trop la pétoche de tomber, alors j’ai attendu 4 mois avant d’oser remonter dessus. Evidemment, pas trop longtemps au début, parce que ça crispe un peu les bras, le vélo !

J’ai eu une trentaine de séances de drainages lymphatiques : 2 par semaine puis 1, ce qui a duré environ 7 mois, jusqu’à ce que ces rendez-vous me sortent des yeux !

Ma chirurgienne, le lendemain de mon opération, est venue me voir dans ma chambre d’hôpital. Elle m’a expliqué ce que je ne pourrais plus faire à cause de cette opération :

« Ne plus faire de tennis, ne plus porter de sacs à dos, ne plus porter d’objets lourds avec le bras opéré, et ne plus faire les vitres. »

Ce ne serait que ça ?

Ces paroles m’avaient vraiment réconfortées à l’époque, et je ne lui en ai jamais voulu d’avoir en quelque sorte, minimisé la chose.

D’autant plus que je ne fais pas de tennis, que je continue à porter des sacs à dos et à laver mes vitres (rarement il faut bien le dire !).

Pour ce qui est de porter du bras opéré, je le fais parfois, de moins en moins. Parce que je m’en mords systématiquement les doigts après. Il faut plusieurs heures pour que le bras perde cette sensation particulière qui n’est pas de la douleur, mais plutôt une certaine lourdeur. Dans ces moments-là, je suis extrêmement irritable, pestant contre moi et le monde entier.

Je n’ai eu qu’une seule fois un petit lymphoedème. Et c’est vrai que je tire un peu le diable par la queue parce qu’il m’arrive faire des trucs de la main droite parce qu’on devient pas gaucher à 40 ans ! (exemple : poncer le plancher de ma salle à manger lors de ces dernières vacances)

Sans parler de ce qui ne peut se faire qu’avec les deux bras.  Par exemple prendre son petit garçon dans ses bras. Le pire est pour moi, de l’extraire des sièges bébés des caddies. D’autant qu’il y a systématiquement un pied qui se met en travers…!

Bon, on peut faire sans ! L’aspiro n’est pas mal non plus, mais je n’ai par contre pas le choix de faire sans.

Il a fallut du temps à mon bras avant de pouvoir remonter vraiment haut, et encore maintenant, il n’est plus comme avant, mais ce n’est pas si ennuyeux que ça. Je suppose que cela vient du fait que je n’ai pas fait de rééducation après l’opération. La chirurgienne craignait une montée de lait fort mal à propos si je mobilisais trop mon bras. J’en ai fait, mais plus tard, sans doute trop tard.

Bon, et la cicatrice ?

Elle est belle, à ce que les gens du métier disent, mais je sais qu’ils le disent à toutes !

A vrai-dire, je suis d’accord. Sous le bras, c’est moins gégène. Il faudrait de l’anti-rides !!!

Et pour ce qui est des sensations, c’est carton bouilli à mort, surtout devant. Franchement désagréable si j’appuie, alors cette zone est un no man’s land, basta.

Je pensais qu’avec les années, cela évoluerait, niet. Bah, il suffit de ne pas y aller !

Bref, bilan plutôt positif.

Quelques douleurs dorsales parfois, des tensions qui vont et viennent, rien de méchant.

On apprend à faire avec, oui, oui, je parle comme les vieux, mais c’est exactement ça, il faut accepter de vieillir, même prématurément !

L’occasion pour moi de présenter à ceux qui ne la connaissent pas, Mamika, une mamie d’enfer ! J’ai adoré son bouquin.

Gaga de yoga

J’avais toujours pensé que ce n’était pas pour moi.

Un peu comme les mini-jupes ou les cheveux courts !

Et puis ma gentille voisine a tellement insisté, que je l’ai accompagnée. Pour voir.

Ah que c’était bien.

Tellement bien que j’en ai pleuré. Si, si.

En douce, sous un petit coussin qu’on pose sur les yeux vers la fin de la séance pour se relaxer totalement.

Totalement.

Alors la fois d’après, je me suis demandée pendant toute la séance si cette fois aussi, j’allais encore verser ma petite larme de bonheur. De quoi faire rater l’évènement ! Et bien non, rebelote.

Bon, pas la troisième fois !

Quel bonheur d’avoir un moment rien qu’à soi, en soi.

J’ai l’impression de laisser au vestiaire un manteau très très lourd, et je ressors allégée. Bon, en plus, c’est l’heure normalement du coup de feu à la maison, repas, douches, … Là, décharge totale.

Je craignais le lieu un peu trop ésotérique (arc-en-ciel et mandalas sur la devanture ne m’inspiraient que sourire narquois…!) Et finalement, non. J’ai même adoré le son des bols tibétains qui clôturent la séance, c’est dire.

Je peux faire quasi toutes les postures du cours, malgré mes genoux et mon bras opéré. Enfin, ils me rappellent à leur bon souvenir quand-même, surtout le bras. Je n’ai décidément pas retrouvé mon amplitude. Mais il n’est pas ici question de performance, alors ça me va.

Ca m’a ramené deux ans et demi en arrière, quand j’avais été à ma première séance de drainage lymphatique.

Là aussi, j’avais pleuré. On me faisait tellement de bien après m’avoir tant fait de mal.

Ouais, je suis une vraie chouineuse !