La sécu, ma mutuelle et moi

Jusqu’à présent, je n’avais jamais vraiment passé du temps à éplucher les remboursements de l’Assurance Maladie et de ma mutuelle. J’avais confiance.paperasse

Mais avec les dépassements honoraires que prend mon chirurgien, ça a tout changé. J’ai dû être plus vigilante.

Je suis soignée à l’hôpital public, mais j’ai pris un premier rendez-vous au plus près (3 mois) dans le privé, contre 6 mois dans le public, ce qui a induit une suite… dans le privé. Cette impatience pourrait apparaître comme un caprice, 3 mois après 6 ans, qu’est-ce-que c’était, franchement ? Mais c’est vrai qu’à partir du moment où j’ai décidé de me faire reconstruire, et après avoir déjà essuyer 3 rendez-vous avec d’autres chirurgiens, l’impatience me guidait. Je savais par ailleurs, qu’il faudrait encore attendre des mois, voire 1 an chez certains, pour accéder à une intervention chirurgicale. Donc va pour le privé.

Mais qui dit privé, dit dépassement d’honoraires.

Il s’est avéré que par hasard, ma mutuelle (plus précisément celle de mon conjoint pour la famille),  couvre extrêmement bien les dépassements d’honoraires. Je peux même dire qu’après des recherches a posteriori, je n’ai jamais vu une autre mutuelle aussi avantageuse sur ce créneau*.

Pour info, on paye pour 2 adultes et 3 enfants environ 138€ par mois, nous n’avons pas le minimum, mais l’option juste en dessus. Il y a 2 ans, 77€. Mais d’où vient cette incroyable augmentation ?…. de moi. Entre autres mais quand-même… Il y a 2 ans, c’était un super bon plan, plus maintenant.

Mais alors, comment fait une femme qui n’a pas une  bonne mutuelle ? Ou pas de mutuelle (5% de la population) ? Elle n’a pas mes dépassements. C’est ce que m’a dit mon chirurgien, et je l’ai vérifié en discutant en salle d’attente avec d’autres femmes dans ce cas.

Pourquoi les chirurgiens demandent des suppléments ? On peut dire que c’est parce qu’ils aiment l’argent. Ce serait un peu facile. On peut aussi répondre que le prix de l’acte n’est peut-être pas à la hauteur d’une opération lourde (de 6 à 9 heures) et délicate… Dans la nomenclature de la CCAM (Classification Commune des Actes Médicaux), on voit qu’une opération de l’appendicite (qui dure entre 15 et 45 minutes) est payée au chirurgien 177€. Le DIEP : 720€… Pas besoin d’aller chercher très loin pourquoi très peu de médecins se forment au DIEP (au moins 2 années en plus de leur cursus…).
Bon, vous l’aurez compris, je ne jette pas la pierre à mon chirurgien. Et si je peux aider par ma mutuelle à faire que des femmes dans le public (la grande majorité de sa patientèle post-cancer) n’aient pas besoin de payer des dépassements, tant mieux.
C’est le cas de beaucoup de nouvelles opérations innovantes : elles sont extrêmement chères. Quelle peut être la solution économiquement pour l’Assurance Maladie ?

Pour revenir à ma mutuelle, est-ce le hasard, mais elle a presque systématiquement perdu mes courriers. Enfin, c’est ce que j’apprenais quand je téléphonais, sinon, silence radio. Je sais que ça peut paraître exagéré, tant pis si vous ne me croyez pas, je dois dire que moi-même, j’ai un peu de mal. La sécu aussi, ça lui est arrivé 3 fois sur 5 fois. Heureusement, j’avais été prévenue par la secrétaire de l’hôpital, « mieux valait faire des doubles au cas où… « .

Par exemple, l’opération que j’ai eu début septembre, m’a été remboursée il y a quelques jours. Après x coups de fils tant à la sécu qu’à la mutuelle (ah les mises en attente -payantes- sur les lignes surchargées des téléconseillers…), des renvois de documents égarés, des mails (au passage, presque plus efficaces qu’un coup de fil), des passages en agence CPAM, des courriers papier… Une histoire de fou.
Mon chirurgien a été obligé de refaire sa facture de soins 2 fois : première fois, parce qu’il était devenu professeur et que son code avait changé (pas fichus à la Sécu de faire eux-même la modif !), puis parce qu’il fallait qu’il rajoute l’annotation « remboursement exceptionnel ». On dirait un gag. Mais non.

Et au point qu’à force de réclamer, ils se sont emmêlés les pinceaux ! La sécu m’a payé 2 fois pour un acte, et refusé le deuxième (2 actes par intervention), soit-disant incompatible avec le premier (?). Je me suis battue pour qu’ils rétablissent l’erreur, sauf que je leur devais de l’argent du coup, alors qu’ils ne voulaient pas payer le deuxième acte. Ca m’a fait tout drôle de leur envoyer un chèque, alors qu’ils me doivent une coquette somme, les saligots. mais les lenteurs administratives… Et bien entendu, pendant tout ce temps, la mutuelle fait le canard, puisque la sécu n’en a pas terminé.  Et je vous passe les détails ubuesques concernant une pièce soit-disant manquante dans mon dossier, le bordereau de facturation S3404. Ce bordereau pourtant ne concerne que les cliniques, ha ha !

Bon, j’arrête, je sais que ce n’est pas passionnant. Et je ne vous parle pas de l’énergie dépensée (!) pour récupérer 4 ronds par ma  « complémentaire maintien de salaire » (car je suis passé un certain temps à mi-salaire étant donnés mes arrêts maladies à répétition).

Ce qui est sûr, c’est que les erreurs se sont multipliés dans mon cas, est-ce dû à l’acte, au hasard, à la malchance ?

Le fait est qu’il faut une sacrée bonne dose d’organisation et de vigilance pour affronter ces déboires administratifs, alors qu’on a juste l’énergie pour le quotidien.

A voir :Enquête de santé : ces très chères mutuelles (France 5, janvier 2015)

 

* Termes de mon contrat de mutuelle concernant la garantie HONORAIRES HOSPITALIERS :  500% de la BRSS moins la participation du régime obligatoire moins le contrat de base dans la limite des frais réels engagés. (C’est souvent 200 ou 250%…)
Charabia il y a 14 mois, clair maintenant… si si !

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Hache-tête

Parce que je devais bientôt avoir mon « rendez-vous des 6 mois » (oui, comme les futures mamans), je suis allée voir mon médecin généraliste. (j’en parlais déjà ici…) Il me fait  alors, à ma demande, une ordonnance pour un bilan sanguin. Non pas que cela intéresse l’hôpital qui me suit, ils ne savent même pas que j’en fais, mais je me dis que si on y trouvait un soucis, et bien, je pourrais leur en faire part. Je pense en particulier aux marqueur ca 15.3, qu’ils snobent, contrairement à mon généraliste.

Très attentif à mon cancer, mon généraliste. Ne lésinant sur aucun examen si je lui confie une douleur. Ne pas passer à côté est son obsession. Il faut dire que sa soeur est morte d’un cancer du sein. (Même tranche d’âge que moi, même nombre d’enfants). Et qu’il me le redit à chacune de mes visites. Je ne lui en veux pas, parce que j’y sens de la sympathie pour moi, même dans cette comparaison funèbre.
Et parce que j’ai vite compris que dans le cancer, il ne fallait pas comparer.

Lors de cette consultation, et parce que cela me trotte depuis quelques temps dans la tête, je lui demande s’il connait la technique du BRAVA (lien officiel ici). Une technique douce de reconstruction mammaire. Il en a entendu parler mais n’en sait pas plus. Mais du coup, il se met à reluquer ma cicatrice et s’exclame : « Ah mais c’est vrai qu’ils vous ont massacré là, franchement. C’est du hâche-tête, ça, ça faisait longtemps que je n’avais pas vu une telle cicatrice ! »

J’entends déjà les commentaires : il faut changer de médecin, c’est un gougnafier, etc… Mais oui mais moi il me convient ! Bon, je lui ai dit qu’il poussait un peu là, et que quiconque fragile sur le sujet, aurait très mal vécu ce qu’il venait de me dire. Et lui de me rétorquer, parce qu’il est comme ça, vraiment nature : « Oui, mais quand vous mettez votre prothèse externe, c’est impec, vous avez une belle silhouette. »
Non, il essayait même pas de se rattraper.

Bon, inutile de vous dire qu’arrivée à la maison, j’ai essayé de taper non pas hache-tête, mais quelque chose qui devait y ressembler : J’ai mis du temps mais j’y suis arrivée : Halsted !

William Stewart Halsted à 22 ans

Je pense qu’il s’est gouré, et que je n’ai pas subi une mastectomie radicale dite de Halsted. Il n’empêche qu’il m’a scotché de connaître ce jargon très spécifique, et qui fait partie de l’histoire ancienne… Je pense plutôt à une Halsted modifiée.

A lire la bio de cet homme-là sur wikipedia et en particulier, les anecdotes sur la mère et sa soeur, en plus de l’éloge que fait le lui Mencken.

Pour en revenir aux différents types de mastectomies, un lien ici en fait un résumé simple.

Bref, lorsque j’ai vu ma chirurgienne quelques jours plus tard, motus sur le massacre ! Mais j’ai quand-même pour la première fois, abordé le sujet de la reconstruction avec elle. Elle m’en avait parlé il y a environ 4 ans, et très brièvement, genre « sachez que vous pourrez vous faire reconstruire ».
Elle attendait en fait que cela vienne de moi, et pourquoi pas, je n’ai ainsi jamais senti de harcèlement comme certaines patientes le relatent. (sauf qu’au début, faute d’explications, je pensais que mes pourcentages de survie ne me le permettaient pas encore…!)
Elle m’a donc expliqué que la BRAVA n’était certainement pas pour moi mais que je pouvais prendre, – ce que j’ai fait -, rendez-vous avec docteur Ultra-Brite : ce monsieur exerce à Lyon en clinique mais va un jour par mois à l’hôpital pour des reconstructions… (sa B.A. en somme !)
V’là la Méli sur son google aussitôt rentrée à la maison, pour jeter un oeil au site qu’il avait forcément…
Pas déçue du voyage ! Ce toubib est beaucoup trop beau ! Une espèce d’acteur de cinéma avec photos : côté ville,  décontracté (jeans, chemise ouverte) et côté scène, calot et blouse bleue ciel.
Et je vous épargne les phrases philosophiques sur la chirurgie esthétique, car monsieur fait aussi et surtout la ride véloce… la pesante graisse… le menton triplé…le muscle avachi


Bon, j’ai un peu de mal, vraiment pas mon monde. (pas avec Gréco mais avec ce bellâtre !) Pour le coup, je préfère le genre Halsted, plus neutre.
Mais également très curieuse de le rencontrer, ne serait-ce que pour savoir pourquoi il donne une journée de son temps à l’hôpital ! (Ceci-dit, pas l’ombre de BRAVA sur son site, je risque donc d’être fort déçue…)

Dans tous les cas, j’aurai quelques infos sur mon cas précis, ce qu’il est possible ou non de faire, ce que je n’ai encore jamais eu finalement.

Et puis cela me permettra de faire un TP sur mon engagement du moment. Car je participe à une étude-action initiée conjointement par l’ Institut Curie et l’association Au sein de sa différence intitulée :

“Après une mastectomie :
comment améliorer l’information des patientes ?”

Télangiectasie

Impossible de me rappeler de ce mot.

Télangiectasie. Ah la vache le jargon !

Apparue quelques mois après la radiothérapie quelques centimètres au dessus de ma cicatrice, pas loin de 2 points de tatouage. Charmant tableau.

On appelle aussi cela la couperose, mais ça en jette tout-de-suite moins, vous ne trouvez pas ?

Je crois que ce n’est vraiment pas très courant, en fait. Enfin disons plutôt que je n’ai jamais vu de photo d’amazone qui en ait. C’est pourquoi je vous ai photographié ma télangiectasie. Oui, pour une fois, je fais dans l’illustration médicale repoussante mais pédagogique !

Ces vaisseaux moches, je les ai longtemps ignorés.

Dédaignés parce qu’ils ne faisaient que rajouter à la laideur de cette zone.

Ca ne changeait au fond pas grand chose.

Et puis depuis quelques temps, je mets un peu plus de décolletés. Rien d’affriolant, ça risque pas. Mais disons que je cache moins.

Alors du coup, forcément, ces vaisseaux ont fini par me contrarier, tout comme un des points de tatouage vraiment au milieu de mon buste.

Juste là, j’étais restée défaitiste, et puis je me suis dis que peut-être cela pouvait s’estomper par des techniques médicales.

Rendez-vous pris chez un dermatologue en ville. Parce qu’à l’hôpital, les dermatos ne prennent plus de nouveaux patients…

J’aurais préféré. J’ai eu beau appuyer ma demande auprès de la secrétaire, niet.

Bon, alors va pour un dermato en ville.

C’était hier.

J’ai tout-de-suite vu, à sa manière de me demander froidement ma carte vitale, que je risquais d’être déçue.

Après m’avoir ausculté, il m’a demandé quand j’allais me faire reconstruire.

Je lui ai dis que je ne l’envisageais pas.

(Ca m’a rappelé un kyné il y a longtemps…)

Il est resté interloqué, ne saisissant pas pourquoi je me focalisais sur cette télangiectasie, alors que je ne voulais pas me faire refaire mon sein.

Ca lui paraissait totalement illogique.

Quant aux points de tatouage, vraiment, ils étaient très discrets… Je comprends pas pourquoi ils vous dérangent, Madame.

En gros, j’étais une pinailleuse qui voyais l’arbre au lieu de la forêt. J’étais à côté de la plaque.

Ma demande était à ses yeux débile.

Bon, en plus, il m’a dit qu’il faudrait utiliser l’électrocoagulation, avec des taux de réussite moyennement satisfaisants, que ça risquait de revenir, qu’il faudrait sans doute le faire
plusieurs fois, ce qui a finit de m’achever.

Pourtant, j’avais lu pas mal d’infos sur le laser, moi. L’électrobidule était une méthode apparemment moins sensass’…

C’était qui ce ringard ???

Je suis sortie très en colère, parce que j’allais devoir repartir à zéro, me retrouver un nouveau dermato, que ça allait encore durer des mois, mais que non vraiment, je ne pourrais plus revoir
ce type.

Pour une fois que j’essayais de réinvestir positivement mon ground zero