Diep après 2 mois et demi

J’ai tellement refusé cette opération pendant des années, puis tellement réfléchi à sa possibilité, que je pense que le résultat ne peut que me plaire. Cela doit s’expliquer dans des cours de psychologie.
En même temps, mon vilain petit canard est beaucoup moins vilain, mais c’est aussi parce que je m’habitue. Au point que j’ose vous le montrer. Un peu. Diep 12 semaines
J’ai passé le plus dur en terme de douleur (15 jours hards où je suis restée scotchée à ma montre pour gérer la prise de mes painkillers), de possible échec, et je suis totalement remise des gênes post-opératoires.
Cette positive attitude méthode Couet m’a interdit de me regarder le nombril (enfin, c’est une expression). J’ai refusé de me sentir amoindrie. Au point sans doute de minimiser ce qui m’est arrivé. Ce sont les gens autour de moi qui font me rappeler que cette opération était vraiment lourde. Et mes cicatrices aussi. Elle a pourtant eu l’effet inverse pour moi : je me sens légère ! Délestée du fardeau du cancer.
Tout ça est biensûr imbriqué : le Diep m’a aidé, mais  certainement pas autant s’il avait eu lieu il y a 4 ans. Aucun regret de l’avoir fait si tardivement. Il me fallait tout ce temps.

Beaucoup de personnes autour de moi disent que je suis radieuse.

Il faut dire que j’ai pour le moment un parcours sans faute dans cette reconstruction. Aucune complication, peu de douleurs résiduelles après 2 mois 1/2.
Le commentaire-témoignage de Mariette ici me fait bien comprendre que parfois, rarement heureusement, l’opération tourne au drame.
Mais entre les 2, il peut y avoir tout un tas de petits ou gros désagréments.
Mes drains ont été enlevé à J+5, pour certaines, cela dure des semaines…
Certaines ne peuvent pas mettre un pantalon « normal » genre jeans pendant des mois, j’en portais la deuxième semaine.
Certaines ont eu des ouvertures de cicatrices, des écoulements glups, des débuts de nécrose, des infections, etc, moi, rien de tout ça.
La seule chose qui m’a vraiment ennuyé, c’est la mobilité de mon bras les premières semaines, côté diepé. Elles étaient très semblables en apparence à celles de la mastectomie, et j’ai cru un moment que ça prendrait autant de temps pour récupérer (2 ans !), mais après 2 mois, j’ai arrêté le kyné pour le remplacer par l’aspirateur. (Et oui, j’ai été exempte d’aspiro tout ce temps-là !)

Et puis biensûr le ventre : 25 cm de couture, ça ne laisse pas indemne. Je n’avais pas mal que en position repos. Alors je suis restée en position repos.

45 jours ont marqué un réel tournant : aspiro, mais aussi vélo -qui me manquait tant-, boulot,…
C’est toujours comme ça, les arrêts-maladies, dès qu’on commence à les vivre comme de vraies vacances, pfff, c’est la fin !
Je ne languis qu’une chose depuis ma reprise, c’est d’y retourner.

Pour mieux comprendre de quoi il s’agit sur la photo, le Diep expliqué à ma fille ici.

5 ans de bons et loyaux services

Je ne pensais pas revenir si vite à mon blog, mais l’évènement est trop croquignol !

A celles qui me demanderaient : « Ca fait quoi 5 ans de prothèse en silicone ? », je répondrai : « ça ! » Elle vient de se fissurer aujourd’hui-même, ça ne s’invente pas !
5 ans de bons et loyaux services.
Ce n’est pas comme ma prothèse dite adhérente (contact est le bon terme). Une vraie faux-jeton, celle-là ! Je l’offre à qui la veut (taille 5R). La sensation de m’arracher mon sein chaque soir m’était tout simplement insupportable. Ou bien alors elle décidait de ne pas coller, ce qui était pire. Remisée dans sa boîte !