Des livres, encore des livres mais pour les enfants

Hé oui, on aime bien parfois des livres pour nous aider à parler de la maladie avec nos chers petits chéris…

Seulement voilà, le sujet étant épineux, les vrais bons livres ne sont pas légion…

Nous ne trouverez pas ici une liste exaustive de tout ce qui se fait en littérature de jeunesse, mais enfin, un petit panel.

Mon préféré, le voici : ‘Ma maman est malade’ de Bénou, cartonné, éd. du Mouton Cerise, septembre 2007…

Il s’adresse aux touts-petits, disons 2 ans au moins.

C’est mon coup de coeur parce que justement, il ne dit pas trop.

La fraîcheur de l’illustration, l’idée de passer au noir et blanc pendant la maladie, de voir les fleurs qui se fanent, j’aime beaucoup. Ecrit par une ex-malade pour ses enfants à la base. Sans doute un peu cul-cul mais j’assume !

J’aime aussi beaucoup le livre offert par Any d’Avray en 2009 : ‘Manger salade jamais malade’ de Cécile Faÿsse qui est très beau esthétiquement. Mais ne me parle-t-il pas plus à moi adulte qu’aux enfants ? Voici un lien pour le lire ici.

A côté de ça, pour les plus grands, à partir de 5 ans peut-on lire à la Fnac, il y a le fameux ‘Alice au pays du Cancer’ de Martine Hennuy et Sophie Buyse, 2 psys de l’association belge « Cancer et Psychologie’, aux éditions Alice Jeunesse, 2006.

Un extrait page 8 : « Son papa la met en garde et affirme que tous les enfants qui sortent trop tôt du pays des Merveilles ne regardent plus les beautés du monde avec cette exquise sensation de bonheur et d’insouciance. En franchissant les portes du pays du Cancer, l’enchantement de l’enfance disparaît instantanément. Alice imagine ce pays horrible et cauchemardesque… »

Voyez le genre ! Lourdingue en diable ! Ouh lala, c’est bien joli, mais les bons sentiments ne suffisent pas à faire un bon livre pour la jeunesse. Ne faudrait-il pas laisser ça aux écrivains ?

Fort heureusement, les illustrations de Lisbeth Renardy sont très belles, et ça sauve un peu le bouquin.

Je préfère et de loin, ‘Maman a une maladie grave’ de Brigitte Labbé (elle écrit entre autres les ‘goûters philo‘), et Hélène Juvigny chez Milan, 2007. A lire aux enfants à partir de 6 ans.

L’aspect psy est beaucoup plus intéressant, mis en exergue dans le texte. Beaucoup plus digeste que dans ‘Alice’, moins ‘poétique’ certes, mais on peut y lire les réactions du jeune héros pendant les traitements de sa maman contre le cancer : honte, colère, déni, solitude, mais aussi  droit à l’insouciance, etc…

Je ne vous parlerai pas d’‘Anatole l’a dit’ qui est une cata franchement. A partir de 6 ans aussi je suppose.

Bon, allez, juste un peu alors : L’idée, c’est que vu que le cancer est un sujet difficile et triste pour les enfants, on va faire parler un chat rigolo pour faire passer la pilule. Le pire, c’est que mon gamin avait bien aimé, je crois.

Non, c’est du genre des plaquettes qu’on trouve dans la salle d’attente de l’orthodontiste, certainement pas de la littérature jeunesse.

En fait, ces livres, c’est nous qui leur fourguons dans les pattes, il faut bien le reconnaître. On veut les aider à passer ce cap, on se dit que ce sera un support pour en parler, on veut qu’ils ne se sentent pas seuls, incompris, et bla bla bla.

(Enfin, ces propos n’engage que moi, même si je dis ‘on’.)

En fait, avec le recul, je vois bien que c’était moi qui avait besoin d’être rassurée sur leur ‘équilibre psychologique’.

Je vous fais ici le lien avec une plaquette ‘j’ai un cancer : comment en parler à mon enfant ?’ , franchement, rien qu’à voir les photos, moi, je pars en courant !

Bon, allez, un dernier livre très sympa, pour les ados : ‘L’Ainé de mes soucis’  (formidable titre) de Carine Tardieu chez Actes-Sud junior, sorti en 2005. Toujours pareil, c’est un gamin qui vit le cancer de sa mère. Heu, tiens, au passage, et les pères, jamais ?

Le livre est accompagné d’un dvd. Un court-métrage de Carine Tardieu, que j’aime moins que le livre. Comment faire tenir la perruque de sa maman quand on habite Trouville, ville très ventée ? Le livre est plus riche.

Un extrait : «Au fond de moi demeurait une petite inquiétude. La perruque allait-elle résister ? Maman allait-elle s’en sortir ? Je commençais à comprendre que le vent et le cancer, c’était pareil. Fallait lutter, trouver une solution, un remède pour que ni l’un ni l’autre n’emporte quoi que ce soit avec lui. Chimio ou velcro même combat. Papa et moi étions en train de former une véritable équipe médicale d’urgence. Ensemble, nous avions pour mission de sauver maman, et nous étions bien décidés à ne pas faillir.»

Un peu autobiographique parce que la réalisatrice/auteur est passé par là enfant.

Bon, il ne me reste plus qu’à vous dire d’aller vite à la bibliothèque pour me donner votre avis et vos titres !

Cheveux, suite et fin

Ce coup-ci, je vous parle pour la dernière fois de mes cheveux ! Heu, enfin je touche du bois.

Je suis enfin retournée chez mon coiffeur.

Celui qui m’avait raccourci la veille de ma première chimio.
Celui qui me donna un catalogue et me conseilla une adresse de perruquier.
Celui qui me proposa de venir à la fermeture pour me raser le moment voulu. (voulu ???!) Mais non.
Celui qui retailla ma perruque 2 fois, n’osant pas l’abimer, en en sachant le coût, lui qui d’habitude n’a pas froid aux yeux…
Celui qui me fit une coupe avec ce qui avait un peu repoussé, à la veille de ma reprise, il y a plus d’un an.

Impossible d’aller chez un autre, après tout ça. Même s’il faut prendre une demi-journée de son temps, car môssieur est un artiste, et ne se presse pas !

Plus d’un an sans aller chez le coiffeur… Bien oui, j’avais une énorme envie de cheveux longs.
Les couper auraient été un sacrilège.

Et puis un matin, pffff, on se dit qu’ils sont trop longs, trop ceci, pas assez cela, ces cheveux, qu’ils mériteraient qu’on les taillade un peu.

Et on se dit que c’est bien ainsi.