Ne pas oublier Cléo

De tous les films sur le cancer, je ne voudrais pas oublier ‘Cléo de 5 à 7’ d’Agnès Varda (1962).

Je l’avais vu il y a des années, et pourtant grande admiratrice de la réalisatrice (mais plutôt de son oeuvre récente), j’avais moyennement apprécié… J’avais trouvé ce film lent, un peu superficiel, presque ennuyeux…

L’histoire : Une jeune femme frivole, chanteuse de son métier, vient de passer un examen médical. Elle doit patienter 2 heures avant d’avoir ses résultats, et savoir si elle est atteinte ou non d’un cancer. C’est donc comme une parenthèse où le temps se suspend, un moment d’impuissance où elle doit supporter l’insouciance des autres et sa peur. Elle se sent traverser le miroir, se met à voir les autres différemment… Un inconnu arrivera, à la fin de son errance dans Paris, à la sortir de son immense solitude.

Le revoir fût une toute autre expérience. Evidemment.

Parce que j’étais moi aussi, passé par cette étape, où le temps s’étire, où l’on se dit que peut-être, bientôt,… Plus tout-à-fait en bonne santé, pas vraiment encore malade…

Où l’on commence déjà à faire des deuils, malgré soi, et en même temps, on l’on se dit qu’il faut vite profiter avant,… sauf que c’est tout bonnement impossible.

Ce film est simplement magnifique. Bouleversant.

Quelques extraits : Ici, Cléo chante (frissons garantis, je vous préviens !) ‘Toutes portes ouvertes, en plein courant d’air…’, et , elle rencontre un inconnu…

Trouvé sur la toile une très belle analyse du film et de la métamorphose de Cléo ici. Et une interview d’Agnès Varda et Corinne Marchand (Cléo) datant de 1962

J’aime Agnès Varda, tellement simple, libre, généreuse, amoureuse, inventive… ‘Les Plages d’Agnès’ est extraordinaire et un condensé de tous les qualificatifs que je viens de donner.

Et avez-vous vu sa formidable série documentaire sur l’art contemporain sur Arte en décembre 2011 ?

Je suis donc heureuse d’avoir pu, enfin, apprécier ce film. Et oui, le bénéfice de l’expérience… !

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Une mutuelle, des moustiques et un champs de blé

Je voulais vous faire partager mes plaisirs culturels du moment. 2 livres et un disque.

Leur point commun, il sont vraiment tordants.

Le premier livre, très bref, se retrouve quasi intégralement sur le site de l’éditeur. Il s’agit de ‘Marketing, disent-ils : 18 analyses navrées de la publicité contemporaine’ par Josée Oeil-de-Boeuf aux éditions du Tigre.

Franchement, j’adore leur humour.

Je vous fais un lien direct avec la première analyse, une pub pour les services d’une mutuelle santé, bien croustillante si on y regarde de plus près !

Le deuxième bouquin est un peu dans la même veine, truffé de réclames publicitaires, de dictons et aphorismes truculants.

Humour souvent à ras-les-pâquerettes comme je l’aime, jeux de mots douteux à la pelle.

Appréciez déjà le titre : ‘Les Moustiques n’aiment pas les applaudissements’ d’Auguste Derrière, auteur fictif derrière lequel se cache un collectif roi du jeu de mots à 2 balles.

Un petit florilège pour vous :

 

Alors, ça vous fait sourire ?

J’ai aussi beaucoup celle-là :

C’est au pied du mur que l’on voit le mieux le mur.

Et puis une chanson, c’est le dernier titre du dernier disque de Philippe Katerine, mon chouchou.

Voici un lien pour l’écouter… et apprécier la parabole du champs de
blé…

Bling bling

 

J’ai un peu du mal avec tout ce rose qui déboule.

Je suis très dubitative.

Par exemple, quasi-personne à mon boulot ne me demande jamais comment je vais. Et bien mon tee-shirt n’y a rien changé. Qu’ils aient la trouille ou qu’ils s’en foutent, qu’est-ce-que ça change ?

C’est une bataille perdue d’avance.

Ca n’a suscité aucune discussion réelle.

Juste quelques rares questions du genre, tu l’as acheté où ?

Pas un mot de la part des mamans à la sortie de l’école, quedalle chez la nounou. Pourtant, je côtoie tous ces gens depuis des années.

2 sortes de personnes : celles qui te regardent droit dans les yeux et celles qui ne peuvent plus décrocher leur regard du tee-shirt.

Mais à par ça, nada.

La seule chose intéressante dans cette ‘expérience’ plutôt déprimante, c’est que ce n’est pas si facile pour moi d’arborer FUCK CANCER. Je n’y avais pas songé avant.

Mon chéri adore, c’est déjà ça.

Bon, allez, une note optimiste, je voulais vous faire partager une chanson toute belle, toute douce, toute simple.

Il s’agit du ‘Bal des cathéters‘ sur le dernier disque de Tom Poisson. Juste un petit extrait, dommage, pas trouvé en entier sur la toile, ni les paroles.

Alors je vous les note ici :

En miette, mais en vie

Ta guerre est finie

Cheveux bouclés

Quand il pleut

T’avais oublié

En deux coupée

Entière à moitié

Moitié d’une chance

Mais femme toute entière

Tout recommence…

Fini les blouses blanches

Fini le bal des cathéters

Aujourd’hui le temps est clair

Mets ta robe légère

En miette mais en vie

Ta place est ici

Tu ris du mauvais tour

De revoir

La vie au grand jour

Tom Poisson (2010)