Travailleuse handicapée

Cela peut paraître vraiment contradictoire de devenir une travailleuse handicapée au moment-même où j’ai la sensation d’avoir restauré mon intégrité corporelle !

La Maison départementale des personnes handicapées a décidé de m’accorder le bénéfice d’une Reconnaissance de Qualité de Travailleur Handicapé pour une durée de 5 ans. Une RQTH. (plus d’infos ici)

Quel handicap mon médecin a-t-il fait valoir pour moi ? Les séquelles liées à mon curage axillaire et au risque de lymphoedème. Mon emploi nécessite quotidiennement un port de charges, et mon poste a été relativement aménagé afin que je porte vraiment au minimum du poids, depuis 2008. La médecine du travail à ma reprise avait bien noté cela et transmis l’info à mon directeur, il n’empêche, cette reconnaissance « officielle » enfonce le clou.

Pourquoi maintenant ? Et bien tout simplement parce que j’ai fait ma demande très récemment. J’avais toujours repoussé ces démarches, non pas parce que je ne voulais pas du terme d’handicapé, au contraire, la discrimination positive est plutôt une bonne chose. Non, juste parce que je ne saisissais pas ce que cela m’apporterait vraiment de plus.

Et puis à plusieurs reprises, mon employeur, une collectivité territoriale, a encouragé les agents qui pourraient y prétendre, à en faire la demande auprès de la MDPH. Alors je l’ai fait.

Démarches archi simples. Les questionnaires à remplir prennent 15 minutes pour le demandeur, et 6 minutes pour son médecin traitant, grand maxi.

Et le délai de réponse est d’un mois et demi (dans mon département en tous cas). Dingue !

Mon employeur est un samaritain ? Non biensûr. Il a lancé cette campagne d’info parce qu’il ne répondait pas à l’obligation de réserver 6% de ses postes aux personnes en situation de handicap. Il devait donc verser chaque année au FIPHFP (Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique) une coquette somme. Plus d’infos ici.

Et cette campagne de com autour de la RQTH a tellement bien marché qu’en définitive, plein de gens ont fait leur demande, et les 6% sont largement dépassé !

Donc concrètement pour moi et mon service, qu’est-ce-que ça change, cette RQTH ?
La reconnaissance de mon handicap me permet une avancée énorme : mon temps partiel est maintenant de droit. je n’ai plus à le négocier chaque année. Cette situation de mendicité m’était vraiment pénible.
Ce qui est regrettable, c’est qu’en 2010, alors qu’on me demandait de reprendre mon travail à temps plein, je suis allée voir la médecine du travail, et que la toubib de l’époque ne m’a pas du tout parlé de cette possibilité de RQTH, qui m’aurait alors permis de continuer tranquillement mon temps partiel. Par manque d’info, c’est sûr, car j’ai bien vu qu’elle était ennuyée de ma situation. (billet ici)
Autre temps, autres moeurs.

Par contre, la loi n’oblige pas mon employeur à compenser ce temps partiel par une embauche. Nous sommes 2 dans mon service à avoir la RQTH. 2 à bénéficier d’un temps partiel de droit. A nous deux, ce sont 50% de temps plein non remplacés. Ce qui porte sur les collègues, qui doivent pallier à ce manque. Pas très confortable, ni pour elles, ni pour nous. Sans parler de cette obligation de toujours devoir demander aux autres quand je dois porter du poids. Ce qui fait que souvent, je ne demande pas et le fais (et le regrette illico !). Peut-être mon statut d’handicapée va changer la donne. Moins de culpabilité pour moi, plus de vigilance pour les autres.

Je n’ai jamais eu de lymphoedèmes importants. (billets sur le sujet ici) Le chirurgien qui effectue actuellement mon DIEP va même jusqu’à dire que ma reconstruction, non seulement ne risque pas de créer de soucis de ce côté-là, mais peut même améliorer une circulation lymphatique.
On peut même aller jusqu’à une transplantation de ganglions (greffe) au moment de la reconstruction. Cela se pratique lors du DIEP dans les cas de lymphoedème sévère. (infos ici)

Je ne conseille pas à mes lectrices de faire cette demande de RQTH. D’ailleurs j’espère n’avoir jamais donné aucun conseil sur ce blog, mais seulement un témoignage. Chacun doit voir son propre intérêt en fonction de son handicap, sa profession, sa reconversion, etc…
Sur un forum, Beegee69 résume cela très bien : avantages et inconvénients, c’est ici. Et pour les demandeurs d’emploi ici.

Personnellement, je ne suis pas sûre d’avoir vraiment intégré cette donnée de travailleuse handicapée, j’ai même parfois la sensation d’usurpation d’identité, lorsque je me compare à des personnes souffrants d’handicaps majeurs…
Pfff, que c’est compliqué !

Lire ici l’avis du Comité Ethique & Cancer « Maintien et retour dans l’emploi : des avantages et des inconvénients pour une personne atteinte de cancer de se voir reconnue comme travailleur handicapé ».

Pour info, le formulaire de demande RQTH, c’est ici.
Le certificat à faire remplir par le médecin traitant, c’est .

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Mieux vaut tard que jamais…

C’est mon dada du moment : les méchantes ondes !
Manger sain, c’est assez facile. On traque les étiquettes avec les méchants additifs, on achète plutôt bio, on cuisine équilibré, des aliments anticancers, les enfants mangent le moins possible à la cantine,…

Pour les ondes, c’est plus compliqué.
C’est très complexe à comprendre déjà. Je me suis penchée sur des livres (par exemple « Se protéger de la pollution électromagnétique » édité chez Rustica en 2011) et sur le web, mais ce n’est franchement pas à ma portée : nulle en physique. J’ai tout-de-même trouvé un site assez pédagogique ici.

Même si les mentalités évoluent pas mal ces derniers temps, beaucoup de gens préfèrent minimiser le danger potentiel des ondes sur la santé, en disant : « Bah, de toutes façons, on est mitraillé d’ondes, alors un peu plus un peu moins… »
Quelle piètre argument. Je sais bien que c’est parce qu’ils ne peuvent plus se passer de leur téléphones cellulaires ni de la wi-fi…
Ce qui n’est pas mon cas, et je vis très bien sans. Ce qui évidemment, m’aide à militer contre.
Donc je ne veux pas faire ma maligne, et reconnais ma chance de ne pas être addict.

Ceci-dit, ma fille a un portable. Inutile de vous dire que j’ai veillé à ce que ce soit le plus tard possible (anniv’ des 14 ans, c’est tôt, je sais), avec un DAS le plus faible possible (le vendeur ricanait quand j’en ai parlé…) et que ma fille connaisse par coeur les 10 recommandations de DSS. Oui, ça ne rigole pas chez Mélilotus 🙂
En fait, il s’avère qu’elle en connaissait la majorité par le biais du collège.

Et effectivement, elle suit les règles de bonne conduite assez naturellement.

Un sujet sur lequel je ne suis pas très fière par contre, c’est l’utilisation d’un babyphone pour chacun de mes enfants, à haute dose, souvent 24h/24 par négligence, pendant des années. Quand j’y repense. Quelle idiote. (pour plus d’info sur les dangers des babyphones, c’est ici.) Ce n’est pas mon habitude de culpabiliser, mais là…

Autre erreur, qui pour le coup, me met vraiment en colère, c’est la wi-fi. J’ai refusé la wi-fi à la maison, j’ai donc veillé lors de mon installation internet, à mettre du filaire. Moins pratique, mais c’est comme les portables, quand on n’a connu que ça, c’est tout-à-fait vivable !
Et rassurant.
Sauf que je n’avais pas creusé le sujet. C’est en discutant avec mon marchand d’ordi à côté de chez moi (un petit revendeur donc) que je me mets à lui parler de la wi-fi. Et là, il me dit : « Chez moi, pas de wi-fi non plus, c’est hors de question, j’ai des enfants en bas âge, et je m’en prends déjà toute la journée au boulot. Ceci-dit, je parie que vous l’avez chez vous sans le savoir… » En toute bonne fois, je lui dis que c’est impossible, car j’ai ‘tout bien fait’ en installant ma box orange. « Je vous parie que le voyant wi-fi est allumé, allez vérifier ! »

Glups.

En effet, c’était le cas. Le voyant ‘wi-fi’ était allumé. J’avais beau avoir paramétré ‘filaire’, je me recevais des ondes depuis des lustres. Et le transat de mon bébé toute la journée à 1 mètre de cette fichue box pendant des mois.
Grrrrrr.

Depuis, je n’arrête pas de faire du prosélytisme parce qu’il n’y a rien de pire que de constater qu’on fait mal en pensant faire bien. Comment désactiver sa wi-fi, c’est ici.
L’association ‘Robins des toits’ est une mine d’infos.
Une collègue de travail me disait hier qu’elle a 8 connexions wi-fi qui arrivent dans son appartement ! J’ai l’énorme chance qu’habiter une maison, et de n’avoir quasiment que des retraités dans mon quartier, pas geek apparemment. Ceci-dit, au pire, il existe des peintures anti-ondes, des rideaux, et on vient même d’inventer des tapisseries anti-ondes !
Mais vivre dans une cage de Faraday, ça fait vraiment froid dans le dos.

Il restait encore un point noir chez moi : mon téléphone sans fil DECT. Mais c’est fini. Ma dernière acquisition : un téléphone analogique sans fil…
Un objet qui fait partie du passé, plus commercialisé depuis le début de ce siècle, pas encore vintage, mais qui me comble. Je pensais en l’achetant, que ce serait un véritable retour en arrière. Qu’on entendrait mal, par exemple. Qu’il ne faudrait pas trop s’éloigner de la base, etc… Et bien pas du tout, nous en sommes tous étonnés à la maison. A bien chercher, je ne trouve qu’un tout petit inconvénient : on ne peut rentrer que 10 numéros en mémoire. Je n’en vois pas d’autres, donc c’est largement surmontable 🙂

Mon nouveau cheval de bataille : empêcher que mon lieu de travail passe en wi-fi… Ce n’est pas gagné, mais enfin, j’y crois, surtout depuis que mon directeur m’a dit que cela ne se ferait pas si le personnel s’y opposait… J’ai parlé de mes craintes à mon médecin du travail récemment, lors d’une visite obligatoire. Je n’ai pas trouvé une alliée : « Ouiiiiii, biensûr, le fameux ‘principe de précaution’, oh, vous savez…. ». Ca va, j’ai compris. Si même les toubibs soucieux de notre santé s’en fichent…

En même temps, j’ai appris que le Conseil Général de mon département a décidé de ne pas mettre des bornes wi-fi dans les collèges. Par mesure de précaution. Et je travaille moi-même dans un lieu public, donc j’espère arriver à me faire entendre. Et je ne suis pas seule. Si je pense que j’ai été longtemps l’écolo de service qui faisait un peu sourire, mon statut de cancéreuse (ou ex-cancéreuse, je ne sais pas trop) fait de moi une personne plus crédible au sein de mon équipe de travail.

Naïve la Méli ? Parce que je sais bien qu’on va irrémédiablement vers un monde toujours plus électromagnétique. Peut-être. Mais je me dis que c’est toujours ça de gagné. Et puis toi + moi

A propos de bornes, voici la pire horreur que j’ai pu lire sur la toile ici.

Working girl

Ainsi je retombe peu à peu dans la normalité, y compris dans ma vie professionnelle.

Récapitutalif des épisodes précédents :

J’ai repris mon travail à mi-temps thérapeutique, 5 mois après mon arrêt maternité. (C’est bien, j’ai donc fait faire des économies à la sécu, puisque je n’étais pas en maladie !)
J’ai été en thérapeutique 3 mois seulement, puis je suis passée à mi-temps de droit, parce que j’avais un enfant de moins de 3 ans. (Je précise qu’on n’a jamais complété mon temps partiel

thérapeutique, et encore moins ensuite. Et oui, il n’y a pas de loi pour cela. Quand j’y repense, je me dis que j’étais vraiment en situation de faiblesse pour accepter ça sans moufter.
Simplement scandaleux. Heureusement, une collègue m’a soulagé dans mon travail qui s’accumulait.)

Ensuite, passé cette période de 3 ans, on m’a expressément demandé de reprendre à temps plein.

Catastrophée, je suis allée voir de mon initiative, la médecine du travail. Cette personne m’a dit que son rôle auprès de l’employeur n’était qu’un rôle de conseil, et qu’elle n’était pas sûre du
tout de pouvoir faire valoir ma demande de rester à temps partiel.

Et pourtant si.

J’ai ainsi eu une rallonge de 6 mois.
Qui se termine.

Depuis, un nouveau directeur qui estime que ma fonction ne permet pas d’être à mi-temps. (Non, je ne suis pas ministre !)

Il m’a conseillé d’aller voir la médecine du travail si vraiment, je veux ce mi-temps.

J’ai refusé. Pour moi, c’est mendier.
Je ne sortirai pas ma ‘carte cancer’ cette fois-ci. (cf  la BD ‘Cancer in the city’)
J’ai réussi
à négocier pour redescendre de plein temps à 70%.
Mais j’aurai des tâches supplémentaires, puisque 20% de temps en plus…

Bref, cette nouvelle situation ne va pas me permettre comme j’aurai pu y trouver un avantage, de souffler un peu, mais au contraire, va me stresser encore plus.

Ainsi, je ne suis plus traitée à part (quoique), ce qui devrait être positif. Mais non.

La fatigue d’après cancer n’est pas l’unique raison pour laquelle je voulais  rester à mi-temps. C’était une évidence pour moi avant qu’il ne s’impose à ma table, le bougre. Je pouvais financièrement, j’avais 3 enfants, et en plus, j’allais avoir la satisfaction -vite balayée-, de créer une embauche à mi-temps pour quelqu’un.

Et oui, c’était un choix de vie, comme on dit.
Sauf que là, il n’est pas question de choix.

J’enrage.