Don’t put the blame on me*

Il est clair que dorénavant, je mettrai systématiquement des gants pour jardiner.

Actuellement, je dois protéger ma plaie donc j’en mets pour ménage et cuisine -enfin depuis que je n’ai plus mon énorme poupée-. Ils sont en caoutchouc doublé soie ma chère, si si ça existe en grande surface ! Et je déteste. Hormis le fait que mon bobo soit encore douloureux, c’est très désagréable des gants, je n’arrive même pas à attacher mon tablier de cuisine, c’est dire !

Une sacrée leçon en tous cas.

Le plus important est que mon bras n’ait pas gonflé, seulement ma main. Les chemins de lymphe sont très vite partis avec les antibiotiques, ouf.

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La sublime Gilda et les gants les plus glamour de l’histoire du cinéma

*Ne rejetez pas la faute sur moi

 

Une petite écharde de rien du tout

Le samedi, on bricole au jardin, on se prend une écharde dans le doigt, du côté opéré, mais elle est si petite, elle s’enlève si bien, que… je ne me désinfecte pas.

Ce sera la dernière fois.

Oui, oui, je savais les recommandations, c’est bon.

Le lundi, j’ai vu un médecin qui m’a prescrit un antibio.

Mais ça n’a pas suffit.

Le mercredi, il me revoit et m’envoit illico aux urgences.

Et le chirurgien qui s’exclame : « Vous attendiez un jour de plus et vous risquiez de perdre votre doigt. » Gloups.

Le doigt est purulent, la main gonflée, et des chemins rouges et douloureux (lymphe) longent mon bras.

39°c de fièvre.

Ha ben t’es belle ma Méli.

Une petite écharde de rien du tout.

Ainsi, 4 jours après cette maudite écharde de rien du tout, opération du doigt, début de lymphangite, je me dis qu’il faut arrêter de croire que je peux toujours passer entre les gouttes !

Hein, quoi Méli ? Tu n’es pas vaccinée contre le tétanos ? Ha ben chapeau !

Oui, oui, ne mets pas ça sur le dos du cancer, ok ?! Mais si, j’ai changé de toubib, et ma nouvelle ne s’en est pas préoccupée…

Bon, il semblerait que peu de gens soient finalement à jour de leur vaccin, à l’hosto, je n’ai eu droit à aucune remontrance, c’est déjà ça.

Alors voilà, maintenant, je serai bien sage.

Le conseil d’une infirmière : quand il y a écharde ou coupure, il faut non pas mettre un pchitt-pchitt ‘ne pique pas‘ quelconque, mais tremper
quelques minute le doigt dans une solution savonneuse ou de la bétadine. Puis mettre de l’alcool.

Voilà.

C’était mon conseil du jour.

Ma grosse trouille, c’était que mon bras gonfle. Niet.

Finalement, je suis un peu passée entre les gouttes.

J’attends cet après-midi, pour revoir le chirurgien et connaître le nom de ce méchant microbe.

Bulletin trisannuel

Ca y est, j’ai dépassé la barre des 3 ans de rémission.

Ca mérite bien un petit check up… voire un bulletin de notes, c’est l’époque !

Voici donc quelques matières médicales :

Prise en considération de mes symptômes : 20/20

Le jeune médecin remplaçant que j’ai vu le jour-même, m’a immédiatement trouvé par téléphone un RV pour une écho dans les 2 jours, tout en trouvant les mots pour apaisant mes craintes.

Rapidité de la prise en charge : 20/20

1 semaine entre ce jour-là et l’annonce du résultat de biopsie. Qui dit mieux ?

Annonce du cancer :

ne me prononce pas.
Ni bien, ni mal, au contraire. Ni 0, ni 10, ni 20.

Accouchement : 20/20

Une lettre à la poste, magnifique. Une parenthèse enchantée

Maternité : 08/20

Maternité de nouvelle génération (ouverte 5 jours plus tôt) où chaque maman a sa chambre, sa table à langer, sa baignoire. Plus de salle commune si conviviale qui permettait d’échanger avec d’autres mamans. Chacun dans son coin. Je n’ai jamais vu un seul autre bébé en 10 jours ! Sans parler du surcroît de boulot des puérs débordées par ce système, ne pouvant du coup pas gérer plusieurs bains, changes, etc… en même temps…

Opération : 12/20

Avec de la morphine les premiers jours, ça va.
Pas vu l’aspect Frankenstein du début, je me suis abstenue un mois !

Pose du cathéter : 18/20

Je dormais quand ça s’est passé ! Mais ça tiraille au début, j’avoue.
J’ai pu me refaire mon chignon le 3e jour. Laborieusement. Mais ça ne venait pas que du cathéter !

Suites opératoires : 19/20

Rien à signaler, aucune complication ou mauvaise surprise, si ce n’est de voir qu’au niveau de la cicatrice, c’est du creux et pas du plat.

Chimios : 12/20

Jamais une seule véritable nausée. Pas de perte d’appétit (il m’en faut plus apparemment !).
Tolérance moyenne et obligation de baisser les doses de 20% assez vite. D’où la note de 12.
Hospitalisée une nuit pour cause de forte fièvre.
Seules les journées passées à l’hosto étaient horribles psychologiquement.

Perte des cheveux : 15/20

Oui, bizarrement, c’est une bonne note. Parce que j’ai assez anticipé pour aller acheter une perruque qui me convenait parfaitement, parce que j’ai appliqué une sorte de déni en ne regardant jamais mon crâne. Parce que pour moi, même si c’était traumatisant, ce n’était rien à côté de mon angoisse du cancer. Cela passait au second plan. Oh et puis j’avais des superbes turbans 😉

Effets secondaires : 14/20

Oui, c’est vrai, j’en ai eu plein, genre psoriasis, douleurs liées à mon bras,…
Mais le pire était surtout la difficulté à gérer la moindre douleur naissante comme n’étant pas une métastase. Il faut vraiment du temps pour que ça se calme.

Lymphoedème : 15/20

Juste un véritable, une fois. Sinon, biensûr que ça demande d’y faire gaffe
Ma chirurgienne m’a dit que depuis quelques années, les opérations sont beaucoup mieux faites, et les gros bras définitifs deviennent rares.

Radiothérapie : 17/20

Pour moi, ce n’était pas trop lourd à gérer, 1/2 heure de voiture pour y aller. J’en profitais souvent pour aller faire une course (grande ville). Par contre, la salle d’attente, ça, c’était pas cool…

Un peu brûlée sur 4 cm² et seulement 10 jours après ma dernière séance. Soignée en 2 jours avec la cortisone.
Par contre, relations avec le radiothérapeute : zéro !

Fatigue : 12/20   09/20   13/20

Difficile de mettre une note générale. Pendant tous les traitements, j’avais la chance d’avoir mon compagnon à la maison, car il s’était arrêté de travaillé. Mais l’insomnie + les réveils nocturnes de bébé…
Disons que c’est après que la fatigue a été le plus difficile à gérer.
Encore maintenant, ce n’est pas ça…

Reprise du travail : 14/20

Que signifierait 20/20 ?

J’ai repris mon travail à mi-temps, j’ai reçu une écoute de la part de mon employeur, mon poste a été aménagé, et en aucun cas, mise au placard comme Isabelle de Lyon.

Les collègues quasi-unanimement ont décidé d’ignorer la parenthèse cancer et n’en parlent jamais.
Les difficultés que j’ai à pouvoir conserver ce mi-temps si primordial pour mon équilibre, ne me permettent pas de mettre plus que 14.

Insomnies : 12/20

C’est mieux qu’à une époque, mais je prends systématiquement de la poudre de perlimpinpin le soir, et régulièrement du + chimique quand ça ne marche pas.

Surveillance alternée : 15/20

J’ai longtemps eu 3 interlocuteurs sur l’hôpital : la chirurgienne-gynéco, l’oncologue et le radiothérapeute. Depuis peu, je ne garde que les 2 premiers, en accord… avec les 2 premiers ! Ce qui fait maintenant un RV gynéco par an, impec’, et un RV onco par an : un peu moins impec’.

Je me rends bien compte que ces notes ont quelque chose de ridicule, parce que ça voudrait dire quoi 20/20 en chimio, ou en opération ???
Disons que j’avais envie de voir tout cela comme quelque chose de terminé, que je pouvais apprécier, juger. Biensûr, le recul biaise forcément ce jugement.Et heureusement, non ?
Après tout, je trouve que je m’en tire plutôt bien.

Ah, j’allais oublier une matière :

Traumatisme : 20/20

Lui, il ne baisse pas vraiment avec les années.

Le cancer remplit encore pas mal mes pensées. Quand je vois au JT de France2, la semaine dernière, Marie-Laure Augry voulant apporter un message d’espoir -semaine nationale de lutte contre le cancer-, qui dit : « Un cancer bien soigné, c’est vite oublié »… Je reste très dubitative…

Qui pense-t-elle aider en disant cela ? Les femmes qui sont en plein dedans, celles qui rament après un cancer, ou l’entourage ?…