Mon petit garçon

Il a un peu plus de neuf ans.

L’âge de mon cancer puisqu’il était dans mon ventre lorsque j’ai appris ma maladie.
J’ai longtemps eu peur des conséquences psychologiques pour sa vie future. J’en parle ici.

Et puis le temps a passé, il a grandi, mon cancer s’est éloigné, je me suis sentie guérie, et j’ai un peu oublié tout ça.Exposition inuit musée dauphinois Grenoble Gaspard

Depuis ma récidive, même si je sais bien que chacun de mes trois enfants morfle, le petit dernier s’exprime beaucoup plus. Les autres laissent traîner leurs oreilles, lui interroge.

Il entend de ma part des paroles rassurantes : ne t’inquiète pas, je vais guérir, c’est pas grave, ça a été pris à temps, on m’enlève tout, après ça ne pourra plus revenir. La chimio est un poison mortel pour les cellules cancéreuses, après, il n’y a plus rien, etc…

Mais dans le même temps, il a entendu, surtout au début, les gens autour de moi, de lui, parler avec gravité, ou s’adresser à lui de façon douceureuse. Il a vu les mines contrites, les regards fuyants, les chuchotements, …

Les questions ont fusé, directes, et redondantes, comme si les réponses devaient être toujours confirmées, précisées.

– Est-ce-qu’on meurt du cancer ?
– Oui, mais quand on est très vieux, ou faible, ou si on s’est rend compte trop tard, alors là, oui, la maladie peut être plus forte, mais sinon, non.

– Y-a-t-il une maladie plus grave que le cancer ?
(là, faut réagir vite) Oui ! La sclérose en plaque ou la maladie des os de verre (c’est ce qui m’est venu !).

– Tu va avoir combien d’opérations encore ?dscn9087-2
– 3 ou 4, mais t’inquiète pas, je suis une dure à cuire, et après, je serai débarrassée pour toujours.

– Quand est-ce-que tu seras guérie ?
– A Noël. (il est allé l’écrire dans l’agenda immédiatement)
– Alors on ira manger au ‘Panda de Chine’ pour fêter ça (son restaurant préféré).

Le fait que ce soit une récidive est à la fois terrorisant (ça peut revenir) et rassurant (je m’en suis déjà sortie).
Et sans avoir le tamis de sa pensée de petit garçon, je veux aussi y croire.

2 réflexions sur “Mon petit garçon

  1. lamocheteuse dit :

    Oui ! On y croit ! On va guérir ! Même si c’est long, même si c’est peut-être. Même s’il faut vivre avec. Tant qu’on vit, on croit à la vie.
    Oui, les enfants sont plus intelligents qu’on ne le croit. Plus intuitif aussi.

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