Tumorectomie vs mastectomie

Voilà, c’est décidé, j’ai demandé une MRI : mastectomie avec reconstruction immédiate.

En juin dernier, ma tumorectomie a permis de retirer une tumeur d’environ 1 cm dans mon sein gauche, l’ancien sein sain. La chirurgienne aurait bien opté pour une mastectomie totale étant donné mes antécédents, mais j’ai demandé une conservation du sein, en attendant les résultats génétiques.
Demande validée en RCP (réunion de concertation pluridisciplinaire). Le protocole serait le suivant : tumorectomie, chimio, rayons.
Ou si les résultats génétiques montraient une mutation BRCA1 ou 2, à l’issue des chimios, mastectomie et reconstruction immédiate. Sans radiothérapie.

J’ai donc eu une tumorectomie, une victoire pour moi à l’époque. En effet, à peine un an après la fin de mon DIEP côté droit, et son cortège des complications (7 opérations en tout), autant vous dire que reperdre un sein, même s’il était reconstruit dans la foulée, m’était juste impensable. Bien sûr que si la RCP n’avait pas jugé que l’option acceptable, j’aurai obtempéré.
Ma chirurgienne a donc enlevé la tumeur et largement autour, au cas où. En tout, un morceau de plus de 6 cm de diamètre. Mon sein n’a pourtant pas été trop cabossé, et ressemble maintenant plus au profil de l’autre diepé, moins rebondi. La cicatrice est assez mal placée, vers le décolleté, mais ce sein gardait des stigmates de la symétrisation, donc ça m’est égal.

Et puis, et puis…marelle
Lorsque les résultats d’anapath sont tombés, j’ai commencé à me poser des questions. Autour de ma tumeur, de multiples foyers de carcinome intracanalaire (in situ), avec des berges saines de 1 millimètre, autrement dit rien. J’ai peu à peu eu la sensation que je portais une bombe à retardement.
Cette possibilité initiale de mastectomie qui me paraissait vertigineuse, impensable, devenait peu à peu moins effrayante. Cet été, j’ai pu observer chez moi un cheminement que je n’aurai jamais imaginé, et aussi rapidement. Il m’aura fallu moins de 2 mois pour reconsidérer totalement ma décision. Je demandais alors à l’oncologue remplaçante, ce qu’elle en pensait : et si finalement, et sans faire peser dans la balance une éventuelle prédisposition génétique, j’optais pour une mastectomie ? Elle me dit que c’était le bon choix. La semaine suivante, je demandais à mon oncologue. Elle me répondit la même chose.
Ces deux réponses comme un détonateur : retirez mon sein, qu’on n’en parle plus. Il m’a bien-sûr été expliqué que cela ne réduirait pas à néant mes chances de récidives. Mais diminuerait le risque, c’était certain.

Alors voilà, à la place de la radiothérapie, une MRI.

L’espace d’un été, j’ai cheminé. Je ne sais pas encore si je suis porteuse d’une mutation, et cela ne changera rien à ma décision. Juste j’aimerai tellement ne pas infliger cette malédiction sur ma fille.
Je sais que j’agis sous la peur, et que peut-être, les chimios et la radiothérapie auraient éradiqués les cellules qui restaient.
Mais je suis déjà hors statistiques pour pas mal de mes cancéro-mésaventures. Donc je ne fais plus dans la dentelle. On tranche !

3 réflexions sur “Tumorectomie vs mastectomie

  1. Isasuisse dit :

    Waouhhhh, j’ai d’abord envie de te dire :

    que j’admire le long chemin que tu as fait et ta vision des choses

    que je pense la même chose, tu as raison à 100%.
    Après cette réaction spontanée et émotionnelle, j’ai envie de te dire aussi :

    que je pense souvent à toi, à ce que tu affrontes, à comment tu le gère

    que, passant par des étapes similaires
    ( gros cancer à 39 ans, récidive l’automne dernier, ablation -reconstruction que j’ai choisie, plantage et 3 opérations plus tard le plat pays et un décolleté étrange et creusé que j’assume finalement pour ne pas devoir m’habiller mémère;-), je réfléchis aussi parfois à une mastectomie de prudence.
    J’ai une mutation génétique non interprétable ds l’état actuel des connaissances de la médecine, plus rassurant que celles connues? Je ne sais pas. Comme á toi, Damoklès me tient compagnie, le va-t’en guerre avec sa bête épée et son instinct de killer.

    Merci de cer article, merci de continuer à écrire….avec toi on se sent moins seules😊
    Take care, ma belle

    Aimé par 1 personne

    • Mélilotus dit :

      MSLD, comme toi Isabelle. Pour ceux qui ne connaissent pas : ça signifie Muscle Sparing Latissimus Dorsi, LDPM en français : Lambeau Dorsal à Prélèvement Minimal. « Cette technique représente l’évolution logique de la technique de reconstruction mammaire par la technique du grand dorsal. Cette version minimale du grand dorsal emporte une petite bande musculaire d’environ 3 cm. » selon mon professeur.

      Aimé par 1 personne

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