Mon vilain petit canard

C’est ainsi que j’ai baptisé ce nouveau et provisoire sein, lorsque je l’ai découvert*.

Il s’agit d’une autogreffe, il ne fallait canetondonc surtout pas que je le « rejette », ce petit canard tout juste sorti de l’oeuf. Telle la maman cane d’Andersen, je l’ai donc pris comme il était, tout vilain, peuchère.
Le résultat de cette première intervention diffère sacrément de ce que j’ai pu voir jusqu’à présent. Mon chirurgien est un innovateur ! Il estime, à juste titre, que la peau du ventre n’étant pas de la même couleur que celle du sein, il est plus esthétique d’enfouir cette partie visible, lors de la phase 2 du DIEP. Il fera ainsi une seule ligne de cicatrice à l’endroit-même de la mastectomie. Mais en attendant, le résultat est plutôt médiocre, pas fignolé car provisoire.

A mes chirurgiens (et oui, j’en ai eu 4 mazette ! : un ponte, 2 assistants et un interne), je les charriais lorsqu’ils disaient « c’est bien beau », mais bien contente tout-de-même qu’aucun signe inquiétant n’apparaisse.

Il a beau être vilain, il a fallut le couver comme le lait sur le feu. Durant 5 jours, j’ai été au « lit strict ». Ceci-dit, dans l’état où j’étais, je ne demandais rien d’autre.

Pendant 3 jours, nuit et jour, on est venu toutes les 2 heures me faire un doppler de cette palette cutanée de surveillance, afin de vérifier sa vascularité.  Puis les 2 jours suivants, toutes les quatre heures.
J’ai pu donc me lever à J+5, et rentrer chez moi le 7e. (J’ai demandé une petite rallonge de 24 heures, car je me sentais trop faible.)

Lors de la surveillance de ces 5 premiers jours cruciaux, l’équipe médicale utilise un doppler de poche, comme celui-ci. Positionné sur le lambeau, il émet un son qui fait immanquablement penser aux examens de grossesse, quand on écoute le coeur du bébé. Cette même petite angoisse avant que le battement ne se fasse entendre, ce même soulagement lorsqu’il est enfin repéré… J’avais déjà écris ici la similitude d’une reconstruction avec une naissance.
Il faut également être attentif à la chaleur et la couleur de cette palette
C’est principalement une thrombose pouvant conduire à la nécrose du lambeau qui est recherchée.

Je ne suis pas de nature anxieuse, et je n’avais jamais imaginé, naïve, un échec (4 % des diep).
Mais un soir, une infirmière plus zélée que les autres, me dit une petite phrase que je n’ai pas manqué de ruminer toute la nuit : « Restez bien à jeun après minuit, au cas où on doive vous amener au bloc… » Moi : « Ha bon, dans la nuit ?… », elle : « biensûr ! »
Les autres infirmières disaient juste de ne pas manger après minuit. Hum, parfois, il vaut mieux rester évasif !

Tout danger de rejet est écarté au bout de 15 jours. Et c’était aujourd’hui ! Je peux donc reprendre une consommation de thé (yeah !), de café, et de jus d’orange, aliments interdits durant cette période délicate, car pouvant altérer la régularité de la tension artérielle, enfin un truc comme ça… (J’ai vu qu’aux US, certains docteurs interdisent également le chocolat).

Bref, c’est la quille !

*Petit détail : pas de miroir de poche à l’hôpital alors pas facile de se faire une idée. J’ai donc péniblement pris en photo mon sein dieppé pour le découvrir de face, dans la petite lucarne de mon Nikon !

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