La balle est dans mon camp

Ca y est. J’ai le droit de me le faire enlever.

3 ans après ma dernière chimio.

Bah, je n’osais aborder le sujet avec mon oncologue, vu ce qu’elle m’avait déjà dit il y a un an.

Et puis si, finalement, juste avant de se dire ‘au revoir’, comme ça, comme si de rien, « au fait, le port-a-cath, on le garde encore…?… »

A vrai-dire, ce petit boîtier n’est qu’un symbole pour moi. Tant qu’elle ne voulait pas l’enlever, c’est qu’il y avait plus de chance que cela re-serve que cela ne re-serve pas.

Elle a accepté, quoique légèrement contrariée : « vous connaissez mon point de vue. Bon alors d’accord. Mais il faudra en remettre un si vous rechutez. »

Lapalisse. Merci pour l’info !

Et elle a ajouté : « Il y a maintenant plus de chance que vous ne rechutiez pas, alors c’est ok. »

Ha que ça fait du bien !

Les oncologues sont tellement avares de grandes phrases optimistes (à l’inverse du reste du monde qui nous voit guéri depuis des lustres) que je m’en suis très largement contentée.

En réalité, ce port-a-cath, je m’en fiche royalement.

Il ne m’a jamais embêté dans le sens de gêné. Il ne se voit quasi-pas, car il n’est pas saillant. La cicatrice est assez moche mais de toutes façons, finis les petits tops à fines bretelles, alors peu m’importe. Même si j’en mettais d’ailleurs.

Du coup, je ne vais pas me presser pour me le faire enlever !

L’important pour moi, ce n’est pas de l’enlever.

C’est par contre qu’il ne soit plus nécessaire de le garder.

Et puis souvenez-vous, je suis une vraie chochotte. Repasser par une opération, bof-bof.

Un extrait du livre ‘Usage de la photographie d’Annie Ernaux, page 150 :

« On m’a enlevé le cathéter en avril dernier. Je l’ai porté en moi un an et demi, de venu à la longue une espèce de bijou incrusté sous la peau près de l’épaule. J’ai dit au médecin de me le donner, que je voulais le garder. C’était la première fois qu’on lui faisait une telle requête, il a ri : « En souvenir ? » J’ai conservé aussi la perruque. En la voyant dernièrement au fond d’une commode, j’ai pensé que je n’aurai peut-être plus jamais l’occasion de sentir aussi fort et dans le même moment, que je suis mortelle et que je suis vivante. »

Pour finir, une petite devinette : cette poitrine appartient-elle à une femme opérée ? (Mâ non, c’est pas moi !!!!!!)

9 réflexions sur “La balle est dans mon camp

  1. yelena dit :

    Je dirais « oui » aussi.

    La balle est dans ton camp, comme tu dis.

    Pour Annie Ernaux, je l’ignorais, je l’ai rencontrée un jour.

    Pour ma part, il me gêne, saillant, mais c’est le fil en-dessous qui est tendu, enfin, le fil, c’est un tube en plastique. Et le souvenir de la pose est cuisant, donc, je le garde. de toute
    manière, on ne m’a pas donné comme à toi, la permission de l’enlever. alors, je le GARDE.

    Mais pour le mental, c’est bon d’entendre ce qu’elle t’a dit. Bizz

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  2. isasuisse dit :

    salut mélilotus! je reviens de vacances et je reviens sur ton blog!

    Enlever le port-à-cath, je trouve que c’est une bonne idée, ce n’est pas grand chose à faire et c’est très symbolique selon moi… je l’ai enlevé au bout d’un an car j’ai eu une thrombose de
    ce côté-là, donc la décision s’est prise tte seule … j’aurais dû normalement le garder plus longtemps car mauvais pronostic.

    Chez moi il saillait à l’époque car j’étais bien maigrelette … ça a changé;-))

    Bon courage pour ta décision en tout cas.

    J’ai assez bien aimé le livre d’Annie Ernaux; sinon, en février à Paris, j’ai cherché le manga sensen dont tu parlais, mais pas trouvé, j’ai acheté le Dr Kôto, mais c’est moins convaincant.
    Je vais retenter en mars à la fnac!!

    Je lis le livre de Guy Corneau, Revivre, qui me plaît, d’autres pistes de réflexion pour moi. Tu en as parlé, je crois.

     

    Pour la femme à la jolie poitrine, je dirais oui aussi.

    Bises suisses à notre Méli

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  3. IsabelleDeLyon dit :

    Merci Mélilotus d’avoir pensé à moi, c’est un peu mon cordon ombilical, il me relie à la vie mais c’est sur que je préfèrerais sans.

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  4. Laure dit :

    C’est vrai que le port-à-cath nous relie à vie…. La guérison, s’il en est avec cette fichue maladie, est douce de ces tendres étapes… rires ! Retrait du port-à-cath et nouvelle poitrine

    Aujourd’hui c’est votre tour… Alors profitez et MERCI de partager cela avec nous… cela nous rappelle qu’un jour ça s’arrête  

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  5. isasuisse dit :

    Merci, Méli, je vais voir sur amazone car là je suis déjà rentrée en Suisse. Pour Guy Corneau, pas mal du tout mais davantage pour celles qui sont en traitement peut-être.

    Pas vu Le bruit des glaçons, faut que je surveille la programmation sur Zurich dans les cinés de cinéphiles!

    Bonne semaine à toi et à tes lectrices.

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