Le cancer publicitaire

Je déteste la pub.

Vraiment.

Il est pour moi impossible de trouver une pub sympa, esthétique, rien. Je suis immédiatement crispée.

D’ailleurs, si les enfants regardent la télé et qu’il y a les pubs, ils doivent éteindre, ou arrêter le son sinon je deviens Hulk. (Si, si, c’est possible !)

Je vous avais parlé d’un livre bien sympathique il y a quelques temps, à la fois ironique et sympathique.

Là, je viens de finir ‘De la misère humaine en milieu publicitaire’ aux éditions de la découverte, et je voulais en parler alors je suis allée chercher des infos sur la toile. Et paf, qu’est-ce-que je lis ? Que ce livre a obtenu le Prix Pamphlet. A la bonne heure !

Très très intéressant, très clair, mais glaçant.

Il n’est pas question pour eux, les auteurs, sociologues, psychologues, médecins, philosophes, historiens, de contester les dérives de la publicité, mais la publicité elle-même.

Chapitre très intéressant sur la récupération moralisante des publicitaires. Et oui, ils nous font croire qu’ils ont une éthique. Alors qu’il est en réalité question de ne pas trop choquer afin de VENDRE.

Il y a même un chapitre intitulé ‘le cancer publicitaire’.

J’aurai vraiment aimé avoir leur avis sur les publicités de fundraising biensûr.

Et oui, car parmi les 3000 pubs qui nous assiègent chaque jour (chiffre issu de ce livre, impressionnant, j’ose espérer que c’est exagéré ou que ça ne touche que ceux qui feuillètent Elle dans le métro !) quelques une concernent les ‘grandes’ causes.

Mais pourquoi je vous parle de ça aujourd’hui ?

Et bien c’est tout simple. J’ai reçu ce matin un coup de fil du Centre Lyon Bérard. Enfin, disons plutôt d’une femme, sans doute jeune, habitant sur un autre continent (Tunisie ? Sénégal ?), et qui bosse pour un Call-center. Elle disait s’appeler Laurence Garnier ou Isabelle Leblanc, mais son petit accent me faisait pencher pour Fatou ou Samia.

Si je déteste les pubs papier ou télé, que dire de la pub par téléphone ?…

Le tiers-monde qui rentre chez toi. Des gens qui bossent comme des malades à réciter un topo mille fois par jour, dans des conditions de travail de dingues.

Alors biensûr qu’en sachant tout ça, mes téléopératrices, j’ai bien du mal à les envoyer balader. C’est pourtant ce que je fais, toujours très vite parce que j’ai les boules pour elles, et parce qu’elles perdent leur temps.

A Lyon Bérard, ils cherchent des sous. Et donc font du racolage téléphonique.

Ainsi, cette terrible technique ne concerne plus que les entreprises de cheminées, d’isolation thermique et de téléphonie ?

En fait, je le savais car très récemment, Greenpeace a qui je donne depuis longtemps, me rappelait à son bon souvenir par téléphone. Là, pas de Fatou, mais une jeune française selon toute vraisemblance. Alors j’ai pu lui dire tout ce que je pensais de cette démarche nauséabonde.

Ainsi, pour la bonne cause, on serait prêt à ça ?

Je n’ai rien dis à Fatou biensûr. Je lui ai seulement dit que je donnais pour la cause du cancer ailleurs. C’était plus simple. Elle était bien contente mais m’en a quand-même rajouté une petite couche avant de dire au revoir.

Aux risques de vous choquer, je ne donne rien ailleurs pour le cancer.

Je garde un très mauvais souvenir d’un don que j’avais fait il y  a quelques années, pour une ONG (pas Greenpeace car il semble qu’ils ne donnent pas leur fichier). J’avais reçu très vite des tonnes de pubs dans ma boîte venant de plein d’ONG différentes, le summum revenant à une enveloppe contenant une paire de béquilles miniatures.

Culpabiliser pour recruter les donateurs, à vomir.

Le jour où on pourra filer des sous sans être tracé, je reverrai mon jugement. Un chèque anonyme, pourquoi pas ?

2 réflexions sur “Le cancer publicitaire

  1. IsabelleDeLyon dit :

    La pub, difficile de s’en préserver. Ici à Lyon, le vélo gratuit est offert par Decaux, en échange il a obtenu 50% de plus de surface d’affichage de pubs. On en a partout, en plein milieu des
    trottoirs et à chaque feu rouge dans les deux sens, histoire qu’on ne s’ennuie pas en attendant le vert.

    Juste une petite précision qui n’a rien à voir avec ton article, mais le CLB c’est l’abréviation de Centre Léon Bérard. Depuis le temps que je le fréquente, hélas, je ne peux plus me
    tromper…

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