‘Le Corps amazone’

Ce très beau documentaire d’Anja Unger était passé à minuit à la télévision ce mois d’octobre, et je l’avais raté.

C’est par Cathie (que l’on voit dans le film) que j’ai eu le dvd.

J’ai vraiment beaucoup aimé ce film.

A commencer par ce photographe, Art Myers.

Un sacré bonhomme.

Il a été accompagnant (sa femme et sa soeur dans le passé ont eu un cancer du sein) d’où ce regard si bienveillant pour ces modèles.

Je retiens une scène dans le musée du Louvres, où il photographie une statue de nue un peu cassée par endroits : « Elle n’est pas moins belle parce qu’il manque un bout de sein. On ne va pas la dissimuler comme on le fait pour les humains. La beauté est toujours là… »

C’est une évidence en matière d’oeuvre d’art, et seulement en matière d’oeuvre d’art…

C’est pour ce regard-là qu’Annick Parent a fait appel à lui, ainsi qu’à d’autres artistes pour son projet ‘les Amazones s’exposent’.

Pour que des femmes, celles qui vont se faire opérer et à qui on ne montre que des photos chirurgicales (est-ce réellement le cas d’ailleurs ?) et celles qui sortent de l’opération, puissent voir, entrevoir cet après.

« …le plus beau qu’on peut avec cette chose… » dit l’une des modèles au début du film.

Le film montre l’élaboration de l’exposition, les séances photo, mais c’est seulement un fil conducteur.

Ce sont surtout des portraits de femmes amazones, dans tous les sens du terme, d’Anja Unger nous propose.

Cathie que je découvre en plein combat, si forte, si fragile.

Et son fils, si touchant.

Ce film, c’est la parole donnée aux femmes, aux enfants, aux maris.

Sacré moment lorsqu’un mari dit qu’il a dû admettre que ce n’était pas qu’un problème de santé, qu’il lui a fallu bien 3 mois pour accepter ce sein en moins, et sa femme derechef :
« non, 3 ans ».

Et le moment où toute la famille se fait photographier, la mère amazone au milieu de ses 3 enfants devenu grands. Quelle photo, si belle, même si cela peut paraître un peu incongru de se faire prendre le chemisier ouvert, comme ça, sur son canapé au milieu de sa famille. Là, dans le contexte, c’est juste beau. Quelle victoire dans le regard de cette femme.

Et Dora (à droite), photographiée par Art Myers, âgée de 85 ans, dont 50 avec une cicatrice : “Il faut que cela sorte du placard.”

Annick Parent veut montrer par cette expo un après possible, apaisé, au risque biensûr que certains y voient du déni, comme on le voit dans un dialogue avec d’autres artistes.

Pourtant, ce n’est pas le cas. Elle (et les autres) ne parlent pas que de leur statut d’amazone, mais bien aussi des conditions de cette perte. La maladie est en filigrane, et ses séquelles.

Oh, je ne verrai plus un sac poubelle de la même manière depuis qu’Annick Parent a comparé son sein opéré pour la première fois, et donc encore présent, à un sac poubelle : ça, c’est de l’image ! Elle vaut ma brouette rouillée !

Emotion aussi lorsqu’elle dit qu’elle enrage de ne pas parvenir à s’habituer au regard et aux phrases assassines de certains.

Je me suis sentie vraiment très proche de cette femme, et de toutes d’ailleurs.

Billet un peu brouillon, tant pis, j’ai juste voulu jeter sur le papier (hum ?!)  toutes les émotions reçues par ce film et les images qui me resteront.

Heu, combien de fois j’ai dis émotion dans ce billet ?!

On peut se procurer le dvd contre un chèque de 20 euros (port compris) à l’adresse suivante :

http://www.oeilsauvage.com

Les éditions de l’Oeil Sauvage
3 , rue Albert Guilpin
94 250 Gentilly

 

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2 réflexions sur “‘Le Corps amazone’

  1. Cathie dit :

    je me doutais bien que ce film te plairait, mais ça fait quand même du bien de le savoir… la réalisatrice n’assène aucune vérité, juste une « sortie de placard » (pour reprendre les mots de
    Dora), qui libérera sûrement plein d’autres femmes, et quelques clichés aussi au passage 😉

    Bise l’émue-méli !

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  2. isasuisse dit :

    Waouh!

    Quel billet, belle Méli, oui quelle … émotion!

    J’aime les paroles sur l’abîmé qui ne serait beau que ds l’art.

    Et merci de m’avoir fait rencontrer Cathie. Bises suisses

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