Une lecture salvatrice

J’ai dévoré et adoré le bouquin de David Abiker ‘le Mur des lamentations’ qui est sorti la semaine dernière en poche.

Voir un article sur son blog.

Lu d’une traite, avec la délicieuse impression, pourquoi je ne sais pas, que je rigolais avec un copain de lycée. Comme une grande intimité avec celui que je connaissais du temps d’Arrêt Sur Image version TV. J’aimais beaucoup ces chroniques, toujours un peu décalées et (malgré ?) ses allures de jet-setter snob.
(Pardon si tu me lis David, rappelles-toi de notre amitié au lycée)

Le héros du Mur des lamentations’ adore se plaindre, se sent parfois peu compris, et va pouvoir enfin jouer dans la cour des grands lorsqu’il apprend qu’il a un cancer.
Même s’il est réac’, fourbe et nombriliste, on éprouve quand-même une tendresse pour ce personnage. Fortiche !

Extrait où il vient d’apprendre à sa femme la nouvelle. Elle reste stoïque, limite elle le croit pas. Mince alors ! Il décide donc d’appeler son meilleur pote :

Il se marre au téléphone.

« Je blague pas, je sors de chez le médecin, c’est Ca, complètement Ca, et ça se trouve exactement là où je te le dis.

– Allez, fais pas le con… »

Que ma femme garde les pieds sur terre et le sang à trente-six degrés cinq est une chose, mais que mon meilleur ami ne compatisse pas immédiatement, c’est odieux.

En principe, un bon ami est toujours là pour retrouver le héros immédiatement, dans le resto new-yorkais de son choix. Généralement, il demande :

« Où es-tu, Tim (ou Tom) ?

– A l’angle de la cinquième et de la vingt-troisième, face au teinturier chinois.

– Tim, écoute-moi bien, tu ne bouges pas, j’arrive !

– Fais vite oh Charlie ! »

Et là, il raccroche.

Hélas, René n’est pas Charlie.

Il change alors son fusil d’épaule :

J’ai donc appelé ma mère.

Pour lui faire du mal.

Il fait nuit noire quand j’appelle ma mère un soir d’hiver. Je vais maintenant éprouver le grand pouvoir que j’ai sur mes parents. Moi je sais et pas eux. Et dans quelques minutes, je vais leur donner l’info qui va transformer leur soirée.

Je suis l’animateur de la tranche dix-neuf – vingt et c’est moi qui cause, c’est moi qui ai le scoop.

Bon, vous voyez, c’est spécial, hein ?!

J’ai vraiment rigolé tout le long, passage avec la coiffeuse, les mères de familles compatissantes à la sortie de l’école, les scanners et irm qu’il laisse bien traîner sur la banquette arrière de son 4×4, …

(Quant à la correspondance entre Caliméro et Cali et Calogéro, haaaa !!!)

Ben oui, moi, ça m’a parlé. Soyons honnête, ça nous est arrivé à tous, parfois, un peu…

Fallait oser ce roman, il l’a fait. Je me suis dis la vache, il va loin, s’il n’avait pas eu lui-même un cancer, Abiker, ça ne serait pas aussi bien passé, je suppose.

Bon, quelques bémols, par exemple le personnage de Guilhem est un peu too much, et la guérison du héros pas crédible. Allons David, vous savez bien qu’on ne guérit jamais tout-à-fait du cancer.

Mais cette lecture a pour moi été salvatrice. Elle m’aide à porter un regard plus affûté sur moi-même, ma relation aux autres, y compris jusqu’à ce blog. Le héros va lui aussi ouvrir un blog où il met en ligne ses scanners et comptes-rendus médicaux ! On peut même  télécharger un fond d’écran de sa tumeur en 3D, hé hé.

J’ai toujours essayé de ne pas me poser en victime ici, d’autant plus que j’ai commencé l’écriture de ce blog alors que j’étais en début de rémission.

Souvent, je pense à ceux qui me lisent et qui sont en plein dedans. Alors avec mon humour à deux balles et mes petites préoccupations mineures, hum hum.

Oui, je sais, c’est souvent ça un blog, son petit nombril.

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4 réflexions sur “Une lecture salvatrice

  1. chartres dit :

    J’ai découvert ce blog alors que « j’étais en plein dedans … » Je suis toujours en plein dedans car je crois que l’on s’éloigne un peu mais que l’on ne sort jamais vraiment de cette histoire…Que
    te dire? sinon que je continue à lire ton blog et je me dis: »elle est toujours là ,elle ,alors…pourquoi pas moi »!
    Merci à toi,

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  2. IsabelleDeLyon dit :

    Je vais l’ajouter à ma liste des livres à lire.
    Je trouve que ça me fait du bien de me plaindre sur mon blog, j’ai moins besoin de me plaindre dans la vie, en fait je ne me plains pratiquement jamais, faut bien un espace pour le faire, enfin
    c’est ce que je ressens…

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  3. yelena dit :

    Et ben dis-donc, tu leur fais de la pub à tous ces écrivains avec ton blog.Mais vu qu’il y a de l’humour dans l’air, je vais le lire.Mais j’avoue que quand le ciel m’est tombé sur la tête, je
    n’aurais pas apprécié comme le « héros », ah, non, sûrement pas. Se regarder le nombril, un blog, certains oui, mais pas ceux-là, ce qui n’empêche qu’ on continue à vivre , à rigoler, mais pas de
    retour d’un chimio, oui, avant l’injection, avec l’infirmière sympa, un sourire , voire deux, mais retour à la maison, brrrrrr,ces sal ….., je ne vais pas au bout, mal vécues,je ne voulais pas
    retourner à la suivante. Et oui, le titre est bien « mur des lamentations », heureusement qu’on oublie après … vite.T’es en pleine forme Méli, tu finiras par écrire un livre, ton livre , qui
    sait….

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