Histoire de grenouille

J’aime quand la vie me transforme en petite grenouille qui bondit de nénuphar en nénuphar… Si, si, je vous explique :
J’ai fini il y a peu un livre qui m’a profondément marqué, que j’avais snobé à l’époque en 1997 : ‘Le Scaphandre et le papillon’.
Ce livre raconte l’histoire vraie de Jean-Dominique Bauby, rédacteur en chef du magazine ELLE, qui tombe dans un coma profond. À son réveil, toutes ses facultés motrices sont réduites à néant, il est atteint du « locked-in syndrome« , il ne peut ni parler ni respirer sans assistance.
Grâce à son oeil gauche qui bouge encore, ‘il entreprend la rédaction d’un livre, lettre après lettre, Le Scaphandre et le Papillon.
Très médiatisé à sa sortie, j’avais cru à un témoignage genre éditions Fixot…
Et puis le film est sorti, avec Mathieu Almaric que j’aime beaucoup et  entendant tout le bien qu’on disait du film… Je me suis dit que je m’étais peut-être trompée, mais c’était la pire période de ma vie (annonce du cancer) alors je m’en suis encore détournée.
Mais c’est pour mieux y revenir !  j’ai fini par le lire : SUPERBE.
Juste un petit extrait, le plus célèbre je crois :  « Etais-je aveugle et sourd ou bien fallait-il nécessairement la lumière d’un malheur pour m’éclairer sur ma vraie nature ? »
Et peu après, sur quoi je tombe à la médiathèque ?… un nouveau nénuphar : le film que j’ai emprunté avec la crainte qu’il me déçoive, mais non. MAGNIFIQUE.
Et puis dans la même semaine, j’entends sur les ondes de France Inter Jacqueline, dans Là-Bas si j’y suis du 19 juin, hop, encore un bond vers un nouveau nénuphar : Jacqueline a connu Berq-sur-Mer et son hôpital tout comme Bauby, et y fait référence. Comme lui, comme moi, un accident de la vie et tout bascule. (Mais à côté, je suis pipi d’chat, on est bien d’accord)
Jacqueline souffre atrocement d’une opération ratée sur sa colonne, elle vit dans un scaphandre. Et elle parle dans cette émission et sur son blog de ses minutes essentielles
Juste un petit extrait de son blog pour vous inviter à y aller faire vous aussi un petit bond de rainette !

Comment ça marche ?

Le principe est de dialoguer chaque jour avec une personne bienveillante, qui a été importante dans votre vie, à des titres extrêmement divers. Ça va du jardinier au Ministre, de la fille de salle de l’hôpital au chirurgien connu internationalement.

Pendant 5 mn, vous dites à votre interlocuteur/trice pourquoi il/ elle a été important-e dans votre vie et comment. Pendant 5 autres minutes, cette personne vous renvoie l’ascenseur.

Ça marche aussi avec des gens qu’on ne connaît guère, mais qui acceptent de parler d’eux-mêmes et de ce qui est essentiel pour eux pendant 5 minutes. Par exemple, J. LORTHIOIS a témoigné des questions suivantes : apprendre à économiser ses ressources physiques, domestiquer les douleurs, activer en soi les forces de vie, savoir demander de l’aide, regarder la mort en face, différencier le temps qui reste et la qualité de ce temps, etc…

Ce concept a eu dès à présent des tas de conséquences incroyables dans la vie de Jacqueline : renouer des liens familiaux et amicaux distendus, réactiver des carnets d’adresses vieux de 20 ans, (re)créer des activités solidaires, rédiger des textes, faire un appel sur France-Inter, lancer une association « Santé autrement », générer une réflexion sur « l’expertise d’usage » des usagers de la Santé et de nouveaux rapports médecins/ malades, etc, etc…

Ça vous tente ?

Ça marche d’enfer, ça ne troue pas la Sécu et ça n’a aucun effet secondaire.

3 réflexions sur “Histoire de grenouille

  1. Marielea dit :

    Moi, je fais plutôt des bonds de sauterelle..
    intéressante comme méthode! l’as tu expérimentée? raconte nous!
    peux tu faire un lien avec ton article sur le forum où tu parles de ce livre? merci à toi! MARIELEA

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  2. LORTHIOIS dit :

    Chère mélilotus,
    d’un bond de rainette, j’ai sauté de nénuphar en nénuphar, ça et là sur votre site. J’ai un peu sautillé, car c’est difficile de se pencher d’un bloc vers un ordinateur très longtemps. Je reviendrai vous voir.
    J’ai découvert votre difficile cohabitation avec ce vilain crabe qui apparemment est reparti à reculons.
    Je n’ai emporté qu’un seul livre à Berck s/ mer, celui de J.D.Bauby et je demandais à mes visiteurs qu’on m’en lise des passages. Ce que j’ai préféré, c’est le chapitre sur « la fête des pères ». Et ce que j’ai aimé, c’est qu’il n’y a pas une once d’amertume ni de nostalgie dans ce livre. C’est un hymne à la vie, c’est plein de poésie et d’humour. Alors, même quand je suis terrassée par une crise, je ne me décerne aucun droit de me plaindre, car je suis tellement mobile par rapport à lui…
    C’est effectivement une énorme leçon. Nos histoires nous font découvrir des liens avec le vivant, d’autres relations au monde, à la vie, aux autres… On a perdu sans doute des choses, mais on en a gagné d’autres qui nous avaient échappé jusqu’ici.
    Je vous embrasse, chère mélilotus, ainsi que votre petit dernier, votre victoire de la vie sur les vilains crabes.
    Avec mes coassements les plus amicaux…

    P.S. Connaissez-vous le doux bruitage des crapauds accoucheurs??? Allez les écouter sur internet…

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