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Pierre Desproges est lié à mes débuts dans l’âge adulte. J’ai rencontré mon compagnon en 1985, époque où Desproges était très populaire (bouquins, spectacles, France Inter,…). Et j’étais entourée de gens plus âgés que moi, tous fans de lui, depuis les fameux flagrants délires que je ne connaissais que par la bande. Parmi ces amis, il y avait la soeur de mon chéri… Je l’ai connu finalement peu car elle est morte l’année suivante d’un cancer du sein métastasé aux poumons.
Elle ne sut donc jamais que Desproges se préparait à la même fin.
Elle est morte la veille de mon bac. Alors chaque année, lors de l’effervescence de cet examen en juin, je repense à cette époqueJe revois parfaitement la dernière visite que je lui ai faite à l’hôpital. J’avais 17 ans. Elle m’a dit et martelé ce jour-là de ne plus fumer, que c’était une vraie merde, et pendant qu’elle me parlait, elle était reliée à une drôle de machine genre science-fiction, comme un grand récipient d’eau avec des bulles en permanence. Quelque chose pour l’aider à respirer.

La première chose que j’ai fait en sortant de l’hôpital, c’est prendre une cigarette. Tout en me disant que c’était une sacrée merde en effet.
Je me rappelle aussi que le soir de sa mort, nous avons fait l’amour avec mon compagnon. Et je me souviens que j’en avais eu honte après coup. Instinct de vie, trouille au ventre.
Maintenant, je revois cela avec le recul de quelqu’un qui a cru mourir.
Glups, on est loin de l’humour de Desproges, là !

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