« Ceux qui restent »

J’ai visionné récemment le film ‘Ceux qui restent‘ d’Anne Le Ny (2007), et j’ai vraiment beaucoup aimé. Je craignais que ce film, vu son sujet, me fiche le bourdon, mais non. Superbe. Vous remarquerez que j’ai un côté maso évident !!!

Mais je regarde AUSSI des films qui parlent d’autre chose que du cancer, si, si !!!!!!

Emmanuelle Devos est comme Karine Viard une actrice que j’aime beaucoup, car toujours naturelle, limite gaffeuse, souvent submergée par ses émotions, et qui va toujours au bout de ce qu’elle veut… tout moi enfin presque !

ceuxquirestentDans les couloirs trop éclairés de l’hôpital où il vient chaque jour voir sa femme malade, Bertrand croise Lorraine, les yeux rougis et du mascara sur les joues : elle vient d’apprendre le cancer de son compagnon. Novice, si l’on peut dire, elle s’accroche à lui, posant des questions, cherchant à se rassurer. « Je dois bien avoir un peu de générosité quelque part. Tout ce que j’ai de plus mesquin ressort », constate-t-elle lors d’une de leurs escapades sur le toit de l’hôpital. Emmanuelle Devos, en papillon affolé, tourbillonne en tous sens et se cogne à un Vincent Lindon, au contraire, au ralenti, épuisé et alourdi, très émouvant. Mauvais endroit, mauvais moment : l’amour n’a aucune chance.Pour sa première réalisation, Anne Le Ny n’a pas cherché la facilité. Cette actrice, souvent aperçue au théâtre ou dans des seconds rôles, saisit chaque occasion d’alléger le propos par des
incursio
ns risquées mais réussies dans un registre comique – témoin une savoureuse scène de barbecue familial. Au-delà d’une poignante histoire d’amour ratée, son film est aussi la chronique d’une culpabilité carnassière. Il évoque la mauvaise conscience et le sens du sacrifice contre lesquels Lorraine se rebelle. Tournant le dos au pathos, il met en scène des
personnages qui nous bouleversent à contre-courant : notre émotion naît de leur lutte
pour ne pas se laisser submerger par les leurs.

Juliette Bénabent pour Télérama.

Ici, tout le contraire de ‘Haut les coeurs !‘. La caméra ne rentre jamais dans les chambres de l’hôpital, on ne connait jamais le visage des malades, le film s’attache aux accompagnants, à leur douleur, leurs espoirs et leur culpabilité.

L’un et l’autre film se complètent en fait.