« Haut les coeurs ! »

Ce film de Solveig Anspach, je l’avais vu à sa sortie en 1999. J’avais beaucoup aimé, et je me rappelais surtout la dernière scène du film qui est d’une telle beauté. A l’époque déjà, j’avais été très émue par cette histoire :

Alors qu’elle attend son premier enfant, Emma apprend qu’elle a un cancer du sein. Le médecin qui le lui annonce prévoit un avortement, les soins préconisés étant, selon lui, incompatibles avec la grossesse. Simon, son compagnon, l’incite à consulter un autre spécialiste, le docteur Morin, qui affirme que les traitements peuvent être suivis tout en continuant la grossesse. Emma reprend confiance. Son corps qui l’a trahie redevient un lieu de vie : elle doit maintenant se battre pour deux.

Depuis, lorsque je vois Karine Viard (le personnage féminin du film), j’ai du mal à voir en elle quelqu’un d’autre que ce personnage. C’est pour moi incontestablement son plus beau rôle. C’est l’histoire autobiographique de Solveig Anspach, documentariste qui signait là son premier film de ‘fiction’.

Là, je l’ai revu et je l’ai forcément vu de l’intérieur, puisque je me sens très proche du personnage, étant moi-même enceinte lors de LA nouvelle. Même si son parcours n’est pas tout-à-fait le mien.
Et j’ai encore vraiment beaucoup aimé, pas du tout un mélo-kleenex.
En vrac ce qui m’a touché : ceux qui partent en courant quand ils apprennent la nouvelle, la blouse blanche du spécialiste comme une armure, la découverte de l’oreiller plein de cheveux, se prouver qu’on est encore séduisante quand on s’habille pour aller à sa chimio, la tonte, la salle d’attente du service d’oncologie, le conjoint qui a du mal à trouver sa place, le bébé qui demande tant de soins alors qu’on est si fatiguée, etc…
Et puis la mise en scène formidable, les couleurs de plus en plus lumineuses et blanches au fur et à mesure du film pour finir sur l’éblouissante sérenité de Karine Viard, malgré la maladie. La dernière scène, si belle. Et l’actrice si belle avec son crâne rasé.
Waouh ! Et aussi l’idée que le film ne se termine pas et que tout est possible.
Et après tout, cela n’est pas le problème de savoir si elle va s’en sortir ou pas, l’important, c’est l’endroit où elle est arrivée, son cheminement.