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Réhabilitation

Ce mois d’octobre, je fais un grand ménage d’automne sur ma poitrine : Dépose du PAC, traitement de ma télangectasie, effet secondaire à ma radiothérapie, et détatouage des points de marquage.

La semaine dernière, c’était donc mon rendez-vous pour la télangiectasie (dilatation vasculaire anormale).  On ne peut pas faire les 2 en même temps, pas les mêmes machines. Cette disgrâce n’est pas très étendue, mais voilà, je fais une fixette dessus, d’autant plus qu’elle se voit dans mon décolleté déjà pas terrible sans ça (photo ici). Donc après avoir vu un dermato à la gomme puis une autre, j’ai été dirigée vers une troisième qui traite ce genre de truc par laser.

Normalement, tout acte de laser passe par une entrevue où on vous informe non seulement du prix (non remboursé par la sécu car c’est un acte d’esthétique) mais du fait que cela peut demander plusieurs séances, que cela peut ne pas marcher, et qu’en plus, cela peut revenir au bout de plusieurs années.

J’ai sauté cette entrevue, grâce à la deuxième dermato qui m’a donné un ordre d’idée déjà sur tout cela, et a téléphoné à la troisième pour prendre le RV. Donc le devis est de 80 euros la séance… (tarifs similaires à ce que j’ai vu sur la toile).

Je me permets de donner pas mal de détails sur le traitement des télangectasies car j’ai repéré pas mal de recherches Google qui attérissent sur mon blog. Des gens qui cherchent des infos différentes des sites commerciaux de centres laser…

La séance proprement dite est très courte, peut-être 1 ou 2 minutes. La dermato m’a dit que c’est comme un ‘stylo-effaceur’. Elle a ainsi vu en direct que cela partait très bien. Le patient ne peut rien voir car il a des coques protectrices sur les yeux. On sent une petite brûlure tout-à-fait supportable. Je m’attendais à bien pire.

Elle m’a dit traiter une autre femme dans mon cas, mais qui a dû subir plusieurs séances, avec un résultat moins bien, mais elle avait une peau très cicatricielle suite aux brûlures,  ce qui double son problème.

Lorsque j’ai vu le résultat dans son miroir, j’ai failli l’embrasser de bonheur. Une montée d’émotion de folie !

Je suis redescendue par les escaliers de cet immeuble cossu en apesanteur, les larmes aux yeux.

Et je me sentais en communion avec toutes les femmes qui se sont fait reconstruire, comme réhabilitée. En cet instant, j’ai entrevu ce que cela pouvait être d’avoir après ne plus avoir eu. Ne serait-ce que pour ça, je suis heureuse de l’avoir fait.

Je me sentais bien un peu nouille de crier victoire pour une si petite disgrâce disparue, alors que mon ground zero était tellement plus ‘freak’, mais bon, je nageais dans ce petit grand bonheur !

Je crois bien que je n’ai jamais vraiment expliqué dans ce blog, pourquoi je ne suis pas tentée par la reconstruction chirurgicale. Je vais essayer de m’en expliquer. Je n’utilise pas volontairement le terme de choix, parce qu’il me parait inapproprié. Il est difficile de trouver un autre mot, c’est vrai. L’institut Curie l’utilise aussi dans cette étude publiée ce mois d’octobre justement. Une belle initiative, pas mal reprise Octobre Rose oblige. Je fais ainsi partie des 70% de femmes mastectomisées et qui ne se font pas reconstruire… Contente de savoir que je ne suis pas une extra-terrestre. Ces données ont permis de faire connaître dans les médias, une association toute neuve ‘Au Sein de sa différence’, qui parle de reconstruction identitaire avant tout…. Cathie Malhouitre, la présidente, est même passée au JT de TF1. Je ne donne pas le lien car ils l’ont supprimé, les coquins.

Les photos que j’ai vu, en particulier dans ‘J’ai un cancer du sein. Et après’ m’ont souvent conforté dans mon absence de désir de reconstruction. Je n’aime pas ce livre. Il m’est très difficile de regarder les photos de seins reconstruits. J’ai souvent trouvé les résultats de femmes opérées médiocres. Mais je comprends maintenant, après  cette expérience d’effaceur  magique, que même médiocre, c’est mieux que pas. Et que ‘médiocre’ est bien péremptoire de ma part. Il n’empêche que je ne me sens toujours pas d’y aller. La raison ? Je crois simplement que je fais partie des pauvres 9% de l’étude, celles qui craignent la douleur. Ca fait un peu ridicule, mais c’est comme ça. L’expérience d’une connaissance qui a vécu cela durant mes traitements, m’a conforté dans cette idée. Elle en a tellement bavé. Avec plein de complications. Oui, je sais, c’est pas forcément le lot de toutes. Mais repasser sur le billard avec cette éventualité, non.

Pour revenir au livre, ces femmes souriantes m’exaspèrent. Je ne devrais pas le dire mais c’est comme ça. Je les vois comme voulant me dire : cela n’est pas si grave que ça. Ce que je ne peux pas entendre. Dans ce registre, je préfère très largement le Scar project, plus âpre. Il montre que le cancer du sein n’est pas un ruban rose. Mais les photos qui me touchent le plus sont celles de non-reconstruction.

Pour moi, le rendu d’une reconstruction est vraiment bien quand un soutien-gorge vient habiller la personne, comme la réhabiliter. Cacher les séquelles pour ne laisser apparaître que le galbe retrouvé. Oui, ça se discute, montrer ou pas au grand public une reconstruction. Et pourquoi, pour qui ?

Pour finir avec mon traitement-miraculeux, le soir-même, les petites vascularités disgracieuses étaient non seulement réapparues, mais étaient encore plus visibles ! C’était trop beau cette gomme magique !

Ma laser-wonder-woman m’a rassuré quand je l’ai appelé. “C’est transitoire”. Bon, je veux bien. Je suis patiente.

MàJ le 14.11.2011 : Effectivement, c’était transitoire. Plus blanc que blanc même, au point que les coups de crayons blancs se voient sur ma peau rose :) Mais c’est beaucoup mieux qu’avant.

Réhabiliter :

Rétablir quelqu’un dans ses droits.
Renover un bâtiment ou un quartier [Architecture].
Réinsérer, réintégrer dans la société.
FaiMisre retrouver l’estime, innocenter.

Halte au gore !

Quelle idée de regarder le magazine de la santé aussi, Méli !

Pourtant,  je ne supporte pas le présentateur, espèce de gros beauf avec blagues salaces même pas drôles.

Vendredi, donc, un dossier sur la reconstruction mammaire, sujet qui me ferait plutôt tourner les talons.

Etant chochotte Numéro un, j’ai assez facilement accepté ma condition d’amazone.

(Ouais, pas plus compliqué que ça !)

Par contre, j’étais curieuse de savoir comment ils allaient aborder le sujet…

Pas déçue du voyage…

Faut dire qu’ils ne préviennent pas vraiment, et hop, dès le sommaire de l’émission, on est servi. Après, ils disent, alors que les images chirurgicales défilent depuis quelques secondes déjà, “…attention, ce sont des images chirurgicales” !

Plus tard, ils vont même jusqu’à nous les mettre en noir et blanc, je vous jure ! Mais c’est trop tard ! Ainsi, j’ai vu en couleur une superbe tumeur du sein ! Bon, après tout, je ne savais pas à quoi ça pouvait ressembler, là, je suis servie. Une espèce de petit paquet rose ficelé pâle et brillant.

Glups.

Après ça, j’ai arrêté mon poste.

Cette émission ne lésine jamais sur les images gore. Pourquoi mettre de telles images à peine supportables (pour moi : pas), à heure de grande écoute ? Et bien parce que ça plait, je ne vois pas d’autre explication.

Ca fait faire la grimace, mais les gens aiment quand-même. Sinon ils auraient arrêté.

Ca me fait penser au docteur House. (toute proportion gardée !)

Les gens l’aiment-ils parce qu‘il est exécrable ou malgré qu‘il soit exécrable ?

Je penche à regret pour la première possibilité…

Il souffre alors on lui pardonne.

Mais alors quand je suis exécrable, ai-je moi aussi des circonstances atténuantes ? Ou mieux, on m’aimerait encore plus ?

Bof, pas sûr.

Pour celles qui ont le coeur accroché, c’est ici.

Overdose de poitrines

Ce mois d’octobre 2009 a été un déluge de poitrines nues, belles et en pleine santé, de top-modèles ou d’anonymes, pour nous dire d’aller nous faire dépister. Sur son blog, Catherine en a  fait le tour.
C’est sûr que pour le col de l’utérus, ce serait moins glamour !
L’idée avait démarré il y a 2 ans, avec une pub sur Marie-Claire : Je m’étais d’ailleurs amusée à la bidouiller sur mon blog dans Ah les magazines féminins…
Je trouvais cette campagne pertinente, sympa, et pour le coup, novatrice, même si je déteste les magazines féminins et leur diktat de ce qui est in ou out, le pompon (bien que je ne sois pas une spécialiste) allant à Elle.
Mais là, franchement, tout ce qu’on a vu ce mois d’octobre, vraiment, ras-le-bol !

Pourquoi ? Et bien parce que ça me renvois EVIDEMMENT au fait que je suis une amazone, état de fait que j’arrive à peu près bien à gérer, mais sauf quand je vois des seins partout, mince !
Et ne me dites pas de me faire reconstruire, car je mords !

Car dès qu’on parle d’ablation du sein, hop, on parle de reconstruction. Ca va ensemble.
Quand la chirurgienne m’en a parlé, c’était le jour de l’annonce de mon cancer, alors je ne lui en veux pas. D’abord parce que c’est son job, et ensuite parce qu’elle voulait montrer qu’il y aurait un ‘après’.
Mais quand j’en entends parler en permanence sur les sites sur le cancer, les blogs, plein de témoignages disant que c’est formidable, je ne le regrette pas, etc… Pour moi, c’est comme une dictature ! Même sur le site des Impatientes, vlan, plein la poire, c’est un comble !
La majorité (oui, car seulement 15% des nanas se font reconstruire ! 15%) est … silencieuse. On en arriverait presque à se sentir anormale parce quon voudrait pas se faire reconstruire. Et bien oui, pour répondre à nouveau au diktat de la norme, de la mode.
La mastectomie est un vrai tabou, bien plus que le cancer lui-même.
Parmi les gens qui ont su que j’avais un cancer, personne ne m’a jamais demandé si j’avais perdu mon sein, comment je le vivais, etc… Alors qu’on me questionnais sur les chimios, les cheveux, les rayons, etc… Niet sur mon ‘trou’. Tabou total.

Je vous conseille de lire un article qui ENFIN met en lumière le malaise de la société face au sein manquant. Un article passionnant et qui m’a fait un bien fou. VRAIMENT ! Je n’avais encore rien lu de tel sur le sujet, j’ai bu toutes les paroles de ce sénologue Dominique Gros, il a écrit tout ce que je ressens et que je ne sais dire.

Photograph © Hella Hamid

Voici une superbe photo ‘The Warrior’ la bien nommée, il s’agit de l’écrivain Deena Metzger en 1978. Elle est maintenant une vieille personne toujours survivante en 2009. Cette photo me touche encore plus peut-être que Matuschka, car elle montre une personne victorieuse et profondément vivante.

Mon nouveau kyné est un goujat

Je m’allonge sur la table de massage, torse nu… Pas une situation tout-à-fait cool, devant un inconnu.
J’avais jusqu’à présent, toujours eu des femmes pour faire des drainages lymphatiques.

LUI – Et cette reconstruction, c’est pour quand ?
MOI : Ha mais y’a pas reconstruction.
LUI : Hein, vous allez pas rester comme ça ?!??!!
MOI : (glups) Si si.
LUI : Mais pourquoi ?!

On peut dire qu’en 20 mois de maladie, c’est la première personne qui ose me dire une chose pareille !
Tiens tiens, c’est un homme…

Alors je pourrais me dire qu’il trouvait que j’étais jeune et belle, et que donc, c’était dommage de…
(Sauf que je suis pas archi jeune, ni archi jolie !)

Mais j’étais tout-de-même entrain de me faire masser mon horrible cicatrice par un type qui me disait que je ne devais pas rester comme ‘ça’ !!!  Ses sales pattes sur moi, ça change un peu les données, non ? Comment aurais-je pu y voir une quelconque compassion ?

(Compassion : sentiment par lequel on est porté à percevoir ou ressentir la souffrance des autres, et poussé à y remédier.)

Bon, je vous passe les autres anecdotes de la séance. Elles sont dans la même veine.

Ne me dites pas de ne plus y aller, merci. Je préfère oublier ses mains et vous envoyer celle de mon bébé qui m’apporte une pâquerette. Il l’a froissé sans faire exprès. Tout comme mon kyné m’a froissé, sans faire exprès.