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Peau sensible

Il m’arrive de succomber aux charmes d’une pub.

Elle me plait parce qu’elle dit le contraire de ce qui en général, est dit. L’homme n’est pas dans la virilité conquérante, la femme est douceur, pas de soumission, pas de domination . Un pied de nez aux habituels clichés.  Un pied d’égalité qui n’est pas coutume dans les médias…

Et pourtant ! Cette affiche fait couler pas mal d’encre. Ici et surtout .

Il y a donc plein de façons de voir.

Le regard qu’on porte aux gens et aux choses est biaisé par notre vécu. Qui a raison, qui a tort ?

Ensemble : partager, communiquer, vaincre

Ce mois d’Octobre Rose colle particulièrement bien à ce beau slogan que j’ai trouvé dans le métro de Paris :

ENSEMBLE

partager, communiquer, vaincre

Quel dommage une fois de plus, qu’on nous prenne pour des quiches ! Pour partager, communiquer et vaincre, faut-il être à poil, d’une plastique parfaite, se tripoter et mettre du gloss rose ?

Pour que le monde s’ouvre aux publicitaires, il faudrait vraiment qu’ils changent de point de vue !

Je vous avais parlé il y a quelques temps d’une formidable initiative de l’association grenobloise Agaro dans ce billet : un dvd offert aux nouvelles patientes  de la région afin de leur expliquer en images le déroulement des différentes étapes des traitements pour le cancer du sein, avec une deuxième partie intitulée ‘Cette vague qui nous roule sur le rivage’ : des témoignages d’anciennes patientes.

Le réseau des bibliothèques de la ville de Grenoble propose depuis quelques temps sur son site, un service de VOD (vidéo à la demande) à ses abonnés. Mais elle va plus loin, en mettant en ligne des films de création locale, en accès libre cette fois.

Et c’est ainsi que ‘Cette vague…’ est visible par tous, quelle belle nouvelle ! C’est actuellement le ‘film de la semaine’…

Merci à T. pour ce partage !

Le cancer publicitaire

Je déteste la pub.

Vraiment.

Il est pour moi impossible de trouver une pub sympa, esthétique, rien. Je suis immédiatement crispée.

D’ailleurs, si les enfants regardent la télé et qu’il y a les pubs, ils doivent éteindre, ou arrêter le son sinon je deviens Hulk. (Si, si, c’est possible !)

Je vous avais parlé d’un livre bien sympathique il y a quelques temps, à la fois ironique et sympathique.

Là, je viens de finir ‘De la misère humaine en milieu publicitaire’ aux éditions de la découverte, et je voulais en parler alors je suis allée chercher des infos sur la toile. Et paf, qu’est-ce-que je lis ? Que ce livre a obtenu le Prix Pamphlet. A la bonne heure !

Très très intéressant, très clair, mais glaçant.

Il n’est pas question pour eux, les auteurs, sociologues, psychologues, médecins, philosophes, historiens, de contester les dérives de la publicité, mais la publicité elle-même.

Chapitre très intéressant sur la récupération moralisante des publicitaires. Et oui, ils nous font croire qu’ils ont une éthique. Alors qu’il est en réalité question de ne pas trop choquer afin de VENDRE.

Il y a même un chapitre intitulé ‘le cancer publicitaire’.

J’aurai vraiment aimé avoir leur avis sur les publicités de fundraising biensûr.

Et oui, car parmi les 3000 pubs qui nous assiègent chaque jour (chiffre issu de ce livre, impressionnant, j’ose espérer que c’est exagéré ou que ça ne touche que ceux qui feuillètent Elle dans le métro !) quelques une concernent les ‘grandes’ causes.

Mais pourquoi je vous parle de ça aujourd’hui ?

Et bien c’est tout simple. J’ai reçu ce matin un coup de fil du Centre Lyon Bérard. Enfin, disons plutôt d’une femme, sans doute jeune, habitant sur un autre continent (Tunisie ? Sénégal ?), et qui bosse pour un Call-center. Elle disait s’appeler Laurence Garnier ou Isabelle Leblanc, mais son petit accent me faisait pencher pour Fatou ou Samia.

Si je déteste les pubs papier ou télé, que dire de la pub par téléphone ?…

Le tiers-monde qui rentre chez toi. Des gens qui bossent comme des malades à réciter un topo mille fois par jour, dans des conditions de travail de dingues.

Alors biensûr qu’en sachant tout ça, mes téléopératrices, j’ai bien du mal à les envoyer balader. C’est pourtant ce que je fais, toujours très vite parce que j’ai les boules pour elles, et parce qu’elles perdent leur temps.

A Lyon Bérard, ils cherchent des sous. Et donc font du racolage téléphonique.

Ainsi, cette terrible technique ne concerne plus que les entreprises de cheminées, d’isolation thermique et de téléphonie ?

En fait, je le savais car très récemment, Greenpeace a qui je donne depuis longtemps, me rappelait à son bon souvenir par téléphone. Là, pas de Fatou, mais une jeune française selon toute vraisemblance. Alors j’ai pu lui dire tout ce que je pensais de cette démarche nauséabonde.

Ainsi, pour la bonne cause, on serait prêt à ça ?

Je n’ai rien dis à Fatou biensûr. Je lui ai seulement dit que je donnais pour la cause du cancer ailleurs. C’était plus simple. Elle était bien contente mais m’en a quand-même rajouté une petite couche avant de dire au revoir.

Aux risques de vous choquer, je ne donne rien ailleurs pour le cancer.

Je garde un très mauvais souvenir d’un don que j’avais fait il y  a quelques années, pour une ONG (pas Greenpeace car il semble qu’ils ne donnent pas leur fichier). J’avais reçu très vite des tonnes de pubs dans ma boîte venant de plein d’ONG différentes, le summum revenant à une enveloppe contenant une paire de béquilles miniatures.

Culpabiliser pour recruter les donateurs, à vomir.

Le jour où on pourra filer des sous sans être tracé, je reverrai mon jugement. Un chèque anonyme, pourquoi pas ?

Overdose de poitrines

Ce mois d’octobre 2009 a été un déluge de poitrines nues, belles et en pleine santé, de top-modèles ou d’anonymes, pour nous dire d’aller nous faire dépister. Sur son blog, Catherine en a  fait le tour.
C’est sûr que pour le col de l’utérus, ce serait moins glamour !
L’idée avait démarré il y a 2 ans, avec une pub sur Marie-Claire : Je m’étais d’ailleurs amusée à la bidouiller sur mon blog dans Ah les magazines féminins…
Je trouvais cette campagne pertinente, sympa, et pour le coup, novatrice, même si je déteste les magazines féminins et leur diktat de ce qui est in ou out, le pompon (bien que je ne sois pas une spécialiste) allant à Elle.
Mais là, franchement, tout ce qu’on a vu ce mois d’octobre, vraiment, ras-le-bol !

Pourquoi ? Et bien parce que ça me renvois EVIDEMMENT au fait que je suis une amazone, état de fait que j’arrive à peu près bien à gérer, mais sauf quand je vois des seins partout, mince !
Et ne me dites pas de me faire reconstruire, car je mords !

Car dès qu’on parle d’ablation du sein, hop, on parle de reconstruction. Ca va ensemble.
Quand la chirurgienne m’en a parlé, c’était le jour de l’annonce de mon cancer, alors je ne lui en veux pas. D’abord parce que c’est son job, et ensuite parce qu’elle voulait montrer qu’il y aurait un ‘après’.
Mais quand j’en entends parler en permanence sur les sites sur le cancer, les blogs, plein de témoignages disant que c’est formidable, je ne le regrette pas, etc… Pour moi, c’est comme une dictature ! Même sur le site des Impatientes, vlan, plein la poire, c’est un comble !
La majorité (oui, car seulement 15% des nanas se font reconstruire ! 15%) est … silencieuse. On en arriverait presque à se sentir anormale parce quon voudrait pas se faire reconstruire. Et bien oui, pour répondre à nouveau au diktat de la norme, de la mode.
La mastectomie est un vrai tabou, bien plus que le cancer lui-même.
Parmi les gens qui ont su que j’avais un cancer, personne ne m’a jamais demandé si j’avais perdu mon sein, comment je le vivais, etc… Alors qu’on me questionnais sur les chimios, les cheveux, les rayons, etc… Niet sur mon ‘trou’. Tabou total.

Je vous conseille de lire un article qui ENFIN met en lumière le malaise de la société face au sein manquant. Un article passionnant et qui m’a fait un bien fou. VRAIMENT ! Je n’avais encore rien lu de tel sur le sujet, j’ai bu toutes les paroles de ce sénologue Dominique Gros, il a écrit tout ce que je ressens et que je ne sais dire.

Photograph © Hella Hamid

Voici une superbe photo ‘The Warrior’ la bien nommée, il s’agit de l’écrivain Deena Metzger en 1978. Elle est maintenant une vieille personne toujours survivante en 2009. Cette photo me touche encore plus peut-être que Matuschka, car elle montre une personne victorieuse et profondément vivante.

Octobre rose

Cette femme vient de montrer ses seins

elle a sauvé sa vie

En cette période d’octobre rose
où tout le monde s’affiche torse nu
voici ma pub à moi !

Pour la petite histoire, j’ai appris l’existence de mon cancer la veille de cette photo…