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PAC

Ca y est, je l’ai rendu.

Et bien, c’est franchement moins douloureux dans ce sens-là. J’ai repris mon vélo aujourd’hui, quatre jours après donc, moi qui avais anticipé une incapacité aspiro/vélo/boulot… Enfin, pour le travail, ils ont eu la grande gentillesse de m’accorder une semaine, c’est vraiment cool. Parce qu’au téléphone, la secrétaire m’avait dit que ce n’était pas sûr que j’ai droit à un arrêt maladie, parce que “c‘était vraiment rien comme intervention”...

En même temps, il faut ménager le côté fraîchement opéré (attention à la cicatrice), et ne pas tout reporter sur le côté anciennement opéré (attention au lymphoedème). Quelques jours seulement, parce que c’est assez intenable !

J’ai été opérée par une femme, tout comme pour ma mastectomie. Ce métier tendrait à se féminiser ou c’est un hasard ? Etre une femme, c’était son seul intérêt à cette chirurgienne, car pas spécialement sympa, à vrai-dire. Pas comme cet infirmier extraordinaire qui m’a assisté toute la durée de l’intervention. Il m’a fait oublier tout le reste : les heures d’attente, le bruit du bistouri électrique,  la chirurgienne qui bataillait pour enlever le bidule, …

Parce que je croyais que cela se faisait en 2 coups de cuillère à pot, moi. On ouvre, hop, on retire, hop, on referme. Mais non, le boitier est fixé par 3 sutures qu’il faut retrouver pour les sectionner. Bon, je n’ai eu aucun détail sur la chose, et tant mieux car j’aurai forcément pas trop aimé, mais il semblerait que plus c’est ancien (4 ans pour moi), plus c’est difficile à retirer…

Quand j’ai parlé – un peu – autour de moi de cette intervention, unanimement, les gens ont d’une part, été surpris que j’ai encore ce truc, très méconnu d’ailleurs mais tant mieux pour eux, et d’autre part, ont été soulagé d’apprendre que j’étais tirée d’affaire. Je n’ai pas toujours pris la peine d’expliquer que c’était ma volonté et non celle de l’oncologue. Car ensuite, souvent, on me disait “mais alors pourquoi tu l’enlèves ? Il te gênait ?”

Non, il ne me gênait pas. Il ne se voyait même pas. J’ai pris en photo mon buste juste avant, pour voir, mais non, pas l’ombre d’une bosse, rien. Juste une petite cicatrice un peu moche mais cachée par mes bretelles.

Mais alors pourquoi ?… Je savais que ça me ferait du bien de l’enlever, tout en sachant que ça ne changerait pas vraiment les choses. Juste un peu peut-être.

Un peu comme lorsque l’on grimpe à la Soufrière en Guadeloupe, on est presque sûr qu’on ne verra pas le sommet, quasi toujours sous les nuages. Mais on y va quand-même, avec l’espoir que cela se dégage, et puis c’est pas grave, ce sera bien malgré tout.

Et effectivement, c’est bien.

Télangiectasie et tatouage, suite

Voilà.

Un rendez-vous chez un autre dermatologue. Une femme cette fois.

Elle s’est d’abord renseignée pour savoir si le laser est compatible avec une radiothérapie antérieure.

C’est compatible.

J’ai donc rendez-vous prochainement dans un centre laser (pas celui du lien) pour me faire enlever mes télangiectasies et les points de tatouages de ma radiothérapie. (ah bien oui, on ne se refait pas, je suis très coquette !)

Electrocoagulation vraiment déconseillée pour mon cas, risques élevés de nécrose. Il y a donc 2 écoles qui s’affrontent. Celle-ci me plait plus !

Par contre, ce sera intégralement à ma charge. Aucun remboursement par la sécu. Car c’est seulement de l’esthétique. Contrairement à une reconstruction.

Ce mois d’octobre sera donc rose pour moi. Atténuation voire disparition probable de ces marques disgracieuses mais surtout dépose de mon port-a-cath… Ca y est, je me lance.

Mais pour être sûre que ce ne sera pas une mauvaise idée, je vais demain montrer mes viscères à l’aruspice.

La balle est dans mon camp

Ca y est. J’ai le droit de me le faire enlever.

3 ans après ma dernière chimio.

Bah, je n’osais aborder le sujet avec mon oncologue, vu ce qu’elle m’avait déjà dit il y a un an.

Et puis si, finalement, juste avant de se dire ‘au revoir’, comme ça, comme si de rien, “au fait, le port-a-cath, on le garde encore…?…”

A vrai-dire, ce petit boîtier n’est qu’un symbole pour moi. Tant qu’elle ne voulait pas l’enlever, c’est qu’il y avait plus de chance que cela re-serve que cela ne re-serve pas.

Elle a accepté, quoique légèrement contrariée : “vous connaissez mon point de vue. Bon alors d’accord. Mais il faudra en remettre un si vous rechutez.”

Lapalisse. Merci pour l’info !

Et elle a ajouté : “Il y a maintenant plus de chance que vous ne rechutiez pas, alors c’est ok.”

Ha que ça fait du bien !

Les oncologues sont tellement avares de grandes phrases optimistes (à l’inverse du reste du monde qui nous voit guéri depuis des lustres) que je m’en suis très largement contentée.

En réalité, ce port-a-cath, je m’en fiche royalement.

Il ne m’a jamais embêté dans le sens de gêné. Il ne se voit quasi-pas, car il n’est pas saillant. La cicatrice est assez moche mais de toutes façons, finis les petits tops à fines bretelles, alors peu m’importe. Même si j’en mettais d’ailleurs.

Du coup, je ne vais pas me presser pour me le faire enlever !

L’important pour moi, ce n’est pas de l’enlever.

C’est par contre qu’il ne soit plus nécessaire de le garder.

Et puis souvenez-vous, je suis une vraie chochotte. Repasser par une opération, bof-bof.

Un extrait du livre ‘Usage de la photographie d’Annie Ernaux, page 150 :

“On m’a enlevé le cathéter en avril dernier. Je l’ai porté en moi un an et demi, de venu à la longue une espèce de bijou incrusté sous la peau près de l’épaule. J’ai dit au médecin de me le donner, que je voulais le garder. C’était la première fois qu’on lui faisait une telle requête, il a ri : “En souvenir ?” J’ai conservé aussi la perruque. En la voyant dernièrement au fond d’une commode, j’ai pensé que je n’aurai peut-être plus jamais l’occasion de sentir aussi fort et dans le même moment, que je suis mortelle et que je suis vivante.”

Pour finir, une petite devinette : cette poitrine appartient-elle à une femme opérée ? (Mâ non, c’est pas moi !!!!!!)

Bling bling

 

J’ai un peu du mal avec tout ce rose qui déboule.

Je suis très dubitative.

Par exemple, quasi-personne à mon boulot ne me demande jamais comment je vais. Et bien mon tee-shirt n’y a rien changé. Qu’ils aient la trouille ou qu’ils s’en foutent, qu’est-ce-que ça change ?

C’est une bataille perdue d’avance.

Ca n’a suscité aucune discussion réelle.

Juste quelques rares questions du genre, tu l’as acheté où ?

Pas un mot de la part des mamans à la sortie de l’école, quedalle chez la nounou. Pourtant, je côtoie tous ces gens depuis des années.

2 sortes de personnes : celles qui te regardent droit dans les yeux et celles qui ne peuvent plus décrocher leur regard du tee-shirt.

Mais à par ça, nada.

La seule chose intéressante dans cette ‘expérience’ plutôt déprimante, c’est que ce n’est pas si facile pour moi d’arborer FUCK CANCER. Je n’y avais pas songé avant.

Mon chéri adore, c’est déjà ça.

Bon, allez, une note optimiste, je voulais vous faire partager une chanson toute belle, toute douce, toute simple.

Il s’agit du ‘Bal des cathéters‘ sur le dernier disque de Tom Poisson. Juste un petit extrait, dommage, pas trouvé en entier sur la toile, ni les paroles.

Alors je vous les note ici :

En miette, mais en vie

Ta guerre est finie

Cheveux bouclés

Quand il pleut

T’avais oublié

En deux coupée

Entière à moitié

Moitié d’une chance

Mais femme toute entière

Tout recommence…

Fini les blouses blanches

Fini le bal des cathéters

Aujourd’hui le temps est clair

Mets ta robe légère

En miette mais en vie

Ta place est ici

Tu ris du mauvais tour

De revoir

La vie au grand jour

Tom Poisson (2010)