Archives du Tag: humour

Des glaçons aux envies

Le cancer est très présent dans le cinéma ces derniers temps. Je suppose que cela ne date pas d’hier, et que c’est parce que je m’y ‘intéresse’ que je le rencontre souvent.

Il n’empêche. J’aime voir comment des réalisateurs en parlent, ce qu’ils veulent apporter, comment des acteurs ‘jouent’, les clichés qui sautent ou pas, …

J’avais envie de vous parler du ‘Bruit des glaçons’ (2010) car je n’en avais rien dit à sa sortie il y a un an. Et là, je l’ai revu, et je me suis de nouveau dit : Quel dommage !

En effet, j’adore ce film, ou plutôt l’idée. Franchement, quels dialogues extraordinaires. Et l’idée de Dupontel et Myriam Boyer, trop bien.

Mais là où le bas blesse, c’est le personnage féminin. J’ai beau être fan de Bertrand Blier, il pêche souvent côté rôle féminin, je trouve. Le personnage d’Anne Alvaro est horripilant. Et pour moi, gâche le film. Pour ceux qui ne l’ont pas vu, il s’agit d’une femme d’environ 50 ans, amoureuse en secret de son patron, habillée comme une veuve corse, ne sachant pas sourire, une espèce de serpillère silencieuse, et qui va elle aussi, voir débarquer son cancer. (Myriam Boyer géniale !)

Pourquoi avoir fait le choix de cette femme si servile ? Bon, plein de critiques ont trouvé Alvaro formidable. Mais quelle image véhicule-t-elle ?…

Le côté sentimental du film est à mes yeux d’un raté et d’un cul-cul, sans parler du fils ado too much.

Dommage, vraiment, car c’est quand-même un film formidable. La relation Dupontel / Dujardin est tellement bien vue et glaçante ! Brrr !

Autre film dont on a beaucoup parlé en septembre : ‘La guerre est déclarée’ (2011) de Valérie Donzelli.

Là, plus clairement, je n’ai pas aimé. Même si en y repensant, et surtout en en discutant avec d’autres gens touchés par la maladie, mon jugement se tempère. Mais je trouve vraiment dommage que le film exclut quasiment l’enfant et sa relation avec ses parents. En effet, le film ne montre presque que les adultes face au cancer. Pourtant l’enfant est forcément central. Le propos de Valérie Donzelli est de montrer un couple dans la tourmente, je sais bien. Mais je serais curieuse de savoir ce que des parents d’enfant malade pensent de ce film…

Cela me renvoie à un film (BO ici) que j’avais vraiment beaucoup aimé, et qui m’avais même heurté : ‘Comme une étoile dans la nuit’ (2008) de René Féret, magnifique et bouleversant, mais aussi sacrément dérangeant… Un extrait ici pour comprendre ce que je veux dire . Tiré d’une histoire vraie, c’est important de le savoir sinon on peut se dire, “c’est pas crédible”. Et pourtant…

Et magnifique ‘Restless’ (2011) de Gus Van Sant, où les personnages sont des adolescents, comme toujours ou presque chez lui. Tellement poétique, romantique, sans tomber dans le mélo facile. Plus une réflexion sur la mort que sur le cancer d’ailleurs. Envoûtant comme l’écrit Jean-François Rauger du Monde ici.

Et puis biensûr, il y a le film inspiré de ‘D’autres vies que la mienne’ d’Emmanuel Carrère que j’avais tant aimé, ‘Toutes nos envies’ (2011) de Philippe Lioret. Et bien, même si ou plutôt parce qu’il s’éloigne totalement de la Juliette du livre, c’est un très beau film. Très différent personnage féminin, qui ici, cache tant qu’elle le peut sa maladie à sa famille, pour ne pas déstabiliser l’équilibre existant. Alors que Juliette au contraire, évoquait volontiers son cancer, et demandait par exemple qu’un ami la photographie pour laisser des souvenirs à ses filles si jeunes…

J’ai été très touchée par son acharnement à vouloir préserver sa famille, allant jusqu’à choisir une maman et femme pour la suite… Carrère dit de ce film que c’est une magnifique trahison. En effet.

Pas encore vu ’50/50′ car il n’est pas passé dans mon patelin, y passera-t-il d’ailleurs ? Mais ça me dit bien…

Malgré tout, je dois dire que le film ‘Haut les coeurs’ (1998) reste mon film préféré. (Sans doute parce qu’il m’avait bouleversé alors même que j’étais une bien-portante !)

Et vous ?

1, 2, 3… 4 ans !

“Je ne me rendrai pas.

Je suis une femme

et je continuerai le combat !”

MélilotusFuck cancer !

Petit montage fait avec mes gamins, pour fêter mes 4 années de sursie. la lutte armée continue !

Mitigeur magique

Mon fiston, 9 ans, déteste prendre des douches.

Ou plutôt déteste l’idée de prendre une douche. Il rechigne pour y aller, mais y reste finalement toujours des plombes, le voyou.

Quand je le lui fais remarquer ce soir, il me dit en se gondolant :

“En fait, quand on se regarde dans le robinet, ça fait des gros nichons, c’est trop rigolo ! Et si on bouge un peu, ça peut faire aussi des gros biscotos, une taille super fine, c’est selon.”

Bref, vous savez ce qu’il nous reste à faire…

Distorsions (1933)

Photographie d’André Kertesz   

Inquiétante étrangeté, dit-on de ses clichés.

J’adore…

Merci pour tous vos gentils mots, mes très chères lectrices.

Une mutuelle, des moustiques et un champs de blé

Je voulais vous faire partager mes plaisirs culturels du moment. 2 livres et un disque.

Leur point commun, il sont vraiment tordants.

Le premier livre, très bref, se retrouve quasi intégralement sur le site de l’éditeur. Il s’agit de ‘Marketing, disent-ils : 18 analyses navrées de la publicité contemporaine’ par Josée Oeil-de-Boeuf aux éditions du Tigre.

Franchement, j’adore leur humour.

Je vous fais un lien direct avec la première analyse, une pub pour les services d’une mutuelle santé, bien croustillante si on y regarde de plus près !

Le deuxième bouquin est un peu dans la même veine, truffé de réclames publicitaires, de dictons et aphorismes truculants.

Humour souvent à ras-les-pâquerettes comme je l’aime, jeux de mots douteux à la pelle.

Appréciez déjà le titre : ‘Les Moustiques n’aiment pas les applaudissements’ d’Auguste Derrière, auteur fictif derrière lequel se cache un collectif roi du jeu de mots à 2 balles.

Un petit florilège pour vous :

 

Alors, ça vous fait sourire ?

J’ai aussi beaucoup celle-là :

C’est au pied du mur que l’on voit le mieux le mur.

Et puis une chanson, c’est le dernier titre du dernier disque de Philippe Katerine, mon chouchou.

Voici un lien pour l’écouter… et apprécier la parabole du champs de
blé…

Une lecture salvatrice

J’ai dévoré et adoré le bouquin de David Abiker ‘le Mur des lamentations’ qui est sorti la semaine dernière en poche.

Voir un article sur son blog.

Lu d’une traite, avec la délicieuse impression, pourquoi je ne sais pas, que je rigolais avec un copain de lycée. Comme une grande intimité avec celui que je connaissais du temps d’Arrêt Sur Image version TV. J’aimais beaucoup ces chroniques, toujours un peu décalées et (malgré ?) ses allures de jet-setter snob.
(Pardon si tu me lis David, rappelles-toi de notre amitié au lycée)

Le héros du Mur des lamentations’ adore se plaindre, se sent parfois peu compris, et va pouvoir enfin jouer dans la cour des grands lorsqu’il apprend qu’il a un cancer.
Même s’il est réac’, fourbe et nombriliste, on éprouve quand-même une tendresse pour ce personnage. Fortiche !

Extrait où il vient d’apprendre à sa femme la nouvelle. Elle reste stoïque, limite elle le croit pas. Mince alors ! Il décide donc d’appeler son meilleur pote :

Il se marre au téléphone.

“Je blague pas, je sors de chez le médecin, c’est Ca, complètement Ca, et ça se trouve exactement là où je te le dis.

- Allez, fais pas le con…”

Que ma femme garde les pieds sur terre et le sang à trente-six degrés cinq est une chose, mais que mon meilleur ami ne compatisse pas immédiatement, c’est odieux.

En principe, un bon ami est toujours là pour retrouver le héros immédiatement, dans le resto new-yorkais de son choix. Généralement, il demande :

“Où es-tu, Tim (ou Tom) ?

- A l’angle de la cinquième et de la vingt-troisième, face au teinturier chinois.

- Tim, écoute-moi bien, tu ne bouges pas, j’arrive !

- Fais vite oh Charlie !”

Et là, il raccroche.

Hélas, René n’est pas Charlie.

Il change alors son fusil d’épaule :

J’ai donc appelé ma mère.

Pour lui faire du mal.

Il fait nuit noire quand j’appelle ma mère un soir d’hiver. Je vais maintenant éprouver le grand pouvoir que j’ai sur mes parents. Moi je sais et pas eux. Et dans quelques minutes, je vais leur donner l’info qui va transformer leur soirée.

Je suis l’animateur de la tranche dix-neuf – vingt et c’est moi qui cause, c’est moi qui ai le scoop.

Bon, vous voyez, c’est spécial, hein ?!

J’ai vraiment rigolé tout le long, passage avec la coiffeuse, les mères de familles compatissantes à la sortie de l’école, les scanners et irm qu’il laisse bien traîner sur la banquette arrière de son 4×4, …

(Quant à la correspondance entre Caliméro et Cali et Calogéro, haaaa !!!)

Ben oui, moi, ça m’a parlé. Soyons honnête, ça nous est arrivé à tous, parfois, un peu…

Fallait oser ce roman, il l’a fait. Je me suis dis la vache, il va loin, s’il n’avait pas eu lui-même un cancer, Abiker, ça ne serait pas aussi bien passé, je suppose.

Bon, quelques bémols, par exemple le personnage de Guilhem est un peu too much, et la guérison du héros pas crédible. Allons David, vous savez bien qu’on ne guérit jamais tout-à-fait du cancer.

Mais cette lecture a pour moi été salvatrice. Elle m’aide à porter un regard plus affûté sur moi-même, ma relation aux autres, y compris jusqu’à ce blog. Le héros va lui aussi ouvrir un blog où il met en ligne ses scanners et comptes-rendus médicaux ! On peut même  télécharger un fond d’écran de sa tumeur en 3D, hé hé.

J’ai toujours essayé de ne pas me poser en victime ici, d’autant plus que j’ai commencé l’écriture de ce blog alors que j’étais en début de rémission.

Souvent, je pense à ceux qui me lisent et qui sont en plein dedans. Alors avec mon humour à deux balles et mes petites préoccupations mineures, hum hum.

Oui, je sais, c’est souvent ça un blog, son petit nombril.