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Petite chibi !

 

Vous m’aviez vu pour certaines, dans des autoportraits qui dataient de mes traitements – ils se retrouvent dans ce blog avec le tag ‘dessins’-, plus ou moins à mon avantage.

Alors je voulais vous faire partager ce dessin qui n’est pas de moi, vous vous en doutez !

Je me suis faite tirer le portrait par une jeune fille de 16 ans, fan de mangas, à Japan Expo à Paris, à un stand des jeunes créateurs.

Ainsi me voilà en chibi, pas mal, non ?

Japan Expo, c’est quelque chose.

Le dessinateur Boulet dans son blog, décrit bien le p’tit brin de fantaisie de ce festival.

J’ai adoré l’ambiance, la diversité des approches de ce pays un peu dingo, les cosplayers, les danseurs de J-music, les adeptes du karaoké, les arts martiaux, le paperkraft, la calligraphie, les free hugs, la créativité des jeunes créateurs, …

Bu un thé matcha, pour la première fois. Pas mal du tout. Bien aimé le mode de fabrication.

Pas autant anticancer que le sencha mais pas mal quand-même…

Bref toujours et encore fan de l’asian way of life.

Souvenirs, souvenirs…

Je vous livre ce soir un extrait de mon journal : ce dessin date d’il y a tout juste 2 ans, au sortir de ma dernière cure de chimio…

 

J’ai atteint le rivage

J’ai lu dans certains commentaires que mes dessins plaisaient…
J’en suis flattée évidemment, et cela montre que même si on ne sait pas dessiner, on peut s’adonner à ce plaisir ! Il est parfois bien plus facile de dessiner ce qu’on ressent que de dire.
Les enfants le savent bien…Celui-ci date de la fin de mes traitements.

(avril 2008)

Ma treizième tête

La boucle est bouclée, me revoilà avec ma tête d’origine, quelques boucles en plus, ma 13e tête qui est en fait la première, j’espère qu’elle me portera chance !
(C’est un dessin que j’ai fait il y a un an pile)

Jamais eu de colère

(oui, je reste.)
Beaucoup de ceux qui sont atteints par le cancer disent leur colère.
Jamais eu de colère envers l’équipe médicale psychologie zéro pointé.
Jamais eu de colère contre les gens qui me disaient : “courage, garde le moral, ça compte pour guérir” (c’était plutôt gentil, qu’aurai-je dis moi ?)
Jamais eu de colère contre ce cancer qui était une partie de moi. (Vous vous mettez en colère contre votre main si vous lâchez une tasse, vous ?) Tiens, j’ai utilisé le passé, chouette !

Je n’ai jamais été en colère non pas parce que ce n’est pas bien, cela voudrait dire que je suis capable de me maîtriser, ce qui est faux ! Non, juste jamais connu de colère.
En fait, j’avais une très grande tristesse pour ma famille, et aussi pour moi, je me trouvais bien jeune pour mourir…
Mon bébé qui n’aurait pas de souvenirs de sa maman, par exemple. (Je pensais que je ne passerai pas les fêtes de fin d’année.)
Beaucoup de tristesse, une immense vague qui m’engloutissait, je buvais la tasse… Comme lorsqu’on a presque plus pied à la mer, et qu’on est piètre nageuse comme moi.

Mon énergie était au plus bas, et il en faut pour se mettre en colère.

Je trouvais qu’il y avait injustice, biensûr.
Mais en même temps, dès la première consultation, mon oncologue m’a dit : “cigarette + pilule tôt, c’est un terrible cocktail pour le cancer”. (sans me demander d’ailleurs si c’était mon cas, c’est dingue ça, même pas eu l’idée de vérifier !)
Alors comme j’avais effectivement pris tôt la pilule et beaucoup fumé, je ne pouvais m’en prendre qu’à moi. Ce que je ne fis pas d’ailleurs. Parce que je ne me sentais pas fautive.

moi en colère !

La culpabilité n’a jamais été mon grand défaut. je sais que j’ai beaucoup de chance.

Mais n’allez pas croire que je ne connais pas la colère, je ne la connais que trop. Mais pour d’autres évènements, moins graves.
Mon fiston de 8 ans m’a même dessiné quand je vois rouge !
Et bien c’est pas beau à voir, je vous le dis… (qu’est-ce-que j’ai l’air barraquée, la vache !)

Voici l’avis de DSS sur la colère…

Ho et puis si, quand j’y repense, je suis en colère contre ce radiologue qui refusa de me livrer le résultat de son examen du foie lors de la folle journée de bilan d’expansion, alors qu’il était impec’ mon foie, ça oui. Un beau con celui-là, jamais revu. Car c’était d’une terrible cruauté de ne rien me dire, malgré mes questions, et de me laisser attendre le soir l’annonce du bilan global. Pire journée de ma vie, ça. Brrr, n’y pensons plus !