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Détatouage, déconvenue

Ce désir de faire disparaitre les signes de ma radiothérapie (télangiectasies et 7 points de tatouage à l’encre de Chine) s’est soldé par une totale déconvenue !

J’en parle ici, puis . Ca fera donc 4 billets pour un ‘détail’ dans mon histoire ! Aujourd’hui, l’affaire est close.

Résultat des courses : les télangiectasies sont réapparues, peut-être moins prononcées, et même pas sûr. La dermato, elle, a trouvé que c’était très bien comme résultat. Ah bon.

Par contre, lors de mon rendez-vous détatouage, elle a reconnu que son laser ne viendrait pas à bout de ces maudits petits points violets.

Bref, échec sur toute la ligne. Je ne vous joins même pas une photo, aucun intérêt, à peine peut-être un peu moins foncé. Et encore. 60 euros la séance de 5 minutes, et dans le baba.

Alors biensûr, mon échec ne peut être pris comme une généralité. Et je ne voudrais pas là, – c’est aussi pourquoi je ne voulais plus en parler -, décourager celles qui veulent tenter leur chance.

Mais j’ai rencontré récemment la femme qui m’avait tatoué au centre de radiothérapie. Alors on a papoté RT, et elle m’a sans le savoir, donné envie de finalement faire ce billet. Parce qu’il y a une bonne nouvelle du côté des tatouages de radiothérapie !

Plus d’encre de Chine depuis 2 ans, place à de l’encre sympathique, puisqu’elle est marron (couleur grain de beauté). Il n’y a plus que 2 points de marquage, très bas, en dessous des seins, et ça suffit aux manipulateurs. Et cerise sur le gâteau : ils disparaissent au bout de 2 ans environ.

Voilà, c’est tout bête mais madame la dermato va grincer des dents hé hé. Quoique vu le nombre croissant des tatoos, elle a encore de beaux jours devant elle. Ici un document qui me laisse pantoise face à mes petits points qu’elle n’a pas été fichue de faire disparaître…
Bah, allez, il m’aura fallu ça pour faire mon deuil.

Peau sensible

Il m’arrive de succomber aux charmes d’une pub.

Elle me plait parce qu’elle dit le contraire de ce qui en général, est dit. L’homme n’est pas dans la virilité conquérante, la femme est douceur, pas de soumission, pas de domination . Un pied de nez aux habituels clichés.  Un pied d’égalité qui n’est pas coutume dans les médias…

Et pourtant ! Cette affiche fait couler pas mal d’encre. Ici et surtout .

Il y a donc plein de façons de voir.

Le regard qu’on porte aux gens et aux choses est biaisé par notre vécu. Qui a raison, qui a tort ?

PAC

Ca y est, je l’ai rendu.

Et bien, c’est franchement moins douloureux dans ce sens-là. J’ai repris mon vélo aujourd’hui, quatre jours après donc, moi qui avais anticipé une incapacité aspiro/vélo/boulot… Enfin, pour le travail, ils ont eu la grande gentillesse de m’accorder une semaine, c’est vraiment cool. Parce qu’au téléphone, la secrétaire m’avait dit que ce n’était pas sûr que j’ai droit à un arrêt maladie, parce que “c‘était vraiment rien comme intervention”...

En même temps, il faut ménager le côté fraîchement opéré (attention à la cicatrice), et ne pas tout reporter sur le côté anciennement opéré (attention au lymphoedème). Quelques jours seulement, parce que c’est assez intenable !

J’ai été opérée par une femme, tout comme pour ma mastectomie. Ce métier tendrait à se féminiser ou c’est un hasard ? Etre une femme, c’était son seul intérêt à cette chirurgienne, car pas spécialement sympa, à vrai-dire. Pas comme cet infirmier extraordinaire qui m’a assisté toute la durée de l’intervention. Il m’a fait oublier tout le reste : les heures d’attente, le bruit du bistouri électrique,  la chirurgienne qui bataillait pour enlever le bidule, …

Parce que je croyais que cela se faisait en 2 coups de cuillère à pot, moi. On ouvre, hop, on retire, hop, on referme. Mais non, le boitier est fixé par 3 sutures qu’il faut retrouver pour les sectionner. Bon, je n’ai eu aucun détail sur la chose, et tant mieux car j’aurai forcément pas trop aimé, mais il semblerait que plus c’est ancien (4 ans pour moi), plus c’est difficile à retirer…

Quand j’ai parlé – un peu – autour de moi de cette intervention, unanimement, les gens ont d’une part, été surpris que j’ai encore ce truc, très méconnu d’ailleurs mais tant mieux pour eux, et d’autre part, ont été soulagé d’apprendre que j’étais tirée d’affaire. Je n’ai pas toujours pris la peine d’expliquer que c’était ma volonté et non celle de l’oncologue. Car ensuite, souvent, on me disait “mais alors pourquoi tu l’enlèves ? Il te gênait ?”

Non, il ne me gênait pas. Il ne se voyait même pas. J’ai pris en photo mon buste juste avant, pour voir, mais non, pas l’ombre d’une bosse, rien. Juste une petite cicatrice un peu moche mais cachée par mes bretelles.

Mais alors pourquoi ?… Je savais que ça me ferait du bien de l’enlever, tout en sachant que ça ne changerait pas vraiment les choses. Juste un peu peut-être.

Un peu comme lorsque l’on grimpe à la Soufrière en Guadeloupe, on est presque sûr qu’on ne verra pas le sommet, quasi toujours sous les nuages. Mais on y va quand-même, avec l’espoir que cela se dégage, et puis c’est pas grave, ce sera bien malgré tout.

Et effectivement, c’est bien.

Télangiectasie

Impossible de me rappeler de ce mot.

Télangiectasie. Ah la vache le jargon !

Apparue quelques mois après la radiothérapie quelques centimètres au dessus de ma cicatrice, pas loin de 2 points de tatouage. Charmant tableau.

On appelle aussi cela la couperose, mais ça en jette tout-de-suite moins, vous ne trouvez pas ?

Je crois que ce n’est vraiment pas très courant, en fait. Enfin disons plutôt que je n’ai jamais vu de photo d’amazone qui en ait. C’est pourquoi je vous ai photographié ma télangiectasie. Oui, pour une fois, je fais dans l’illustration médicale repoussante mais pédagogique !

Ces vaisseaux moches, je les ai longtemps ignorés.

Dédaignés parce qu’ils ne faisaient que rajouter à la laideur de cette zone.

Ca ne changeait au fond pas grand chose.

Et puis depuis quelques temps, je mets un peu plus de décolletés. Rien d’affriolant, ça risque pas. Mais disons que je cache moins.

Alors du coup, forcément, ces vaisseaux ont fini par me contrarier, tout comme un des points de tatouage vraiment au milieu de mon buste.

Juste là, j’étais restée défaitiste, et puis je me suis dis que peut-être cela pouvait s’estomper par des techniques médicales.

Rendez-vous pris chez un dermatologue en ville. Parce qu’à l’hôpital, les dermatos ne prennent plus de nouveaux patients…

J’aurais préféré. J’ai eu beau appuyer ma demande auprès de la secrétaire, niet.

Bon, alors va pour un dermato en ville.

C’était hier.

J’ai tout-de-suite vu, à sa manière de me demander froidement ma carte vitale, que je risquais d’être déçue.

Après m’avoir ausculté, il m’a demandé quand j’allais me faire reconstruire.

Je lui ai dis que je ne l’envisageais pas.

(Ca m’a rappelé un kyné il y a longtemps…)

Il est resté interloqué, ne saisissant pas pourquoi je me focalisais sur cette télangiectasie, alors que je ne voulais pas me faire refaire mon sein.

Ca lui paraissait totalement illogique.

Quant aux points de tatouage, vraiment, ils étaient très discrets… Je comprends pas pourquoi ils vous dérangent, Madame.

En gros, j’étais une pinailleuse qui voyais l’arbre au lieu de la forêt. J’étais à côté de la plaque.

Ma demande était à ses yeux débile.

Bon, en plus, il m’a dit qu’il faudrait utiliser l’électrocoagulation, avec des taux de réussite moyennement satisfaisants, que ça risquait de revenir, qu’il faudrait sans doute le faire
plusieurs fois, ce qui a finit de m’achever.

Pourtant, j’avais lu pas mal d’infos sur le laser, moi. L’électrobidule était une méthode apparemment moins sensass’…

C’était qui ce ringard ???

Je suis sortie très en colère, parce que j’allais devoir repartir à zéro, me retrouver un nouveau dermato, que ça allait encore durer des mois, mais que non vraiment, je ne pourrais plus revoir
ce type.

Pour une fois que j’essayais de réinvestir positivement mon ground zero

Amoena et moi

Je me souviens parfaitement lorsque j’ai essayé pour la première fois une prothèse externe et un soutien-gorge approprié.

J’ai dis à la vendeuse : “Vous m’avez redonné mon sein !”

Je l’aurai presque embrassé ! Et la sensation en sortant de la pharmacie, d’être comme avant…

Même si j’étais sous le coup de la nouveauté, et encore dans l’illusion que ça suffirait à mon bonheur… Disons que j’avais envie d’y croire.

Telle le lézard, l’autotomie m’avait sauvé la vie. Le reste importait peu.

Autotomie : moyen de défense contre les prédateurs, qui consiste à se séparer volontairement
d’une partie de son corps !

Ainsi je suis une fervente adepte de la marque Aemonia, heu plutôt Amoena, je me trompe toujours !

Et qui aime bien, châtie bien.

C’est pourquoi je me permets de râler régulièrement quand j’essaie des soutien-gorges.

Parce que je veux bien qu’on veuille créer l’illusion, mais jusqu’où?

Les mannequins de leurs prospectus ne sont évidemment pas opérés, on m’a dit le contraire mais je n’y crois pas.

Et il faut bien se rendre à l’évidence qu’on n’est pas toutes fichues pareil, en plus de ne pas être opérées pareil.

J’étais récemment à une démonstration de cette marque, avec une femme opérée qui défilait. Ca fait toujours drôle de voir les opérations des autres. Et certaines  femmes n’ont effectivement
pas un ‘trou’, mais un ‘plat’.  Celles qui bossent pour la marque !

Et tel soutien-gorge sur papier glacé montre un grand décolleté (que je m’interdis) alors que sur cette personne, il monte assez haut.

J’ai essayé un sacré paquet de modèles en 3 ans et demi, j’en ai même acheté pas mal, mais au final, je n’en mets qu’un, que j’ai du coup en plusieurs exemplaires. C’est le seul qui cache à peu près mon trou. (voir photo du catalogue Amoena) Il s’appelle performance, tout un programme !

Le premier que je m’étais acheté quelques semaines après l’opération.

Et le moins cher de la marque en plus.

Pas de frou-frou, de chiquet et de dentelles, mais finalement, ça me va plutôt mieux.

Alors tout va bien.

Je mets bien les autres de temps à autre, mais ça ne m’apporte que de la mauvaise humeur.

C’est idiot, je devrais m’en débarrasser, je ne suis pas un lézard.

Ca ne repoussera pas.