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Ensemble : partager, communiquer, vaincre

Ce mois d’Octobre Rose colle particulièrement bien à ce beau slogan que j’ai trouvé dans le métro de Paris :

ENSEMBLE

partager, communiquer, vaincre

Quel dommage une fois de plus, qu’on nous prenne pour des quiches ! Pour partager, communiquer et vaincre, faut-il être à poil, d’une plastique parfaite, se tripoter et mettre du gloss rose ?

Pour que le monde s’ouvre aux publicitaires, il faudrait vraiment qu’ils changent de point de vue !

Je vous avais parlé il y a quelques temps d’une formidable initiative de l’association grenobloise Agaro dans ce billet : un dvd offert aux nouvelles patientes  de la région afin de leur expliquer en images le déroulement des différentes étapes des traitements pour le cancer du sein, avec une deuxième partie intitulée ‘Cette vague qui nous roule sur le rivage’ : des témoignages d’anciennes patientes.

Le réseau des bibliothèques de la ville de Grenoble propose depuis quelques temps sur son site, un service de VOD (vidéo à la demande) à ses abonnés. Mais elle va plus loin, en mettant en ligne des films de création locale, en accès libre cette fois.

Et c’est ainsi que ‘Cette vague…’ est visible par tous, quelle belle nouvelle ! C’est actuellement le ‘film de la semaine’…

Merci à T. pour ce partage !

Un homme médiatique

J’étais la semaine dernière dans une grande ville, et à chaque point presse, une pub du Nouvel Observateur.

DSS en couverture, le même regard bleu, mais juste un peu ‘ailleurs’ par rapport aux photos qu’on connaissait de lui, en particulier sur les couvertures de ses 2 précédents livres.

A la fois lui et pas lui.

C’est un homme qui a toujours parfaitement géré son image.

Jamais allé trop loin dans sa vie privée.

Juste effleurée dans ‘Anticancer’, un peu plus, et encore, dans son dernier livre.

Familialement, biensûr, il n’est pas novice.

(Juste une fois, une vidéo avec son petit Charly sur le site guérir, que j’avais trouvé déplacée.)

L’article du Nouvel Obs est dans la même veine,
respectueuse.

Et pourtant.

Je ne peux m’empêcher d’être vraiment mal à l’aise par ce matraquage publicitaire.

‘bouleversant combat contre la mort’  tellement racoleur. 

Mais ce serait oublier qu’il est un personnage médiatique.

Cela devait donc faire partie du jeu ?

Je ne sais pas s’il existe dans les annales, une telle histoire entre un toubib qui écrit un bouquin de conseils et ses lecteurs.

Vraiment je trouve ça émouvant, même si c’est parfois mièvre.

Un énorme mouvement de compassion.

Comme du temps de MDA

Causette

Vous connaissez mon aversion pour les magazines féminins.

Et pourtant, il y en a un que j’affectionne vraiment : Causette.

Moins de 10 pubs sur 100 pages, pas mal déjà, non ?

Et un ton libre, espiègle, provoc’ pour traiter des sujets souvent audacieux.

Et le numéro 1 (épuisé) traitait de quoi, devinez ?! Des seins avec un article intitulé ‘Lâchez-nous’, en référence au diktat des magazines et pubs. Pas lu, je ne le connais que depuis 6 mois.

Mais j’aime beaucoup la couv’ qui rappelle Dany en 68.

Et là, hier, je reçois mon numéro de janv-février, et de qui parle-t-on ? D’Annie Sprinkle ! Moi qui avais trouvé assez peu d’info en français sur cette féministe (et cancéreuse), voilà un grand article.

Trop d’la balle !

Intéressant article aussi sur la pudeur, bien loin de ce que

pourrait nous servir des ‘Elle’ ou ‘Marie-Claire’.

Rien sur la mode, les régimes, pas de pages astrologie, cheveux, maquillage, pas de mannequins photoshopisés, ni de conseils shopping-conso-nouveautés à la noix.

Du journalisme en somme.

Bon, pour celles qui ne connaissent pas, foncez et procurez-vous ce dernier numéro, pas partout apparemment, ce magazine se mérite !

Ou feuilletez les autres couvertures sur leur site. Juste pour vous donner une idée…

Le cancer publicitaire

Je déteste la pub.

Vraiment.

Il est pour moi impossible de trouver une pub sympa, esthétique, rien. Je suis immédiatement crispée.

D’ailleurs, si les enfants regardent la télé et qu’il y a les pubs, ils doivent éteindre, ou arrêter le son sinon je deviens Hulk. (Si, si, c’est possible !)

Je vous avais parlé d’un livre bien sympathique il y a quelques temps, à la fois ironique et sympathique.

Là, je viens de finir ‘De la misère humaine en milieu publicitaire’ aux éditions de la découverte, et je voulais en parler alors je suis allée chercher des infos sur la toile. Et paf, qu’est-ce-que je lis ? Que ce livre a obtenu le Prix Pamphlet. A la bonne heure !

Très très intéressant, très clair, mais glaçant.

Il n’est pas question pour eux, les auteurs, sociologues, psychologues, médecins, philosophes, historiens, de contester les dérives de la publicité, mais la publicité elle-même.

Chapitre très intéressant sur la récupération moralisante des publicitaires. Et oui, ils nous font croire qu’ils ont une éthique. Alors qu’il est en réalité question de ne pas trop choquer afin de VENDRE.

Il y a même un chapitre intitulé ‘le cancer publicitaire’.

J’aurai vraiment aimé avoir leur avis sur les publicités de fundraising biensûr.

Et oui, car parmi les 3000 pubs qui nous assiègent chaque jour (chiffre issu de ce livre, impressionnant, j’ose espérer que c’est exagéré ou que ça ne touche que ceux qui feuillètent Elle dans le métro !) quelques une concernent les ‘grandes’ causes.

Mais pourquoi je vous parle de ça aujourd’hui ?

Et bien c’est tout simple. J’ai reçu ce matin un coup de fil du Centre Lyon Bérard. Enfin, disons plutôt d’une femme, sans doute jeune, habitant sur un autre continent (Tunisie ? Sénégal ?), et qui bosse pour un Call-center. Elle disait s’appeler Laurence Garnier ou Isabelle Leblanc, mais son petit accent me faisait pencher pour Fatou ou Samia.

Si je déteste les pubs papier ou télé, que dire de la pub par téléphone ?…

Le tiers-monde qui rentre chez toi. Des gens qui bossent comme des malades à réciter un topo mille fois par jour, dans des conditions de travail de dingues.

Alors biensûr qu’en sachant tout ça, mes téléopératrices, j’ai bien du mal à les envoyer balader. C’est pourtant ce que je fais, toujours très vite parce que j’ai les boules pour elles, et parce qu’elles perdent leur temps.

A Lyon Bérard, ils cherchent des sous. Et donc font du racolage téléphonique.

Ainsi, cette terrible technique ne concerne plus que les entreprises de cheminées, d’isolation thermique et de téléphonie ?

En fait, je le savais car très récemment, Greenpeace a qui je donne depuis longtemps, me rappelait à son bon souvenir par téléphone. Là, pas de Fatou, mais une jeune française selon toute vraisemblance. Alors j’ai pu lui dire tout ce que je pensais de cette démarche nauséabonde.

Ainsi, pour la bonne cause, on serait prêt à ça ?

Je n’ai rien dis à Fatou biensûr. Je lui ai seulement dit que je donnais pour la cause du cancer ailleurs. C’était plus simple. Elle était bien contente mais m’en a quand-même rajouté une petite couche avant de dire au revoir.

Aux risques de vous choquer, je ne donne rien ailleurs pour le cancer.

Je garde un très mauvais souvenir d’un don que j’avais fait il y  a quelques années, pour une ONG (pas Greenpeace car il semble qu’ils ne donnent pas leur fichier). J’avais reçu très vite des tonnes de pubs dans ma boîte venant de plein d’ONG différentes, le summum revenant à une enveloppe contenant une paire de béquilles miniatures.

Culpabiliser pour recruter les donateurs, à vomir.

Le jour où on pourra filer des sous sans être tracé, je reverrai mon jugement. Un chèque anonyme, pourquoi pas ?

Ca s’est passé ce mois d’octobre

C’est indéniable, cet octobre rose aura mis à l’honneur les femmes opérées.

Si on fait la fine bouche, on peut dire que c’est très réducteur de ne parler que de l’absence de sein. Et ce sera vrai. En effet, ça ne reflète pas la complexité du cancer du sein, mais punaise,
un buste de femme ayant subi une mastectomie là, sur TF1 à une heure de grande écoute, c’est déjà énorme !

Et pourtant, ces photos, je ne les aime pas. Pourquoi cette peinture entre la femme et le spectateur ?

Elles n’avaient cependant pas leur place dans le magazine Elle. Remarquez, ils sont cohérents ! Ils ne montrent que des femmes parfaites. Parler des Amazones et de l’association, oui, mais montrer un buste nu, il y a des limites !

Je préfère nettement l’affiche du Scar Project.

 

TOUT est dit dans le portrait de cette femme.

Sa jeunesse, sa gravité, sa beauté, sa chevelure, son port, son ventre, et enfin sa cicatrice.

Mais ce n’est pas cela que l’on retient. Ca devient un détail quand on regarde cette photo. Elle est LA vie.

J’adore.

Cette photo ne montre pas une femme mutilée mais une femme victorieuse du cancer.

Et puis biensûr je la vois comme un écho en positif à ma propre expérience.

Je reviendrai juste un petit peu sur le documentaire de Marie Mandy, pour dire que du petit bout de ma blog-lorgnette, je vois le nombre de recherches concernant ce documentaire, qui atterrissent  chez moi (grâce aux statistiques  overblog). Et je constate qu’un bon nombre porte sur le fameux traitement aux gélules dont elle dit qu’elles ont montré leur efficacité contre le cancer…

A l’évidence, pas mal de monde cherche ce qu’elles contiennent… Je suis plutôt branchée aromathérapie, mais là, ça frise l’inconscience d’avoir parlé de ces gélules de la sorte.  C’était d’ailleurs la première fois que j’en entendais parler. Et pourtant, j’en ai lu des trucs en 3 ans !

Autre moment important ce mois d’octobre sur le petit écran, l’émission de paul Amar ‘Revu et Corrigé’ du 9 octobre, (plus disponible sur le web). On a pu également y voir une femme buste nu, tiré du très beau webdocu Comment le cancer du sein m’a changée. (l’extrait concernait Caroline dans la rubrique ‘mon corps’).

Une première, non ?

Bah, je dois dire que ça m’a un peu agacé que Paul Amar demande à son invitée Catherine Cerisey, comment ça se passait dans son couple après l’ablation. Franchement, demander ça en plein direct, c’était pas cool. Heureusement Catherine s’en est brillamment tiré.

Loin de moi l’idée de museler la parole sur ce sujet, mais cela nécessite tellement de tact qu’il est difficile d’en parler en 2 phrases, sur un plateau télé en public.

Cela n’a à l’évidence pas dissuadé Sophie Davant avec ‘son’ émission ‘Toute une histoire’ , bien connue pour ses sujets racoleurs. La preuve le 29 octobre : ‘Ce cancer du sein qui a semé le trouble dans leur couple‘.

Rater ‘Le Corps amazone‘ (parce que trop tard), et regarder ce talk show sur internet, le grand écart, Méli !

Curieuse de ce que ça pouvait être, car je ne connaissais cette émission que de réputation. Et aussi parce qu’on m’avait contacté pour y participer.

Là aussi, ça m’a énervé quand Sophie Davant dit en préambule “et bien souvent, les couples ne sortent pas indemnes de cette douloureuse épreuve…”

Bien anxiogène pour les téléspectatrices qui démarrent le combat, merci pour elles.

Et d’où sort-elle ça ?

Que dire sur cette émission, pas grand chose, ou plutôt si, que c’est bien dommage que les questions importantes soient débattues sur un plateau en public, comme ça, dans une émission qui nous met en position de voyeur. Parce que justement, la peur de la mort, la fatigue, le crâne chauve, la libido, les enfants, la gestion du quotidien, tout ça méritait mieux que d’être abordé dans ce talk show.

Je retiendrai surtout ce mari apparemment remarquable lors du cancer de sa femme,  tout confus d’être là -et on le comprend-, et qui ne savait que dire ‘j’avais peur de la perdre, peur de la mort’.

Voilà, tout est dit. Pas besoin de leurs ‘experts’ à la gomme.

Et oui, la mort, la peur de la mort, bien peu abordée quand on parle de cancer du sein finalement.

On a martelé à qui voulait l’entendre tout ce mois, que le cancer du sein guérit dans 90% des cas lorsqu’il est pris à temps

Ah bon. Mais au fait, c’est quoi pris à temps ?