Archives mensuelles : avril 2012

Histoire de chat, de revenante et de pilule

La petite chatte de mon fils de 11 ans est morte. D’un K du sein. Plutôt d’une tumeur mammaire. Nous sommes allé la montrer au véto, la fleur au fusil, d’autant plus qu’aucun signe de maladie était apparent. Donc persuadés que ce n’était rien, ces nodules aux mamelles…
Quoique.
J’avais pas mal laissé traîner parce que l’éventualité d’un cancer m’avait effleuré, et que je n’avais pas envie de ça chez moi.
Et puis quand-même, on y est allé. La dame n’a pas utilisé le mot qui fâche, alors c’est moi qui l’ai dit. Elle a dit que c’était ‘classique’ lorsqu’on donnait la pilule…

Mon fils n’a pas moufté, a laissé les grands parler opération, chaîne ganglionnaire, coût, durée de survie,…
Sur le chemin du retour, je lui ai dis : « Bon, alors tu as compris, c’est un cancer… »
Lui : « Oui, mais c’est pas trop grave, hein ?… »
Contrairement à la majorité des gens, il ne pense pas a priori que ce soit si grave que ça d’avoir un cancer, le bienheureux. Mamie, papy, maman en ont eu un, et sont toujours là ! Enfin, c’est l’impression qu’il donnait.
Bon, pour finir, on l’a fait opérer et elle ne s’est jamais réveillée. Un peu trop brutal comme mort… C’était évidemment mieux qu’une longue et terrifiante agonie, là, dans le petit panier du salon, sous les yeux de mes 3 enfants et des miens. Mais quand-même. Et c’est la première fois que la mort les touche de si près.

La tristesse profonde de mon fils m’a bouleversé. C’est assez difficile à expliquer, mais je le voyais pleurer, pleurer, et je me sentais comme assister à mon propre deuil. C’était plus fort que moi, j’avais la sensation  insoutenable, de voir mon fils pleurer sa mère morte d’un cancer. Je me mettais à côté de lui et le consolais,  mais c’était comme si j’étais mon propre fantôme essayant en vain, de ‘revenir’ pour soulager celui qui me pleurait.
Vraiment bizarre.

Puis est venu le temps des funérailles, où j’assistais, en larmes moi aussi, du coup, à son empressement à trouver une boîte digne, puis le choix de plantes pour décorer le ‘tombeau’ disait-il.
Et le petit frère de 4 ans qui pleurait en disant qu’il ne voulait pas qu’on le mette dans la terre.
Oh le tableau !

Mais un chat n’est pas une mère, on n’en retrouve pas sur le bon coin point com : mon fiston a ensuite pianoté sur le site pour essayer d’en retrouver un qui ressemblerait à la disparue…

Non, un chat n’est pas une femme, mais je reste persuadée que la pilule contraceptive est une catastrophe du point de vue de la santé, sur nous aussi.
Un pavé dans la mare en 2005 lorsque le CIRC l’avait déclaré cancérigène du groupe 1 – c’est-à-dire dont l’action est certaine.
Puis plein de recherches aux résultats contradictoires.
C’est le contraceptif que les médecins préfèrent donner. 57 à 60% des cas.
On m’a donné pendant des années, alors que j’étais encore mineure et plus tard, pour soigner mon acné la belle affaire, la pilule Diane 35. Je ne lisais évidemment pas à l’époque les contre-indications. D’ailleurs, je les aurai lu, cela n’aurait rien changé. Et aucun toubib ne remettait en cause l’ordonnance que je venais renouveler.
Je ne veux pas trouver absolument un bouc-émissaire à mon cancer, mais l’oncologue qui m’a soignée, elle, était formelle : pilule jeune + tabac = cocktail explosif.

Cette semaine, j’ai rencontré 2 formidables chercheuses du Centre Lyon Bérard de Lyon, qui vont aussi dans ce sens. Elles me disaient d’ailleurs que des études montraient que les filles dont la mère avait pris la pilule avant leur conception, donc la deuxième génération, avaient des poitrines beaucoup plus opulentes que celles dont la mère avait eu un autre moyen de contraception. Avec les incertitudes que cela augure quant aux risques de cancer du sein de ces demoiselles… Bref, il n’est pas dit que cela s’arrête à notre propre médication…

Il y a peu, ma fille de 15 ans m’a dit que pas mal de ses copines prenaient la pilule pour les boutons, une manière sans doute d’aborder le sujet de la contraception… Elle n’a pas été déçue de ma réponse : « PAS DE PILULE.  C’est certainement une des causes de mon cancer. » (J’ai rajouté qu’en plus, on prenait pas mal de kilos, argument que je savais efficace même s’il est plus ou moins faux.)

Un extrait du site cancerdusein.org sur le sujet, et qui montre toutes les subtilités langagières de la médecine face aux risques de cancer :
« La pilule ne provoque pas le cancer du sein mais favorise le développement d’un cancer. C’est pour cela qu’elle est contre-indiquée en cas de cancer du sein et en cas de risque important de cancer, par exemple chez les femmes ayant des antécédents familiaux de cancer du sein.« 

Ca, je n’ai pas osé lui dire. Pas encore.

La deuxième chatte de la maison est elle aussi, bourrée de boules le long des chaînes mammaires… Mais on va attendre un peu.

Signe de rémission

Mercredi dernier, je suis rentrée dans ma cinquième année.

Cette expression me rappelle ma grand-mère qui, enfant, m’embrouillait à chaque anniversaire, ne fêtant pas mon nombre d’années, mais le suivant dans lequel je rentrais.

A force d’explications, j’entrevoyais ce concept, ou plutôt imaginais un calendrier de 365 cases, où telle une Alice modèle réduit, je jouais à la marelle. Un petit bon chaque jour vers mon nouvel anniversaire.

Je rentre ainsi dans ma cinquième année, chiffre 5, presque magique lorsqu’on apprend la maladie. Tellement lointain.
Magique, au début. On a envie d’y croire. Se dire qu’après, on rejoint les autres. Mais il est vrai que lorsqu’on s’en rapproche, évidemment, on se sent plus léger, mais évidemment, on sait que ce chiffre n’est qu’une statistique de plus. Parce qu’en 5 ans, on a eu le temps d’entendre des tas d’histoires de cancer. Et de savoir que cette barre est toute relative.

Alors je m’étais dis que ce pseudo anniversaire, 4 ans après le dernier jour de mes traitements, je n’allais pas aller l’étaler sur la toile. Pour dire quoi d’abord ?

Et puis, là, au détour d’un mouvement, en cette fin d’après-midi particulièrement chaude, qu’est-ce-que je sens ?
Non, pas une boule. Je sens sous mon bras opéré une odeur de transpiration. (Je n’aurai décidément rien épargné à mes lecteurs !)

Merci mon corps pour ce cadeau ! Le jour-même, c’est trop fort.
Ca m’a rappelé le retour des règles longtemps après la chimio, tiens. On s’en passerait à priori, mais finalement, tous les signes de retour à la normale sont les bienvenus.

Alors j’ai essayé de creuser le sujet, pour ne pas faire un billet que trivial, et donner une info scientifique. Et bien je n’ai rien trouvé si ce n’est que les glandes sudoripares apocrines avaient dû en prendre un coup. Radiothérapie ou opération, va savoir.

Bon allez, je ne boude pas mon plaisir, bien contente de jouer à la marelle encore une année, y compris en mettant un petit déo bio.

Si cette photo de marelle vous intrigue, cliquez dessus…