Un rendez-vous chez un autre dermatologue. Une femme cette fois.
Elle s’est d’abord renseignée pour savoir si le laser est compatible avec une radiothérapie antérieure.
C’est compatible.
J’ai donc rendez-vous prochainement dans un centrelaser(pas celui du lien) pour me faire enlever mes télangiectasies et les points de tatouages de ma radiothérapie. (ah bien oui, on ne se refait pas, je suis très coquette !)
Electrocoagulationvraiment déconseillée pour mon cas, risques élevés de nécrose. Il y a donc 2 écoles qui s’affrontent. Celle-ci me plait plus !
Par contre, ce sera intégralement à ma charge. Aucun remboursement par la sécu. Car c’est seulement de l’esthétique. Contrairement à une reconstruction.
Ce mois d’octobre sera doncrosepour moi. Atténuation voire disparition probable de ces marques disgracieuses mais surtout dépose de mon port-a-cath… Ca y est, je me lance.
Mais pour être sûre que ce ne sera pas une mauvaise idée, je vais demain montrer mes viscères à l’aruspice.
En cette période de commémoration, moi aussi, je commémore monground zero. Mon fiston a eu hier 4 ans, l’âge de mon cancer (disons plutôt l’âge de l’annonce de).
Beaucoup de similitudes, je l’avais déjà écris ici, un avant et un après, tous les témoignages de new-yorkais qu’on entend ou lit en ce moment l’attestent.
Je rencontre fréquemment des gens qui ne m’ont pas vu depuis un certain temps. “Alors, ton dernier, ça lui fait quel âge ? Bientôt 4 ans. Quoi, déjà ? Mais c’est fou comme le temps passe vite.”
Non.
Mais alors pas du tout. J’ai la sensation de mesurer le temps à sa juste valeur depuis 4 ans.
Quand je relis cette phrase, ça fait un peu prétentieux. Mais je ne sais pas comment le dire autrement.
Ces petits cailloux, ce sont ceux d’un endroit que j’aime beaucoup, lieu de villégiature où je retourne chaque année, en fin d’été. Le lien-même où l’on m’a appris la terrible nouvelle. Ca ne m’a en aucune façon empêcher d’y retourner depuis. Voilà, vous savez tout !
Je trouve ça dégueulasse de la part d’un professionnel du cancer de ne pas prendre ses billes et de rejeter la décision sur la patiente. Si c’est vraiment similaire en terme de survie, pourquoi alors donner le choix ? Si la mastectomie n’a aucune intérêt dans ce cas précis, pourquoi la proposer ?
Vraiment pas déontologique.
Parce que si elle choisit la chirurgie conservatrice, elle est plus angoissée à l’idée d’une récidive locale, et en plus, elle culpabilisera à mort si la récidive arrive, pour avoir privilégié l’esthétique à la ‘raison’.
Si elle ne récidive pas (grande majorité des cas, je veux faire flipper personne ici !), elle aura angoissé, culpabilisé pour rien. Oui, bon, c’est un moindre mal mais quand-même.
A l’envers, si elle a décidé la mastectomie, il lui viendra forcément à l’idée que c’était peut-être inutile, surtout le matin devant sa glace… Mais devra s’estimer heureuse d’avoir moins flippé pendant des années.
Parce que le beurre et l’argent du beurre, ça, c’est pas possible avec ce ‘choix’.
Pour ma part, le problème ne s’est pas posé, c’était forcément la mastectomie (tumeurs de + de 3 cm). Je vis donc l’esprit tranquille, c’est cool.
Evidemment, je rigole.
Mais si j’avais eu le choix, je sais que j’aurai choisi la mastectomie et haï ma chirurgienne.
Je suis très heureuse de la parution prochaine de cet ouvrage.
En effet, l’impensable rencontre…
Je me souviens avoir chercher des infos au moment de mon annonce, ou plutôt les mois qui ont suivi, et ma pêche sur internet était bien maigre.
Quelques chiffres sur la fréquence (1 cancer trouvé pour 1000 grossesses), des infos sur la nécessité ou pas d’interrompre la grossesse, les répercussions de la chimios sur l’embryon,… Et desinfos pas très rassurantes, le terme de ‘mauvais pronostic’ revenant souvent.
Et plutôt pas mal d’articles sur le désir d’enfant après un cancer.
Le seul cas que je connaissais était celui de Solveig Anspach dans son film ‘Haut les coeurs‘.
Donc je me suis vraiment retrouvée seule face à cette ‘impensable rencontre’. Je n’ai pas eu à me poser trop de question quant à ma grossesse, car mon cancer a été découvert au 8ème mois, une chance. Le bébé était viable, donc on m’a accouché.
Cependant, le drame du cancer se juxtaposait avec cette naissance… Ca me faisait vraiment beaucoup Je me souviens bien des premiers jours, ma crainte de ne pas être à la hauteur de la triple tâche qui m’attendait : m’occuper de moi, de mon bébé, des mes deux autres enfants… (oui, l’ordre peut choquer) Et je craignais même avoir des sentiments ambivalents avec ce bébé qui m’avait, bien malgré lui, fait ‘exploser’ mon cancer (le corps médical dixit)… J’avais à l’époque coutume de dire que mon bébé m’avait sauvé la vie, mais je n’en étais pas si sûre. En réalité, mon amour pour lui n’a finalement pas connu l’ombre d’un ressentiment, et heureusement, car il m’aurait fallu en plus, gérer cette culpabilité.
Je me réjouis vraiment de la sortie de ce livre qui comble un vide sur le sujet, d’autant plus qu’il y est abordé du point de vue psychologique, et non plus seulement médical…
Ce livre sortira donc en janvier aux excellentes éditions Erès. J’adore en particulier la collection1001 bébés(qui aborde des sujets pointus autour de la naissance et que j’ai pas mal lu quand j’ai eu mon premier enfant). Celui-ci est dans la collection Vie de l’enfant.
Et je suis très flattée que Anne-Françoise Lof m’ait cité dans l’avant-propos !