Archives mensuelles : novembre 2010

Kampaï

Ceux qui me lisent régulièrement savent que je suis les préconisations du livre ‘Anticancer’ de David Servan-Schreiber.

Oui, le beau psychiatre aux yeux bleus et à la lignée célèbrissime.

Deux raisons pour lesquelles certains peuvent pas le piffrer.

J’ai accueilli son bouquin comme un miracle, je l’ai souvent dit ici.

Cancer en août 2007, ‘Anticancer’ en septembre 2007.

Il m’a redonné espoir car j’ai su, ou eu l’illusion de me rendre utile.

Ce qui n’est pas rien quand on devient un patient.

Je suis maintenant ce régime alimentaire depuis 3 ans. Et je dois dire qu’il s’est légèrement adouci…

Je ne suis plus l’intégriste des débuts.

Autrement dit, je peux manger un truc sucré ou des frites.

(je rappelle que je suis une maman !)

Je me souviens que j’avais le vertige à l’idée de faire ce régime alimentaire à vie.

Plus maintenant.

Et les quelques aménagements favorisent la durée, c’est certain.

Par exemple, je ne prends plus les petits-déjeuners que j’ai pris pendant 2 ans.

(Argh, je vous dis pas la mixture que je prenais !!!)

Il faut dire que je fais du archi bon pain (avec que des bons trucs dedans selon DSS), et que j’ai 4 étagères pleines de confitures à la cave, faites par bibi, bio et tout avec les fruits du jardin. Sans parler du miel de notre production. Alors franchement, j’ai de bonnes circonstances atténuantes.

Et puis je montre l’exemple à ma progéniture, qui serait tentée par des cochonneries issues de Nestlé.

Je ne les gave pas de préceptes moralisateurs et flippants, genre ce clip choc de Greenpeace, mais un peu quand-même…

En tous cas, si manger ‘anticancer’ est relativement faisable, manger éthique, ça c’est vachement plus difficile.

Les deux réunis, un vrai casse-tête prise de tête. Et aussi un sacré budget.

Mais je tiens bon, et pour celles qui voudraient s’y mettre, plein d’idées de recettes anticancer, des explications, des conseils, avec en prime l’accent canadien que j’adore :  ici. Parce qu’au Québec, il existe une émission ‘Kampaï’ consacrée à l’alimentation-santé.

 

Elle est présentée par Richard Béliveau et elle montre que manger santé peut être un plaisir !

Quel dommage que ce concept n’existe pas chez nous.

Le cancer publicitaire

Je déteste la pub.

Vraiment.

Il est pour moi impossible de trouver une pub sympa, esthétique, rien. Je suis immédiatement crispée.

D’ailleurs, si les enfants regardent la télé et qu’il y a les pubs, ils doivent éteindre, ou arrêter le son sinon je deviens Hulk. (Si, si, c’est possible !)

Je vous avais parlé d’un livre bien sympathique il y a quelques temps, à la fois ironique et sympathique.

Là, je viens de finir ‘De la misère humaine en milieu publicitaire’ aux éditions de la découverte, et je voulais en parler alors je suis allée chercher des infos sur la toile. Et paf, qu’est-ce-que je lis ? Que ce livre a obtenu le Prix Pamphlet. A la bonne heure !

Très très intéressant, très clair, mais glaçant.

Il n’est pas question pour eux, les auteurs, sociologues, psychologues, médecins, philosophes, historiens, de contester les dérives de la publicité, mais la publicité elle-même.

Chapitre très intéressant sur la récupération moralisante des publicitaires. Et oui, ils nous font croire qu’ils ont une éthique. Alors qu’il est en réalité question de ne pas trop choquer afin de VENDRE.

Il y a même un chapitre intitulé ‘le cancer publicitaire’.

J’aurai vraiment aimé avoir leur avis sur les publicités de fundraising biensûr.

Et oui, car parmi les 3000 pubs qui nous assiègent chaque jour (chiffre issu de ce livre, impressionnant, j’ose espérer que c’est exagéré ou que ça ne touche que ceux qui feuillètent Elle dans le métro !) quelques une concernent les ‘grandes’ causes.

Mais pourquoi je vous parle de ça aujourd’hui ?

Et bien c’est tout simple. J’ai reçu ce matin un coup de fil du Centre Lyon Bérard. Enfin, disons plutôt d’une femme, sans doute jeune, habitant sur un autre continent (Tunisie ? Sénégal ?), et qui bosse pour un Call-center. Elle disait s’appeler Laurence Garnier ou Isabelle Leblanc, mais son petit accent me faisait pencher pour Fatou ou Samia.

Si je déteste les pubs papier ou télé, que dire de la pub par téléphone ?…

Le tiers-monde qui rentre chez toi. Des gens qui bossent comme des malades à réciter un topo mille fois par jour, dans des conditions de travail de dingues.

Alors biensûr qu’en sachant tout ça, mes téléopératrices, j’ai bien du mal à les envoyer balader. C’est pourtant ce que je fais, toujours très vite parce que j’ai les boules pour elles, et parce qu’elles perdent leur temps.

A Lyon Bérard, ils cherchent des sous. Et donc font du racolage téléphonique.

Ainsi, cette terrible technique ne concerne plus que les entreprises de cheminées, d’isolation thermique et de téléphonie ?

En fait, je le savais car très récemment, Greenpeace a qui je donne depuis longtemps, me rappelait à son bon souvenir par téléphone. Là, pas de Fatou, mais une jeune française selon toute vraisemblance. Alors j’ai pu lui dire tout ce que je pensais de cette démarche nauséabonde.

Ainsi, pour la bonne cause, on serait prêt à ça ?

Je n’ai rien dis à Fatou biensûr. Je lui ai seulement dit que je donnais pour la cause du cancer ailleurs. C’était plus simple. Elle était bien contente mais m’en a quand-même rajouté une petite couche avant de dire au revoir.

Aux risques de vous choquer, je ne donne rien ailleurs pour le cancer.

Je garde un très mauvais souvenir d’un don que j’avais fait il y  a quelques années, pour une ONG (pas Greenpeace car il semble qu’ils ne donnent pas leur fichier). J’avais reçu très vite des tonnes de pubs dans ma boîte venant de plein d’ONG différentes, le summum revenant à une enveloppe contenant une paire de béquilles miniatures.

Culpabiliser pour recruter les donateurs, à vomir.

Le jour où on pourra filer des sous sans être tracé, je reverrai mon jugement. Un chèque anonyme, pourquoi pas ?

La cour d’école

Qui peut imaginer, parmi les mamans présentes, le bonheur qui m’envahit quand je franchis le portail de l’école maternelle de mon fils, sa petite main dans la mienne, et que nous traversons tous les deux la cour pour arriver devant sa salle de classe ?

Ce petit-grand bonheur, je l’accueille chaque matin comme un cadeau.

Il me REMPLIT. De légèreté. Et de force.

‘Le Corps amazone’

Ce très beau documentaire d’Anja Unger était passé à minuit à la télévision ce mois d’octobre, et je l’avais raté.

C’est par Cathie (que l’on voit dans le film) que j’ai eu le dvd.

J’ai vraiment beaucoup aimé ce film.

A commencer par ce photographe, Art Myers.

Un sacré bonhomme.

Il a été accompagnant (sa femme et sa soeur dans le passé ont eu un cancer du sein) d’où ce regard si bienveillant pour ces modèles.

Je retiens une scène dans le musée du Louvres, où il photographie une statue de nue un peu cassée par endroits : “Elle n’est pas moins belle parce qu’il manque un bout de sein. On ne va pas la dissimuler comme on le fait pour les humains. La beauté est toujours là…”

C’est une évidence en matière d’oeuvre d’art, et seulement en matière d’oeuvre d’art…

C’est pour ce regard-là qu’Annick Parent a fait appel à lui, ainsi qu’à d’autres artistes pour son projet ‘les Amazones s’exposent’.

Pour que des femmes, celles qui vont se faire opérer et à qui on ne montre que des photos chirurgicales (est-ce réellement le cas d’ailleurs ?) et celles qui sortent de l’opération, puissent voir, entrevoir cet après.

“…le plus beau qu’on peut avec cette chose…” dit l’une des modèles au début du film.

Le film montre l’élaboration de l’exposition, les séances photo, mais c’est seulement un fil conducteur.

Ce sont surtout des portraits de femmes amazones, dans tous les sens du terme, d’Anja Unger nous propose.

Cathie que je découvre en plein combat, si forte, si fragile.

Et son fils, si touchant.

Ce film, c’est la parole donnée aux femmes, aux enfants, aux maris.

Sacré moment lorsqu’un mari dit qu’il a dû admettre que ce n’était pas qu’un problème de santé, qu’il lui a fallu bien 3 mois pour accepter ce sein en moins, et sa femme derechef :
“non, 3 ans”.

Et le moment où toute la famille se fait photographier, la mère amazone au milieu de ses 3 enfants devenu grands. Quelle photo, si belle, même si cela peut paraître un peu incongru de se faire prendre le chemisier ouvert, comme ça, sur son canapé au milieu de sa famille. Là, dans le contexte, c’est juste beau. Quelle victoire dans le regard de cette femme.

Et Dora (à droite), photographiée par Art Myers, âgée de 85 ans, dont 50 avec une cicatrice : “Il faut que cela sorte du placard.”

Annick Parent veut montrer par cette expo un après possible, apaisé, au risque biensûr que certains y voient du déni, comme on le voit dans un dialogue avec d’autres artistes.

Pourtant, ce n’est pas le cas. Elle (et les autres) ne parlent pas que de leur statut d’amazone, mais bien aussi des conditions de cette perte. La maladie est en filigrane, et ses séquelles.

Oh, je ne verrai plus un sac poubelle de la même manière depuis qu’Annick Parent a comparé son sein opéré pour la première fois, et donc encore présent, à un sac poubelle : ça, c’est de l’image ! Elle vaut ma brouette rouillée !

Emotion aussi lorsqu’elle dit qu’elle enrage de ne pas parvenir à s’habituer au regard et aux phrases assassines de certains.

Je me suis sentie vraiment très proche de cette femme, et de toutes d’ailleurs.

Billet un peu brouillon, tant pis, j’ai juste voulu jeter sur le papier (hum ?!)  toutes les émotions reçues par ce film et les images qui me resteront.

Heu, combien de fois j’ai dis émotion dans ce billet ?!

On peut se procurer le dvd contre un chèque de 20 euros (port compris) à l’adresse suivante :

http://www.oeilsauvage.com

3, rue Albert Guilpin
94 250 Gentilly

 

Une mutuelle, des moustiques et un champs de blé

Je voulais vous faire partager mes plaisirs culturels du moment. 2 livres et un disque.

Leur point commun, il sont vraiment tordants.

Le premier livre, très bref, se retrouve quasi intégralement sur le site de l’éditeur. Il s’agit de ‘Marketing, disent-ils : 18 analyses navrées de la publicité contemporaine’ par Josée Oeil-de-Boeuf aux éditions du Tigre.

Franchement, j’adore leur humour.

Je vous fais un lien direct avec la première analyse, une pub pour les services d’une mutuelle santé, bien croustillante si on y regarde de plus près !

Le deuxième bouquin est un peu dans la même veine, truffé de réclames publicitaires, de dictons et aphorismes truculants.

Humour souvent à ras-les-pâquerettes comme je l’aime, jeux de mots douteux à la pelle.

Appréciez déjà le titre : ‘Les Moustiques n’aiment pas les applaudissements’ d’Auguste Derrière, auteur fictif derrière lequel se cache un collectif roi du jeu de mots à 2 balles.

Un petit florilège pour vous :

 

Alors, ça vous fait sourire ?

J’ai aussi beaucoup celle-là :

C’est au pied du mur que l’on voit le mieux le mur.

Et puis une chanson, c’est le dernier titre du dernier disque de Philippe Katerine, mon chouchou.

Voici un lien pour l’écouter… et apprécier la parabole du champs de
blé…